Congrès mondial sur la résilience: rebondir après l'épreuve

Bernard Michallet et Colette Jordan-Ionescu, respectivement directeur du... (Olivier Croteau)

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Bernard Michallet et Colette Jordan-Ionescu, respectivement directeur du Département d'orthophonie et professeure au Département de psychologie de l'Université du Québec à Trois-Rivières, tous deux membres du comité organisateur du 3e Congrès mondial sur la résilience.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Le premier congrès s'est déroulé à Paris en 2012, le second à Timisoara (Roumanie) en 2014, le troisième se tiendra à Trois-Rivières en 2016. Le premier a accueilli 300 spécialistes en provenance d'une quinzaine de pays, le deuxième plus de 500 personnes originaires de 27 pays, et on attend autant, sinon plus de monde au prochain Congrès mondial sur la résilience, qui enchaînera les communications du 22 au 24 août 2016 dans l'enceinte de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Cette troisième édition sera présentée sous le thème Résilience et culture: culture de la résilience.

Le concept de résilience est de plus en plus prisé par le corps universitaire, qu'importe le champ d'étude. Il n'est pas rare, aujourd'hui, que cette «capacité à rebondir» après une catastrophe, une épreuve, un accident, soit utilisée dans des domaines aussi variés que l'informatique, l'écologie, l'économie, l'art, la réadaptation, la médecine, l'éducation, la psychologie, etc. Un outil, en somme, qui gagne ses lettres de popularité auprès de la gente professorale, preuve, s'il en est, que notre société traverse les unes après les autres les catastrophes, épreuves et accidents.

«Les difficultés que l'on rencontre dans la société, que notre société a à affronter de plus en plus, nous obligent probablement à essayer de trouver des manières de regarder le monde de façon un peu plus positive, un peu plus optimiste», avance la professeure au Département de psychologie de l'UQTR et pilote du 3e congrès mondial, Colette Jourdan-Ionescu. Sans la résilience, «on n'a plus qu'à baisser les bras et tous se suicider», ajoute-t-elle en songeant, entre autres, aux attaques terroristes de Paris du 13 novembre dernier. «Il faut aussi voir les gens qui sont résiliants, les gens qui s'en sont sortis, les gens qui vont se remettre.»

Notons dès lors que la résilience est la capacité d'un individu, d'un organisme, d'une société, voire d'un environnement, à «rebondir», à «grandir après quelque chose de difficile, plutôt que de, malheureusement, s'écrouler et moins bien fonctionner», résume Mme Jourdan-Ionescu. «On parle souvent de croissance post-traumatique.»

La résilience, en d'autres mots, c'est lorsqu'on «rebondit par rapport à une situation d'adversité. Lorsqu'on rebondit, c'est davantage que de s'adapter. Oui, on s'adapte, mais à partir de cette situation-là, on fait des apprentissages qui vont faire en sorte que l'on va s'en sortir, mais que l'on va s'en sortir probablement plus fort qu'avant que la situation d'adversité nous arrive», renchérit le directeur du Département d'orthophonie, Bernard Michallet, également membre du comité organisateur. «Il y a un souci, il y a un intérêt pour ce concept-là. Pourquoi? Parce qu'on sent, justement, que nos cultures ne sont pas éternelles, parce qu'il y a une inquiétude par rapport à l'avenir».

Au menu non-exhaustif des conférences qui seront proposées: cultures autochtones, immigration, catastrophes naturelles, difficultés chroniques, abus sexuels, crimes violents, terrorisme, changements climatiques, justice, démographie et technologie, autant de thèmes observés à travers les lunettes de la résilience. Les chercheurs et les étudiants ont jusqu'à la fin du mois de janvier pour déposer une proposition de communication.

Prémices à ce 3e congrès mondial sur la résilience, le professeur Serban Ionescu présentera le 16 décembre prochain, 19 h, une conférence sur les quinze approches de la psychopathologie et la résilience au pavillon Michel-Sarrasin de l'UQTR. Par ailleurs, le 31 octobre dernier, un symposium transdisciplinaire sur la résilience s'est tenu à Paris, sorte de préparation au congrès de l'UQTR du mois d'août 2016.

Cap sur Trois-Rivières 2016

Outre le fait que plusieurs professeurs et chercheurs de l'UQTR se penchent actuellement sur le concept de la résilience pour repousser les limites de leurs travaux, Trois-Rivières a été choisie comme l'hôte de ce 3e congrès mondial pour ses frontières humaines qui, contrairement aux métropoles de ce monde, ne cumulent pas en leur sein une tonne de distractions qui, bourdonnant comme un essaim de mouches, ne favorisent pas les échanges et la proximité.

«Lorsqu'on fait un congrès à Montréal, par exemple, les gens restent moins au congrès, vont visiter des choses, etc. À Trois-Rivières, c'est plus de taille humaine, tous les services sont proches, on a une très belle capacité d'accueil en terme d'hôtels, de restaurants. Il y a plein de belles choses à faire, mais les gens vont être probablement plus tentés de participer plus intensément au congrès», croit Mme Jourdan-Ionescu.

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