Tuerie en Californie: le FBI traite l'enquête comme un «acte de terrorisme»

La ville de San Bernardino a été transformée... (AP, Chris Carlson)

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La ville de San Bernardino a été transformée en véritable zone de guerre, mercredi, alors que les policiers ont déployé les véhicules blindés pour retrouver les suspects en fuite.

AP, Chris Carlson

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Associated Press

Le Bureau fédéral d'enquête (FBI) américain a officiellement annoncé vendredi qu'il traitait l'enquête sur la tuerie en Californie comme un «acte de terrorisme», mais le directeur de l'agence a affirmé qu'il n'y avait pas d'indices laissant croire que l'homme et la femme ayant tué 14 personnes faisaient partie d'un complot plus large ou étaient membres d'une cellule terroriste.

Un membre des forces de l'ordre américaines a par ailleurs soutenu, sous le couvert de l'anonymat, que la femme qui a mené l'attaque avec son mari avait prêté allégeance au groupe armé État islamique.

Ce responsable a confié à l'Associated Press que la femme qui a participé à la tuerie en Californie avait prêté allégeance au groupe État islamique (ÉI) et à son chef, sur Facebook et sous un pseudonyme, avant d'effacer ses messages. Ce membre des forces de l'ordre n'a pas voulu fournir plus de détails concernant la nature des messages de Mme Malik.

Un porte-parole de Facebook, qui a lui aussi requis l'anonymat, a précisé que la femme avait envoyé son message vers 11 h, au moment où le couple aurait fait irruption dans le centre de service sociaux de la ville californienne.

Un autre responsable américain a dit que Mme Malik avait témoigné sur Facebook de son «admiration» pour le leader djihadiste. Rien ne permet toutefois de croire pour le moment que des membres du groupe armé aient communiqué avec elle ou qu'elle ait reçu des ordres. Ce responsable s'est lui aussi confié sous le couvert de l'anonymat.

Un service de nouvelles affilié à l'ÉI, Aamaq, indique pour sa part que les deux tireurs étaient des «supporters» de la cause islamiste, mais n'a pas revendiqué la responsabilité de l'attaque.

Le directeur du FBI, James Comey, n'a pas voulu dire si quiconque affilié à l'ÉI avait répondu à Tashfeen Malik, mais a assuré que rien n'indiquait que l'attaque avait été dirigée par un groupe terroriste étranger. Il a aussi refusé d'éliminer complètement cette possibilité.

«L'enquête a jusqu'à maintenant trouvé des indications de radicalisation par les tueurs et une potentielle inspiration par des organisations terroristes étrangères», a-t-il déclaré, ajoutant que rien ne démontrait encore que le couple faisait partie d'une cellule terroriste.

Malgré les signes de plus en plus nombreux de radicalisation, il y a «beaucoup de preuves qui n'ont pas tellement de sens», a-t-il dit.

Si la thèse terroriste se confirme, il s'agirait de l'attentat d'inspiration extrémiste islamiste le plus meurtrier en sol américain depuis le 11 septembre 2011.

Le directeur adjoint du FBI, David Bowdich, a ajouté que les deux suspects avaient tenté de détruire des preuves, notamment en brisant des téléphones cellulaires et en les jetant dans une poubelle.

M. Bowdich a dit que les autorités tentaient toujours d'en apprendre davantage sur les motifs des suspects, et qu'elles tentaient de déterminer s'ils avaient prévu commettre d'autres attaques. Syed Rizwan Farook et sa femme, Tashfeen Malik, ont abattu 14 personnes lors d'une fête de Noël avec des collègues. Les deux suspects ont été tués par les policiers au terme d'une chasse à l'homme violente.

Les autorités américaines avaient déjà signalé depuis longtemps qu'il était possible qu'une attaque soit perpétrée aux États-Unis par un citoyen américain au nom d'un groupe extrémiste.

Soixante-et-onze américains qui auraient des liens présumés avec le groupe armé État islamique ont été accusés depuis mars 2014.

Mme Malik, une Pakistanaise qui a grandi en Arabie saoudite, est arrivée aux États-Unis en 2014 en vertu d'un visa de fiancée. Elle a dû passer à travers un processus que le gouvernement américain décrit comme étant rigoureux. Elle a notamment dû passer des entrevues, fournir ses empreintes digitales et les autorités ont enquêté sur sa famille et son historique de voyages.

Les étrangers qui veulent immigrer aux États-Unis et qui proviennent de pays où des extrémistes islamistes sont actifs - dont le Pakistan - doivent se soumettre à des mesures de sécurité additionnelles.

Mme Malik a épousé M. Farook, un homme de 28 ans d'origine pakistanaise né à Chicago et élevé dans le sud de la Californie. Le couple avait une fillette de six mois qu'il a confiée à des proches le matin du drame.

Syed Rizwan Farook n'avait pas de dossier criminel et n'était pas connu de la police. Il aurait toutefois communiqué en ligne avec des islamistes connus.

Le frère du tireur est un vétéran de la Marine décoré pour avoir combattu le terrorisme mondial.

Selon des documents militaires obtenus par l'Associated Press, vendredi, Syed Raheel Farook a été dans les rangs des Marines américains de 2003 à 2007.

Durant cette période, il s'est vu notamment décerner la Médaille expéditionnaire de la guerre mondiale contre le terrorisme et la Médaille du service de la guerre mondiale contre le terrorisme. Syed Raheel Farook a servi pendant trois ans à bord du porte-avions USS Enterprise à titre de technicien du système informatique.

Il demeure aujourd'hui dans le sud de la Californie.

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