Infirmières en Mauricie: jeunes, fidèles, mais moins diplômées

Depuis 2010-2011, le nombre d'infirmières en Mauricie a...

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Depuis 2010-2011, le nombre d'infirmières en Mauricie a augmenté de 4,7%. En 2014-2015, elles étaient 2493 a exercer dans le système public, en milieu privé ou dans les organismes à but non lucratif.

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(Trois-Rivières) Plus jeunes et fidèles, mais moins diplômées que la moyenne québécoise. Voici trois caractéristiques particulières qui esquissent le portrait des infirmières pratiquant en Mauricie. Voilà du moins, parmi un florilège de données nationales, trois angles régionaux extraits du dernier Rapport statistique sur l'effectif infirmier 2014-2015 récemment publié par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Sur les 73 622 infirmières membres de l'OIIQ en 2014-2015 (477 de plus comparativement à l'année précédente), 2493 exerçaient leur profession en Mauricie (3,6 % de l'effectif national), pour une augmentation enregistrée de 4,7 % depuis 2010-2011. Point positif dans cette tempête de pourcentages: la région compte 9,3 infirmières pour 1000 habitants, tandis que la moyenne provinciale est de 8,4. De ce nombre, fait à souligner: la forte proportion d'infirmières âgées de moins de 35 ans, soit 36,5 %, alors qu'au Québec, toutes les régions confondues, on enregistre 31,7 % d'infirmières dans la même tranche d'âge.

Selon Daniel Marleau, qui a signé le dernier Rapport statistique de l'OIIQ, plusieurs facteurs additionnés peuvent expliquer cette jeunesse dans les rangs infirmiers mauriciens. Entre autres, notons la faible proportion de travailleuses de 55 ans et plus, soit 15,6 % (la moyenne nationale étant de 17,7 %), ainsi que le taux de rétention élevé. Sur cette dernière note, 81,4 % de la relève infirmière de 2005-2006 à 2009-2010 travaillait toujours dans la région cinq ans après ses premières armes. Jeunes, donc, les infirmières en Mauricie, mais également loyales à leur patelin.

Cette fidélité pourrait s'expliquer par des facteurs autres que professionnels. En effet, des considérations socio-économiques, comme la qualité et le coût de la vie, pourraient avoir une incidence sur la décision ou non de s'établir à moyen ou à long terme en Mauricie. M. Marleau estime également que la présence d'un centre hospitalier universitaire est susceptible d'attirer et de retenir les jeunes infirmières qui commencent dans la profession et qui souhaitent planter leurs pénates dans une ville dynamique, cette fois professionnellement parlant.

«La rétention de la relève s'explique par des facteurs hors du contexte de la profession, de l'emploi», note M. Marleau. «Ça peut être la beauté de la région, mais aussi un ensemble de facteurs. On constate le phénomène, mais je ne peux pas en donner l'explication.»

Bachelières demandées

Au Québec, depuis 2010, le nombre d'infirmières qui exercent en soins de proximité a augmenté de 6,3 %. À l'heure où le Québec vieillit, alors que les services à domicile seront de plus en plus sollicités, les 12 700 infirmières qui travaillent sur ce front seront-elles suffisantes? Sans tomber dans la ligne éditoriale, M. Marleau est d'avis qu'il faudra mettre en place des incitatifs afin d'augmenter le nombre d'infirmières qui détiennent un baccalauréat, condition sine qua non pour offrir des services infirmiers à domicile. D'autant plus que, sur un continuum collège-université, l'enseignement des compétences pour exercer dans la communauté sont données dans la portion universitaire.

«Si on veut avoir une masse critique d'infirmières au bacc suffisante, il faut les encourager à poursuivre leur formation», croit le chercheur.

Idem pour les infirmières praticiennes spécialisées (IPS). L'année 2014-2015 aura vu leur nombre augmenter de 52 personnes, pour s'établir à 284 travailleuses. «La cadence devra toutefois s'accélérer pour atteindre l'engagement ministériel de 2000 IPS en 10 ans; un plan d'effectif visant l'intégration de ces nouvelles IPS dans le système de santé est attendu à cet effet», écrit Lauréanne Marceau, chargée de projet à l'OIIQ.

Notons que pour grimper les échelons jusqu'au statut d'IPS, une infirmière doit impérativement obtenir un diplôme d'études supérieures de deuxième ou de troisième cycle et, logiquement, accrocher d'emblée sur son mur un diplôme de premier cycle. À ce propos, le Québec accuse un retard notable sur le reste du Canada. Ainsi, avec 39 % d'infirmières qui détiennent un baccalauréat (parmi lesquelles 3,6 % sont titulaires d'un diplôme d'études supérieures), le Québec traîne de la patte, car dans toutes les provinces canadiennes la moyenne se situe entre 51 % et 61 %. En Mauricie, la proportion de bachelières atteint à peine 31 %.

Taux d'emploi

La profession d'infirmière connaît un taux d'emploi stable enviable lorsqu'on le compare à d'autres emplois. Ainsi, en 2014-2015, le taux d'emploi se maintenait à 97,5 %, une note quasi parfaite qui perdure depuis une quinzaine d'années. Seul hic: à peine 60 % des infirmières occupent un emploi à temps complet, une première depuis le début des années 1990, soit depuis que l'OIIQ compile des données statistiques. En Mauricie, 56,7 % des infirmières occupent un emploi à temps plein, 32,8 % à temps partiel, et 10,5 % travaille sur une base occasionnelle.

(N-B: Le féminin a été utilisé pour faciliter la lecture. Cependant, 10,8 % des membres de l'OIIQ sont des hommes, un pourcentage établi à 10,3 % en Mauricie)

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