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Gouvernance des commissions scolaires: les présidents ne voient pas de valeur ajoutée

La Commission scolaire Chemin-du-Roy... (Archives Le Nouvelliste)

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La Commission scolaire Chemin-du-Roy

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les présidents des commissions scolaires de la région se demandent quelle est la valeur ajoutée du Projet de loi modifiant l'organisation des commissions scolaires pour accorder plus d'autonomie aux écoles, tel que déposé vendredi par le ministre de l'Éducation, François Blais.

Le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Claude Lessard, a pris le temps de lire le projet de loi dès sa publication «et au premier abord, franchement, je ne vois rien en termes de valeur ajoutée pour les élèves. C'est malheureux», dit-il, d'autant plus que ce projet de loi est en préparation depuis 13 mois, signale-t-il.

Les présidents des trois commissions scolaires de la région ont aussi dénoncé, vendredi, le choix qu'a fait le ministre de l'Éducation du Québec de déposer son projet de loi à la dernière journée de la session parlementaire alors qu'il faudra attendre des semaines avant de pouvoir poser des questions.

Marjolaine Arseneault, présidente de la Commission scolaire La... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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Marjolaine Arseneault, présidente de la Commission scolaire La Riveraine.

Stéphane Lessard

Claude Lessard, président de la Commission scolaire du... (Stéphane Lessard) - image 2.1

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Claude Lessard, président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Stéphane Lessard

En gros, le projet de loi fait disparaître les élections scolaires. Il n'y aura donc plus de commissaires. Ces derniers seront remplacés par des conseils scolaires composés de 16 membres, soit six parents, deux directeurs ou directrices d'école, un membre du personnel enseignant, un membre du personnel professionnel et six personnes issues de la communauté ainsi que le directeur ou la directrice de la commission scolaire.

Les parents seront élus par le comité de parents. Les directeurs, l'enseignant et le professionnel seront élus par leurs pairs. Le directeur de la commission scolaire est le seul qui n'aurait pas droit de vote. Quant aux six personnes de la communauté, elles devront provenir du territoire et des milieux suivants: saines habitudes de vie, culture, adéquation formation-emploi et municipal. Elles seraient désignées par le comité de parents à la suite d'un appel public de candidatures publiques.

Pour une, la présidente de la Commission scolaire de la Riveraine, Marjolaine Arseneault, se questionne sur ce que cette nouvelle façon de diriger pourra apporter de plus. «J'ai déjà huit parents au conseil des commissaires», fait-elle valoir. «Les gens qui sont élus, ce ne sont pas des gens désincarnés», plaide-t-elle. «Ce n'est pas vrai que les parents ne sont pas là.»

Claude Lessard, lui, estime que les parents sont toujours présents dans les dossiers qui les touchent. «Si l'on parle de fermer une école, les parents vont être là», illustre-t-il.

«Depuis un an qu'ils en parlent, il n'y a pas grand-chose de différent de ce qu'ils ont dit», constate Mme Arsenault à partir des informations de base qu'elle a obtenues sur le projet de loi, vendredi.

Pour sa part, Claude Lessard craint qu'un tel comité pose des problèmes d'éthique. «Les gens vont être assis dans des chaises où ils vont discuter de leur groupe et quand la direction de la commission scolaire va présenter des projets et que ça touchera des enseignants, des professionnels ou des directions d'établissements, comment ces gens vont-ils agir? J'imagine qu'ils vont avoir un code d'éthique», se questionne Claude Lessard.

Le président de la Commission scolaire de l'Énergie,... (Sylvain Mayer) - image 3.0

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Le président de la Commission scolaire de l'Énergie, Jean-Yves Laforest.

Sylvain Mayer

Le président de la Commission scolaire de l'Énergie, Jean-Yves Laforest, n'a pas voulu accorder d'entrevue, vendredi, mais par voie de communiqué, il a fait savoir que: «En vertu de leurs responsabilités, il y a toujours eu un devoir essentiel d'impartialité et d'équité des élus scolaires envers la population qu'ils représentent. En abolissant l'élection scolaire, le ministre abolit aussi la possibilité pour la population d'être entendue et de revendiquer ses droits auprès de ces élus.»

Jean-Yves Laforest estime que la façon de faire promulguée par le ministre Blais est inquiétante. «Rien ne garantit la représentativité des territoires.» Il se demande donc «qui défendra le maintien des écoles et les différents services, notamment de Mékinac et de Maskinongé?»

Le projet de loi prévoit aussi que les commissions scolaires produisent des analyses de faisabilité pour le regroupement ou le partage des ressources et des services entre elles ou avec d'autres organismes, ce que fait La Riveraine depuis un an avec la Commission scolaire des Chênes à Drummondville rappelle Marjolaine Arsenault.

À Chemin-du-Roy, très peu de choses semblent possibles à ce niveau, si ce n'est le service de la paie, illustre M. Lessard.

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