Le Centre de la biodiversité en mode survie

La directrice générale du Centre de la biodiversité... (Stéphane Lessard)

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La directrice générale du Centre de la biodiversité du Québec à Bécancour, Carole Bellerose.

Stéphane Lessard

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) «L'année 2015 fut extrêmement difficile. Et 2016 sera déterminante. On est beaucoup fragilisé. On doit trouver un partenariat. Ça nous prend de l'argent nouveau».

Ce cri du coeur est lancé par la directrice générale du Centre de la biodiversité du Québec à Bécancour, Carole Bellerose, qui, en plus de se retrouver avec un plan B moins profitable pour ses projets de développement, subit les effets des compressions dans le monde de l'éducation.

Pourtant, il y a un an, tous les espoirs étaient permis pour mettre la main sur le Mont-Bénilde, avec le dépôt d'une offre d'achat de plus d'un million de dollars.

Selon les plans, l'aile ouest aurait été équipée d'un vaste poste d'accueil en mesure de recevoir les visiteurs. À cela se seraient ajouté des locaux propices à l'hébergement d'expositions itinérantes et permanentes, entre autres un mini-insectarium, ainsi que des ateliers dédiés à la construction de décors.

Les deux gymnases et la palestre auraient été transformés en salles de conférence. Quant aux bureaux donnant sur la façade, ils auraient été loués à des organismes communautaires, parapublics et à des entreprises. On caressait même l'idée d'ériger sur le toit de la bâtisse une tour d'observation.

Or, au printemps dernier, l'organisme échouait dans sa tentative de conclure la transaction, faute d'avoir trouvé à temps les 250 000 dollars manquants. On connaît la suite. Les Frères des Écoles chrétiennes ont finalement vendu au privé l'ancienne école secondaire et les terrains avoisinants. Le nouveau propriétaire, Steve Garceau, veut transformer les lieux en locaux commerciaux et pour du développement résidentiel.

Pourtant, les dirigeants du Centre de la biodiversité parlaient de cette acquisition comme étant incontournable pour la pérennité de l'organisme. Trop petites pour accueillir de nouveaux projets d'expansion, les installations de l'avenue des Jasmins ne répondent plus à l'augmentation des entrées au tourniquet, de l'ordre de 10 % à 15 % par année. 

À défaut du plan A, voilà que la Ville de Bécancour vient de se porter acquéreur du site forestier et de deux bâtiments adjacents au Mont-Bénilde au coût de 583 000 $ pour en céder la gestion au Centre de la biodiversité. La municipalité contribue à raison de 300 000 dollars tandis que le Fonds de développement durable fournit 233 000 dollars et le Pacte rural, 50 000 dollars. On veut assurer, dit-on, l'expansion du Centre et la conservation des habitats, de la végétation et de l'interprétation du site. 

«On n'a pas d'espace pour agrandir nos produits et faire manger nos enfants», déplore celle qui, dans le dernier cas, peut temporairement utiliser le sous-sol du Mont-Bénilde.

Or, ces enfants, ils se font moins nombreux depuis septembre avec les moyens de pression mis de l'avant par les syndiqués de l'enseignement. Alors que le calendrier était initialement «plein à 75 %», c'est près de 4000 élèves de moins qui se sont présentés au Centre de la biodiversité en raison du boycott des sorties scolaires. Conséquence? Un manque à gagner d'environ 20 000 dollars qui a déjà entraîné une mise à pied.

Après les quatre premiers mois de 2015 à s'être déroulés sous le sceau de la déception, avec l'échec du Mont-Bénilde, voilà que les quatre derniers de mois de l'année se passent sous le signe des pertes financières, se désole Mme Bellerose.

Celle-ci mise donc plus que jamais sur l'annonce faite en octobre dernier par la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, à l'effet qu'une dizaine de musées de plus auront accès au programme d'aide au fonctionnement des institutions muséales le 1er avril 2016.

Déjà, une dizaine de partenaires dans la communauté ont appuyé la demande d'aide financière du Centre de la biodiversité en vertu de cette ouverture du côté de Québec. Et outre la résolution d'usage adoptée au début novembre, la Ville avait préalablement pris la peine de plaider la cause de l'organisme dans une correspondance datée du 19 octobre.

«Pour la pérennisation du Centre, il serait important qu'il puisse bénéficier, à son tour, de votre soutien», écrivait la directrice du Service à la communauté, Émilie Hogue, à la ministre David.

Dans la lettre, on évoque le fait qu'avec peu de moyens, les administrateurs ont développé un attrait touristique culturel de portée régionale qui, ouvert à l'année, reçoit plus de 25 000 visiteurs annuellement. «On a une grande réflexion à faire. Le but visé est de continuer à améliorer notre produit», conclut Carole Bellerose, annonçant du même coup la tenue d'un lac-à-l'épaule dès janvier prochain.

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