Québec veut resserrer les règles des jardins zoologiques

Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, et... (Olivier Croteau)

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Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, et son pensionnaire, un «bébé» tigre nommé Diamond.

Olivier Croteau

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(Saint-Édouard-de-Maskinongé) Pour l'heure, les 500 bêtes du Zoo de Saint-Édouard se la coulent douce et se préparent à passer l'hiver loin des 20 000 visiteurs qui se déplacent chaque année pour leur voir la binette. Au printemps, si le gouvernement du Québec va de l'avant, il est à prévoir que ces mêmes animaux ne pourront plus recevoir les caresses des enfants venus s'émerveiller à la porte de leur cage.

Mal à l'aise avec les pratiques en vigueur dans certains zoos, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec a amorcé une réflexion majeure qui pourrait mener au resserrement des règles. Québec s'appuie sur des principes de sécurité publique et d'amélioration des conditions de vie des diverses espèces gardées en captivité pour expliquer la révision.

Biologiste au ministère, Simon Larouche note que l'on assiste à «une prise de conscience au niveau gouvernemental» et que «dans un processus d'amélioration continue, les politiques seront revues».

«Le fait de pouvoir caresser les animaux n'est pas une pratique avec laquelle nous sommes à l'aise et c'est pour ça qu'il y a une réflexion qui est présentement en marche. Au plan éthique, on trouve que c'est un très mauvais signal à donner à la population, surtout aux enfants. On vient enlever une forme d'inhibition», croit-il

Au Québec, 18 établissements détiennent un permis de jardin zoologique. Parmi eux, le Zoo de Saint-Édouard, qui tient pignon sur rue à Saint-Édouard-de-Maskinongé. Son propriétaire, Normand Trahan, est d'avis que les animaux de la famille des félins, par exemple, sont des «bombes à retardement», même s'ils ont été apprivoisés. Dans son établissement, les petites menottes des enfants n'ont pas accès à leur pelage.

«On pense que la bête va être fine un jour, et le lendemain elle peut nous manger. Il y a toujours un instinct sauvage. Ici, on a acheté deux petits lions blancs il y a quelques semaines. Moi personnellement, je joue avec, parfois ils me maudissent des volées, ils me mordent et ils me font mal. Si ça arrive avec un enfant ou un étranger, il va se faire arracher un oeil, mordre un bras, n'importe quoi, je ne pense pas que ce soit bien drôle pour le public», avoue M. Trahan.

Cela dit, le propriétaire appelle de ses voeux une réglementation qui ne s'appliquera pas à la lettre. Si le lion et le tigre peuvent être dangereux, les animaux de ferme comme le lapin ou la chèvre, «qui vont être flattés à travers la clôture», ne représentent certes pas le même degré de dangerosité. Dans l'éventualité où le Zoo de Saint-Édouard devait restreindre, voire abolir tout contact entre les animaux et la clientèle, des travaux devraient être réalisés, entraînant de surcroît d'importantes dépenses, se désole M. Trahan.

Actuellement, les établissements qui désirent obtenir un permis de jardin zoologique doivent fournir la liste des espèces qu'ils souhaitent maintenir en captivité, le nom du vétérinaire et du technicien en santé animale qui veillera au bien-être des animaux, de même qu'un plan d'ensemble du site avec les plans et devis de chaque abri et enclos. Ces esquisses doivent démontrer que les infrastructures sont suffisamment efficaces pour prévenir toute attaque envers le public et la transmission de maladies.

Avec la collaboration de Mélyssa Gagnon, Le Quotidien

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