Investissement de 200 millions dans les ports du Québec

Le président-directeur général du port de Trois-Rivières, Gaétan... (Photo: Olivier Croteau)

Agrandir

Le président-directeur général du port de Trois-Rivières, Gaétan Boivin, le ministre délégué aux Transports et à l'Implantation de la stratégie maritime du Québec, Jean D'Amour, et le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard.

Photo: Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Les sourires étaient larges dans le visage des administrateurs du port de Trois-Rivières, dimanche, lors de l'annonce du ministre délégué aux Transports et à l'Implantation de la stratégie maritime du Québec, Jean D'Amour. Et pour cause: le gouvernement du Québec vient de déposer publiquement une enveloppe de 200 millions $ placée sous l'appellation Programme de soutien aux investissements dans les infrastructures de transport maritimes. Une manne qui paraissait tombée du ciel et qui réjouit le président-directeur général du port de Trois-Rivières, Gaétan Boivin. Maintenant, cap sur Trois-Rivières 2030.

«Pour nous, c'est un beau cadeau de Noël. Il ne nous restera qu'à le déballer, en profiter et l'utiliser adéquatement», lance d'emblée M. Boivin, en ajoutant que le président du Conseil de l'Administration portuaire de Trois-Rivières (APTR), Cléo Marchand, s'active déjà à dépoussiérer des cartons certains projets qui avaient été mis au rancard en attendant cet «alignement des planètes».

Ainsi, trois volets composent le nouveau programme gouvernemental, qui s'inscrit dans la foulée de la Stratégie maritime du Québec. Dans le radar du ministre D'Amour, 30 000 emplois portuaires directs et 21 000 emplois indirects pourraient être créés au cours des quinze prochaines années, un investissement évalué à plus de 9 milliards $.

Le premier volet vise les infrastructures maritimes et intermodales en transport de marchandises, c'est-à-dire, par exemple, des projets de construction, d'aménagement ou de rénovation d'infrastructures ou de terminaux portuaires. «Il pourrait également soutenir la construction ou l'amélioration d'embranchements ou de terminaux ferroviaires ou routiers qui desservent les terminaux portuaires», indique le ministre D'Amour. Le gouvernement contribuera jusqu'à un maximum de 50 millions $ pour ce type de projet.

Deuxième volet: encourager des projets pilotes en transport maritime des marchandises, par exemple en expérimentant de nouvelles technologies destinées à ce type d'activité. Ici, la contribution gouvernementale atteindra 50 % des dépenses admissibles, jusqu'à concurrence d'un million $.

Enfin, le troisième volet de ce nouveau programme «déballé» en grande pompe a pour objectif de maintenir ou de prêter main-forte à la construction d'infrastructures portuaires et de terminaux dédiés au transport des personnes. Là également, la contribution gouvernementale se limitera à 50 % des dépenses admissibles, cette fois jusqu'à concurrence de 300 000 $.

Autant de projets comme autant de subventions qui, espère-t-on, donneront un souffle nouveau à la modernisation des infrastructures au port de Trois-Rivières. Les administrateurs rêvent déjà de la phase 3 de leur plan stratégique: cap sur 2030. D'autant plus que l'enveloppe de 200 millions $ sera disponible dès lundi. De tous les ports du Québec tenant pignon sur les berges du fleuve Saint-Laurent, ce sera premier arrivé, premier servi. À Trois-Rivières, on assure que les projets sont quasiment dans la poste.

«Le gouvernement du Québec est très au courant des projets qu'on a l'intention de présenter», mentionne Gaétan Boivin. Depuis quelques mois, le président-directeur général a rencontré à de multiple reprises une poignée de ministres afin d'arrimer les besoins du port de Trois-Rivières aux différents volets du nouveau programme d'investissement. «Disons que la table est mise. On avait de bonnes indications sur la direction que le gouvernement du Québec souhaitait prendre.»

La part des régions

Il semble que l'APTR a toutes les raisons d'espérer qu'elle pourra mettre la main sur une part de ce gâteau de 200 millions $. En effet, à entendre le ministre D'Amour, si les grandes villes pourront bénéficier, à l'instar des autres, des sommes réservées, force est de croire que les régions auront également droit de cité.

«C'est un programme que l'on voulait lié carrément aux régions. Bien sûr, il y aura de la place pour Québec et Montréal, mais c'est d'abord un programme pour le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, la Mauricie, un programme pour les régions du Québec, pour que le Québec, sur le plan maritime, soit de plus en plus concurrentiel», note le ministre, sans avancer de pourcentage spécifiquement dédié aux installations portuaires régionales.

«Les gens qui sont prêts vont déposer leur projet», renchérit-il. «Je vais diriger la circulation maritime de façon à ce que chacune des régions obtienne sa juste part.»

Cap sur 2030

L'année 2015 aura été riche en développements pour le port de Trois-Rivières. Fier d'un investissement de plus de 16 millions $ du gouvernement fédéral et de 15 millions $ du secteur privé, et après avoir tiré 19 millions $ de ses propres coffres, la phase 2 de son plan stratégique va bon train. D'ici 2020, le port de Trois-Rivières aura définitivement accosté au 21e siècle.

Ainsi, le 13 novembre dernier, l'APTR a octroyé un contrat de réfection des quais 13 et 14, des travaux qui devraient débuter en mars 2016. Un terminal multifonctionnel y sera érigé et bonifiera de 23 000 mètres carrés l'espace d'entreposage extérieur à quai. À cela il faut additionner le hangar numéro 16, dont on a pendu récemment la crémaillère, et le hangar numéro 25, actuellement en construction.

Maintenant que les projets de développement du port, placés sous l'appellation Cap sur 2020, sont financièrement ficelés, alors que le gouvernement du Québec entend s'impliquer pour que les ports québécois se modernisent, Gaétan Boivin songe déjà à la troisième phase: cap sur 2030, c'est-à-dire cap à l'ouest. «Ce que le ministre a annoncé aujourd'hui (dimanche) va nous aider à réaliser cap sur 2030», assure-t-il, en se gardant bien de dévoiler en détails les projets à venir. Des évaluations environnementales sont cependant en cours afin d'évaluer la possibilité d'agrandir, cette fois vers l'ouest.

Car le seul hic qui retient encore les brides du port dans l'amélioration de ses installations, c'est l'espace. Comme le port est encerclé par le centre-ville, par l'industrie papetière d'un côté, l'Amphithéâtre Cogeco de l'autre, les zones vacantes sont rares comme des merles blancs.

«On pourrait installer une sorte de quai du côté ouest avec une zone industrielle. On a acheté le terrain Bellefeuille, 25 000 mètres carrés de superficie d'entreposage extérieur. Éventuellement, nous annoncerons l'acquisition d'un autre terrain adjacent d'une superficie de 14 000 mètres carrés», affirme pour sa part le président du Conseil du port, Cléo Marchand qui, avec la fin de son troisième mandat, se désole de ne pouvoir participer à la réalisation de Cap du 2030.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer