Angers est en furie

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, avale de... (Stéphan Lessard)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, avale de travers l'amende imposée alors que le dossier d'approvisionnement en eau potable était réglé.

Stéphan Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Au moment où le conseil municipal est plongé dans un exercice douloureux pour boucler son budget 2016, le maire de Shawinigan se serait bien passé de verser plus de 109 000 $ au trésor provincial en raison, perçoit-il, du climat tendu qui régnait entre la Ville et le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs pendant la saga de l'approvisionnement en eau potable.

«Dans le contexte budgétaire dans lequel on est, c'est beaucoup trop d'argent», dénonce Michel Angers. «On le paye parce qu'on a le couteau sous la gorge. Sans quoi, ce serait plus de 260 000 $. Mais ce 100 000 $ passe quand même de travers...»

Michel Angers ne contredit pas la nature des infractions, mais il estime que la direction régionale du ministère aurait pu démontrer un peu plus de discernement, compte tenu du contexte. Il se demande pourquoi elle a maintenu la ligne dure en faisant parvenir ces avis, à l'automne 2014.

«Quand ils ont envoyé ces constats d'infraction, ils savaient que le dossier était réglé et que nous avions des quantités d'eau suffisantes pour alimenter ces projets», fait-il remarquer. «On ne pouvait pas empêcher nos développements !»

«J'étais en furie quand j'ai vu ça», enchaîne le maire. «Je me suis posé énormément de questions à savoir pourquoi, deux ans plus tard, on nous arrivait avec ces constats.»

En compagnie du directeur général, Gaétan Béchard, M. Angers a rencontré l'actuel ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, à l'automne 2014. Mais comme le processus judiciaire était déjà enclenché à ce moment, il ne pouvait plus intervenir.

«Le ministre a fait ce qu'il fallait, de même que notre député, Pierre Giguère, qui m'a organisé la rencontre», souligne M. Angers. «Tout le monde a compris la situation, mais comme c'était rendu au niveau pénal, on était pris avec ça.»

«C'est sûr qu'on n'a pas toujours été tendres avec le ministère de l'environnement», concède le maire. «Mais il fallait défendre notre point. Au bout du compte, ça fait une différence de 55 millions $ (en gardant les sources actuelles par rapport au scénario de la rivière Saint-Maurice). On ne pouvait pas laisser passer ça. Nous avons fait une bataille honorable, à la satisfaction de tout le monde. C'est inacceptable qu'on ait reçu ces amendes par après. Inacceptable!»

Sur le fond, le maire souligne que la nécessité de demander un certificat d'autorisation pour prolonger des services fait justement partie des irritants du rapport Perrault sur la reddition de comptes des municipalités envers le gouvernement du Québec. La punition qui s'en est suivie représente la goutte qui fait déborder le vase.

En début de semaine, le maire a pu échanger avec le directeur par intérim à la direction régionale du ministère, François Boucher, lors de l'annonce concernant l'aide financière pour les terrains contaminés. Il décèle le début d'une relation plus saine avec le MDDELCC.

«Ça a été très cordial», se réjouit M. Angers. «Dans le rapport Perrault, si un ministère est pris à partie, c'est bien celui-là. M. Boucher nous a assurés de sa collaboration et de son ouverture et c'est comme ça qu'on souhaite travailler. Si ça avait été comme ça avant, on ne se serait pas retrouvé dans une situation où les citoyens de Shawinigan doivent payer cette amende non méritée.»

Il n'a pas été possible de joindre un porte-parole du MDDELCC sur ce dossier.

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