Train de passagers à Trois-Rivières: l'espoir renaît

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Réclamé par le milieu depuis plus de trois décennies, le service de train de passagers conventionnel pourrait faire son retour d'ici cinq à dix ans à Trois-Rivières, au coût d'un milliard de dollars.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Réclamé par le milieu depuis plus de trois décennies, le service de train de passagers conventionnel pourrait faire son retour d'ici cinq à dix ans à Trois-Rivières, au coût d'un milliard de dollars.

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Le président et chef de la direction de Via Rail, Yves Desjardins-Siciliano, expliquant son projet au groupe d'intervenants dirigé par la présidente de la Chambre, Karine Provencher, en présence, entre autres, du maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, à gauche, et du député libéral fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, à droite.

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C'est du moins le souhait exprimé par le président et chef de la direction de Via Rail, Yves Desjardins-Siciliano, qui a publiquement proposé mercredi un tracé Montréal-Québec sur la rive nord.

«Je n'ai que de bonnes nouvelles. J'ai un message positif. Ce sont mes suggestions. Ce n'est pas un projet approuvé ni dirigé par le gouvernement du Canada. Et il faudra de la patience car un réseau ferroviaire ne se bâtit pas en 24 heures», a-t-il lancé aux quelque 300 membres de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.

Parmi les auditeurs attentifs, on retrouvait les deux maires de Trois-Rivières et Bécancour, Yves Lévesque et Jean-Guy Dubois ainsi que les trois députés fédéraux de la Mauricie, François-Philippe Champagne, Ruth Ellen Brosseau et Robert Aubin. La présidente de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Karine Béliveau, a aussi participé à la rencontre privée qui suivait la présentation et ce, en présence de plusieurs autres intervenants.

«On voudra que la gare soit aussi près que possible de l'aéroport de Trois-Rivières. Je n'ai pas dit si, mais quand on passera par Trois-Rivières. Vos intentions ont été entendues. Les sceptiques seront confondus», a soutenu celui qui a rappelé que le train n'y passe plus «depuis un certain temps».

En poste depuis 18 mois, le grand patron de Via Rail a souligné sa volonté de rendre la Société plus efficace et plus pertinente au Canada, en desservant les villes et les villages et en les reliant aux grands centres.

«Il y a une opportunité de marché commercial entre Québec-Windsor», affirme celui qui se dit à l'écoute des employés et des clients, d'où la rénovation de certaines voitures, l'arrivée de nouveaux menus et l'offre de divertissement à bord.

Tout en bonifiant le service sur la rive sud, Via Rail veut donc relier Montréal-Québec en passant par Laval, Trois-Rivières et Shawinigan sur des voies dédiées. Toutefois, celles-ci seraient préalablement déployées sur le tronçon Montréal-Ottawa-Toronto, pour une période de quatre ans, à raison d'un investissement de quatre milliards de dollars.

«C'est dans l'air du temps», a lancé M. Desjardins-Siciliano, évoquant les propos du ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, sur la nécessité d'investissements transformateurs dans les infrastructures.

«Nous croyons que la conjoncture économique est grandement favorable au retour du train de passagers ici, chez nous. Le premier ministre actuel, Justin Trudeau, a promis, au cours de la dernière campagne électorale, d'investir 125 milliards de dollars dans les infrastructures canadiennes, notamment dans le secteur du transport collectif et des infrastructures vertes», a renchéri la présidente de la Chambre trifluvienne, Karine Provencher.

Dans son allocution, elle n'a pas manqué de rappeler que Trois-Rivières est l'une des rares villes de cette envergure, au Canada, à ne pas être desservie par un service de transport ferroviaire de passagers. D'où les nombreuses revendications de l'organisme depuis 1982.

«Aujourd'hui, novembre 2015, c'est toute la communauté d'affaires de la région qui souhaite ramener à l'avant-scène le dossier du train de passagers à Trois-Rivières. Il s'agit d'une occasion unique pour démontrer que toute la population de la région désire retrouver ce moyen de transport écologique et économique, dont les bénéfices seraient exponentiels», a ajouté Mme Provencher avant que l'un de ses prédécesseurs, Jean Poliquin, ne conclue de la manière suivante: «enfin, la lumière au bout du tunnel».

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Le député libéral fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne et Yves Desjardins-Siciliano, président et chef de la direction de Via Rail.

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Shawinigan dans les plans

«C'est une bonne nouvelle de voir Shawinigan dans le corridor. C'est un projet à long terme. Je vais en faire part au ministre Garneau».

Voilà comment le seul représentant du gouvernement Trudeau en région, François-Philippe Champagne, a réagi à la présentation du grand patron de Via Rail sur son projet de rétablir le transport de passagers entre Montréal et Québec par la rive nord.

Comme l'avait déjà indiqué le député fédéral de Saint-Maurice-Champlain, cette idée rejoint plusieurs des orientations avancées par le Parti libéral du Canada au cours de la campagne électorale, dont le programme d'infrastructures, le transport public et l'électrification des transports.

D'ailleurs, le député néodémocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, dit espérer que Justin Trudeau tiendra ces engagements. «On y croit, à un train de passagers à Trois-Rivières. C'est plus réaliste que jamais. Car j'étais l'un des rares détracteurs de la formule TGV. Il y a une ouverture alors qu'on s'est heurté à une fin de non-recevoir au cours des neuf dernières années», a-t-il confié au Nouvelliste.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, est aussi d'avis que le scénario d'un train de passagers conventionnel se veut plus viable, logique et réalisable que le TGV. Et il souscrit aux arguments du président et chef de la direction de Via Rail selon lesquels la décongestion routière aura un impact environnemental. «Pour développer l'économie, ça prend des moyens de transport. Et la gare à l'aéroport, c'est très intéressant», soutient le premier magistrat qui parle d'une «très bonne nouvelle».

Finalement, son homologue de Bécancour, Jean-Guy Dubois, y voit un avantage complémentaire à ce qui existe déjà à Drummondville. «On appartient à la communauté économique de Trois-Rivières», conclut celui qui se dit habitué de vivre avec des délais en matière de projets, le train de passagers sur la rive nord n'étant pas prévu avant 2020-2025.

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