Commission Charbonneau: double soulagement pour Julie Boulet

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Julie Boulet lors de son passage devant la commission Charbonneau.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dix-huit mois après son témoignage éprouvant devant la commission Charbonneau, Julie Boulet vit un double soulagement à la lecture du rapport divulgué mardi.

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Le propriétaire de l'entreprise de construction Maskimo, Louis Marchand, et la députée de Laviolette et ancienne ministre Julie Boulet avaient tenu des propos contradictoires lors de leur témoignage respectif devant la commission Charbonneau.

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Non seulement ne fait-elle pas l'objet d'un blâme public, malgré les références à son nom dans 41 pages, mais la députée de Laviolette constate une dissension des commissaires sur l'existence d'un lien entre contrats publics et dons politiques au provincial.

La politicienne a préféré s'abstenir de tout commentaire, affirmant ne pas vouloir accorder des entrevues avant ce mercredi, après avoir épluché le rapport. Son adjointe a toutefois souligné qu'elle était très heureuse des conclusions de la commission. Et selon ce que Le Nouvelliste a appris, le préavis de blâme qu'elle avait reçu en début d'année restera confidentiel.

Dans sa note de dissension, le commissaire Renaud Lachance affirme que les élus au niveau provincial de tous les partis n'interviennent pas dans l'octroi d'un contrat public relié au domaine de la construction. L'ex-vérificateur général du Québec n'accepte pas la thèse qui établit «un lien indirect entre le versement de contributions politiques et l'octroi des contrats au niveau provincial».

«Les faits présentés devant la Commission n'ont pas montré un lien, qu'il soit direct ou indirect, entre le versement d'une contribution politique au niveau provincial et l'octroi d'un contrat public», écrit-il.

Pour le reste, le rapport relate les différents propos tenus par l'ancienne ministre libérale des Transports lors de son passage devant la commission Charbonneau en mai 2014.

On rappelle qu'elle a prétendu avoir pris connaissance de l'objectif de 100 000 dollars pour le financement de son parti seulement en 2009, à l'occasion de la déclaration publique de Norman MacMillan à ce sujet dans les médias. Un objectif qui lui semblait d'ailleurs «irréaliste», «irréalisable» et «impensable» pour une circonscription «pauvre» comme la sienne. 

«Cette affirmation semble peu crédible dans la mesure où les objectifs de financement étaient annoncés publiquement à l'occasion des caucus et où la plupart de ses collègues étaient au courant de l'objectif qui leur était fixé», peut-on lire dans le rapport.

Selon les commissaires, il apparaît peu probable que la ministre elle-même ne connaissait pas ses propres objectifs. «De plus, son chef de cabinet l'ayant dépeinte comme une personne à son affaire, d'une grande rigueur, qui connaissait très bien ses dossiers, s'impliquait de près dans toutes les affaires du ministère et révisait tous les budgets d'un oeil aguerri, il serait étonnant qu'elle ait ignoré cet aspect de son travail», avance-t-on.

Par ailleurs, Julie Boulet a nié avoir octroyé des contrats tarifés afin de recevoir du financement de la part des «gens de pavage». «La ministre a toutefois octroyé ce type de contrats à certaines entreprises précises alors que ces dernières participaient à des cocktails de financement qui lui ont permis d'amasser successivement 130 000, 134 000 et 125 000 dollars de 2007 à 2009», souligne-t-on.

Or, le propriétaire de l'entreprise de construction Maskimo, Louis Marchand, dont le nom apparaît dans 31 pages du rapport, a affirmé qu'il connaissait l'objectif de 100 000 dollars qui était imposé à la ministre Julie Boulet. Devant la commission Charbonneau, il a souligné le fait que cet objectif pouvait difficilement être atteint au moyen d'un financement populaire et qu'il imposait une «pression» sur les élus, ainsi forcés de recourir à d'autres sources de financement. Notons qu'il a été impossible de discuter avec M. Marchand mardi. 

L'homme d'affaires racontait avoir été contacté personnellement par Mme Boulet, qui s'était dite «très, très, très déçue» qu'il ne veuille pas participer à son activité de financement. Mais, toujours dans son témoignage, la députée de Laviolette niait avoir «tassé» l'entreprise Maskimo parce que M. Marchand ne voulait plus faire de dons à son parti.

Pourtant, celui-ci avait déclaré devant la commission que ses relations s'étaient envenimées avec le cabinet de Mme Boulet après qu'il eut mis fin à la pratique de financer les partis, en 2009.

«Jamais, jamais, jamais, en aucun temps, je n'ai jamais donné une directive à qui que ce soit de ne pas leur donner de contrat ou de les tasser d'une quelconque façon; jamais», avait assuré l'ancienne ministre libérale.

Toujours devant la commission Charbonneau, Julie Boulet avait contredit des témoins fonctionnaires de son ministère, niant avoir choisi des projets parmi une liste de projets proposés à l'automne. «Je n'ai en aucun temps substitué un projet à un autre ou dit faites celui-là à la place de celui-là», s'était-elle défendue. 

Des témoins avaient indiqué à la commission d'enquête qu'en plus de la programmation annuelle, il existait une programmation d'automne permettant de réaliser certains projets en fin de saison, avant le début de l'hiver. Les fonctionnaires proposaient alors une liste de projets au cabinet de la ministre, qui choisissait dans le lot. L'un d'entre eux avait même rapporté que si la première liste soumise au cabinet ne plaisait pas, il en exigeait une seconde.

Mais la principale intéressée disait ne pas se rappeler avoir fait ce genre d'intervention et que ce sont les fonctionnaires qui désignaient des projets correspondant à l'enveloppe budgétaire dont ils disposaient. Tout au plus, avait-elle concédé avoir demandé d'ajouter un projet de route, mais pour des raisons de sécurité.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

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