Le Québec accueillera au moins 7300 réfugiés syriens en deux ans

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Le gouvernement du Québec a l'intention d'accueillir 7300 réfugiés syriens en 2015-2016.

Associated Press

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Alexandre Robillard, Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le gouvernement du Québec a l'intention d'accueillir 7300 réfugiés syriens en 2015-2016, un chiffre qui pourrait grimper à 9400 avec un plan attendu du gouvernement fédéral, a déclaré lundi un porte-parole.

En septembre dernier, la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, avait annoncé une augmentation du nombre de réfugiés en réponse à la crise syrienne.

Mme Weil avait ainsi déclaré que le Québec recevrait 3650 réfugiés de la Syrie dans le cadre de ses prévisions d'accueil pour 2015.

Lundi, un attaché politique de la ministre, Pierre-Olivier Herbert, a confirmé que ce nombre serait répété également dans le cadre du plan d'immigration 2016, qui a été présenté en octobre dernier.

Selon M. Herbert, cet objectif pour l'an prochain était déjà prévu au moment de l'annonce de septembre, mais n'avait pas été dévoilé pour des raisons de logistique.

Lors d'une entrevue, M. Herbert a affirmé que le nombre de 3650 réfugiés syriens supplémentaires, pour 2016, est inclus dans la fourchette qui prévoit au total l'accueil de 6000 à 6600 réfugiés l'an prochain au Québec.

«Dans le plan d'immigration, c'est très clair, a-t-il dit. Ce n'est pas dit textuellement, mais en regardant dans les fourchettes de 2016, on garde sensiblement les mêmes fourchettes pour l'accueil de réfugiés.»

M. Herbert n'a pas été en mesure de dire pourquoi Mme Weil s'était limitée à annoncer l'arrivée de 3650 Syriens en 2015, lors de son annonce de septembre, sans parler de ses intentions pour 2016.

«Je pense que c'était au niveau logistique que ça s'est décidé, a-t-il dit. On ne l'a pas inclus mais on ne s'en est jamais caché.»

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau a l'intention d'accueillir 25 000 réfugiés syriens au Canada d'ici la fin de décembre, ce qui fera passer le total prévu au Québec de 3650 à environ 5700, pour 2015.

La semaine dernière, le premier ministre Philippe Couillard a maintenu le cap, malgré les inquiétudes logistiques manifestées par certaines municipalités devant un délai aussi court.

Lundi, M. Herbert a indiqué que les près de 2100 réfugiés qui s'ajouteraient, à la condition qu'Ottawa finance leur accueil, ne diminueront pas les prévisions esquissées par Québec avec son plan pour l'année 2016.

«Ce contingent de 2100 s'ajouterait donc aux 3650 réfugiés syriens prévus pour 2015, a-t-il écrit dans un courriel. Pour 2016, le Québec prévoit l'accueil de 3650 réfugiés syriens.»

Dans son plan d'immigration 2015, présenté en novembre 2014, le gouvernement du Québec avait prévu recevoir au total entre 4700 et 5300 réfugiés, un chiffre revu à la hausse après l'augmentation décidée en réponse à la crise syrienne.

Des données mises à jour dans le plan de 2016 indiquent que ce seront plutôt entre 6800 et 7400 réfugiés qui, au total, seront accueillis au Québec cette année.

Pour 2016, le plan prévoit l'accueil de 6000 à 6600 réfugiés, dont 3650 en provenance de la Syrie.

Couillard se dit «très rassuré»

Le premier ministre Philippe Couillard voulait obtenir la garantie que l'accueil de quelque 2000 réfugiés syriens additionnels au Québec s'accompagnerait d'une enveloppe du fédéral. Il a dit lundi soir l'avoir obtenue.

«J'ai reçu de très bonnes assurances, de même que tous mes collègues, sur le fait que les ressources financières seraient disponibles», a-t-il dit en conférence de presse après la première rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et ses homologues provinciaux et territoriaux, à Ottawa.

«Ça fait partie des nouvelles positives de la soirée, s'est-il réjoui.M. Trudeau a répondu rapidement, sans aucune hésitation.»

Les craintes que certains premiers ministres entretenaient par rapport à la sécurité ont aussi été rapidement estompées, le gouvernement fédéral ayant prouvé qu'il avait la situation bien en main, a suggéré Philippe Couillard.

«On a eu une présentation très complète de la part du gouvernement fédéral sur la façon dont les vérifications de sécurité sont faites (...) Il faut savoir que c'est fait de façon excessivement serrée, sans compromis, et de la bonne façon», a-t-il expliqué.

On en saura davantage sur le plan du gouvernement fédéral mardi après-midi, alors que sera dévoilé le plan d'accueil des 25 000 réfugiés syriens qui sont attendus au Canada d'ici la fin de l'année.

Un peu plut tôt, lundi, M. Couillard et son homologue du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, avaient dit préférer attendre le dépôt du plan en question avant de commenter les informations voulant que les hommes seuls ne seraient pas admis au Canada dans le cadre du plan d'accueil des 25 000 réfugiés syriens.

Selon ce qu'a rapporté le réseau anglais de Radio-Canada, le fédéral ouvrirait ses portes seulement aux femmes, aux enfants et aux familles qui fuient la guerre en Syrie dans le cadre de son plan d'accueil.

«Je ne penserais pas que cette règle soit absolue», avait suggéré le premier ministre du Québec lors d'une rencontre avec les journalistes en début d'après-midi, lundi, peu avant la réunion du Conseil de la fédération.

«Je vous rappellerais que le Haut Commissariat des Nations unies (pour les réfugiés), dans sa sélection (...), tient compte du degré de vulnérabilité des gens, ce qui l'amène à placer en tête de priorité les familles avec enfant et les membres des minorités religieuses opprimées», a-t-il ajouté.

Le premier ministre néo-brunswickois n'a pas plus voulu se prononcer sur les modalités de sélection des réfugiés syriens. «Je pense que c'est très important que nous fassions confiance au gouvernement fédéral», a-t-il simplement plaidé.

Rappelant que sa province s'est engagée à accueillir 1500 réfugiés, M. Gallant s'est dit «convaincu» qu'Ottawa ferait «avancer ce dossier de façon à ce que les Canadiens soient protégés et que nous puissions jouer notre rôle au niveau international».

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall - l'un des rares dirigeants d'allégeance conservatrice à être à la tête d'une province canadienne à l'heure actuelle - a pour sa part signalé qu'il était en faveur de cette façon de trier les Syriens espérant trouver refuge au Canada.

Le ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté n'a pas voulu confirmer les informations de la CBC entourant la sélection des réfugiés, lundi.

«Beaucoup de fausses rumeurs concernant notre plan pour les réfugiés. Demain vous pourrez savoir ce que nous ferons vraiment», a cependant écrit sur Twitter le titulaire du ministère, John McCallum.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, s'est pour sa part prononcé contre le principe d'exclusion des hommes seuls. «La sécurité demeure une question centrale évidemment, mais est-ce que ça veut dire que nous (devons) exclure du programme tous les jeunes hommes orphelins?», a-t-il demandé.

«Allons-nous refuser les homosexuels qui fuient la persécution? Allons-nous exclure les hommes qui fuient Daesh après avoir vu leur famille entière se faire massacrer? Ce n'est pas comme ça qu'on devrait faire les choses au Canada», s'est inquiété M. Mulcair.

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