Des hommes étrangers au djihadisme punis, croit Suaza

Le directeur général du SANA de Trois-Rivières, Ivan... (François Gervais)

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Le directeur général du SANA de Trois-Rivières, Ivan Suaza.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Si le Canada ferme ses portes aux réfugiés syriens qui sont des hommes célibataires pour accueillir que des familles, des femmes ou des enfants, il privera d'une nouvelle vie plusieurs hommes qui n'ont rien à voir avec les djihadistes. C'est du moins ce que croit Ivan Suaza, le directeur général du Service d'accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières.

Bien que le nouveau gouvernement libéral doive déposer mardi son plan d'accueil de 25 000 réfugiés, des informations préliminaires indiquent qu'uniquement des familles et des femmes seront admis au Canada. Cette mesure envisagée s'inscrit dans un contexte où une tranche importante de la population dit craindre pour la sécurité, à l'heure où des attentats terroristes sont survenus à Paris ainsi que dans plusieurs pays africains.

«Ce qui me touche beaucoup, c'est qu'il y a des hommes qui ont besoin de venir aussi. Ils ne sont pas mêlés à rien du tout», dénonce Ivan Suaza, le directeur général du SANA de Trois-Rivières.

L'expérience d'un homme qu'il connaît et qui a passé plus de quarante ans dans un camp de réfugiés laisse songeur M. Suaza quant à la volonté d'Ottawa d'exclure les hommes célibataires des processus d'accueil. «Il est resté 44 ans dans un camp de réfugiés, seulement parce qu'il avait une bonne santé et qu'il était seul. Il ne pouvait pas sortir, car les familles et les personnes malades passaient avant», explique-t-il. «Quand on voit ça, on se demande combien de personnes seront punies par cette situation.»

À la veille du dépôt du plan du gouvernement fédéral, Ivan Suaza souligne que son organisation a très hâte de connaître ses détails. «Au moins, on va commencer le vrai travail sur des bases concrètes.»

Malgré l'incertitude qui planait toujours lundi, la préparation pour l'accueil des réfugiés se poursuit au SANA de Trois-Rivières, note son directeur général. Ivan Suaza indique qu'une centaine de bénévoles, dont certains sont arabophones, se sont manifestés afin d'accompagner les réfugiés. «Nous avons beaucoup plus de bénévoles que ce que nous avions déjà. La réponse est énorme», note avec satisfaction M. Suaza. «Il y a une bonne réponse et les gens se sentent très concernés.»

Ce volontariat contraste avec le mouvement d'opposition à l'accueil des réfugiés syriens. «Face à la crainte, il y a un mouvement de gens qui sont prêts à s'engager. On sait qu'ils s'engagent parce qu'ils savent que si les réfugiés sont accompagnés, ils pourront aller loin», souligne Ivan Suaza. «Ensemble, on arrive plus loin. C'est comme ça qu'on vit.»

Afin d'y arriver, de la formation sera offerte aux nombreux bénévoles intéressés à mettre la main à la pâte pour l'accueil de réfugiés. «Nous préparons la formation pour le jumelage entre les bénévoles et les réfugiés. Et le plus beau de tout, c'est qu'il y a des familles entières qui veulent être jumelées avec des réfugiés. Je pense que c'est significatif [...] Les jumelages servent à mieux comprendre la société et ses enjeux en même temps d'amener les gens vers le français», précise Ivan Suaza en notant que les familles voulant favoriser l'intégration des réfugiés syriens sont dites de souche.

«Nous avons à Trois-Rivières seulement une famille syrienne qui est arrivée il y a longtemps et une autre qui est arrivée l'an dernier.»

Même si on ne connaît pas encore le nombre précis de réfugiés syriens qui arriveront à Trois-Rivières, le SANA poursuit sa préparation avec différents organismes, dont la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, la Ville de Trois-Rivières ainsi que le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-Centre-du-Québec.

La Ville de Trois-Rivières affirme par son porte-parole, Yvan Toutant, qu'elle fait confiance au SANA de Trois-Rivières pour mener à bien l'accueil des réfugiés ainsi que leur intégration.

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