Église Saint-Philippe: un chèque, mais pas d'expertise

Denis Despins... (Photo: Stéphane Lessard)

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Denis Despins

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Denis Despins se prépare à demander à la Cour supérieure un délai supplémentaire pour déposer un montant de 25 000 $ et remettre un rapport d'expertise concernant l'état du terrain de l'ancienne église Saint-Philippe. Mais il craint de voir sa requête être refusée et de perdre son terrain aux mains de la Ville de Trois-Rivières.

Le temps commence à manquer pour le président d'Excavation Ovila Despins. L'homme d'affaires a jusqu'à 14 h mardi, pour respecter les trois conditions imposées le 10 novembre par la juge Danielle Blondin afin de faire avancer le paiement des travaux de démolition de l'ancien temple catholique.

M. Despins plaide le fait qu'il ne voulait pas risquer de perdre son dépôt de 25 000 $ et les sommes nécessaires à la réalisation d'une expertise si jamais le paiement d'une somme de 150 000 $ avait tardé. Toutefois, la Ville de Trois-Rivières, confirme avoir reçu cette somme qui résulte d'une entente survenue le 29 octobre entre M. Despins et la fabrique Immaculée-Conception. «La Ville a reçu le chèque le 17 novembre», dit Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.

Denis Despins déclare avoir appris lundi matin l'arrivée de ce chèque à la Ville de Trois-Rivières. Il se demande pourquoi il n'a jamais reçu de la part de la Ville un document attestant ce fait et pourquoi il a fallu près de trois semaines pour que le versement soit effectué par un bureau de notaires de Montréal à l'attention de la Ville. «L'entente avec la fabrique date du 29 octobre. Me Guindon (Jean-Éric, le représentant de la fabrique Immaculée-Conception) m'a dit que le chèque devait partir de Montréal en quelques jours. Qu'est-ce qui se passe entre le 29 octobre et le 17 novembre? Il y a un problème là.»

M. Despins jure que s'il avait su plus tôt que le chèque de 155 000 $ avait été déposé à la Ville, il aurait respecté ses engagements. Mais à 24 heures d'avis, il lui est impossible de procéder aux tests de sol. « Il y a une clique qui travaille ensemble pour me nuire. Tout est arrangé. Je m'attends à perdre le terrain. Regardez comment la Ville travaille. Si elle est si transparente et si honnête, pourquoi elle n'a pas appelé les médias jeudi dernier quand elle a fait enlever du béton de mon terrain, sans ma permission? La Ville n'était pas en droit de nettoyer mon terrain.»

Les événements auxquels Denis Despins fait référence sont des travaux réalisés jeudi par le démolisseur embauché par la Ville de Trois-Rivières pour défaire l'église. Yvan Toutant précise que la Ville a voulu savoir ce qui était arrivé avec ce dossier après la publication d'un article dans Le Nouvelliste du 7 novembre. Cet article faisait état des recherches effectuées par Denis Despins sur son terrain, des recherches qui avaient permis de découvrir un impressionnant volume de béton enfoui dans le sol. «On a envoyé une copie du texte du Nouvelliste au démolisseur en lui demandant si c'était normal. On a convenu qu'il vienne faire une vérification. On a avisé l'avocat de M. Despins le 16 novembre qu'on allait faire des vérifications le 19 novembre et M. Despins n'a dit mot.»

M. Toutant ignore si le démolisseur a retiré des objets du terrain de Denis Despins. Pour le reste, les détails seront dévoilés en cour, précise le porte-parole de la Ville.

De son côté, Denis Despins raconte avoir en sa possession une vidéo captée par un résident du quartier. Selon lui, les images parlent d'elles-mêmes. «Ils ont sorti trois semi-remorques de béton. La fondation a été enlevée, probablement à la demande d'une compagnie qui veut bâtir là», présume Denis Despins, qui semble avoir hâte d'entendre la version de la Ville de Trois-Rivières concernant les détails des travaux effectués jeudi.

Trois-Rivières réclame plus de 430 000 $ à Excavation Ovila Despins en frais de démolition de l'église Saint-Philippe. En soustrayant la somme de 155 000 $, il reste environ 275 000 $ sur l'ardoise. La requête de prise en paiement déposée par la Ville de Trois-Rivières risque d'entraîner la saisie du terrain de Denis Despins par l'administration municipale qui pourra le vendre afin de récupérer de l'argent.

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