L'adoption de la politique laisse un goût amer

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (François Gervais)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'adoption d'une nouvelle politique de reconnaissance et de soutien aux organismes communautaires a reçu un accueil assez tiède lors de la dernière séance publique régulière du conseil municipal de Shawinigan. En fait, les responsables saluent l'ouverture de la Ville, mais ils sont moins impressionnés par le processus de rédaction, qui s'est terminé en queue de poisson.

En fait, les élus ont adopté cette politique sans même que la version finale ait été communiquée aux principaux concernés. Réjean Veillette, directeur de la Corporation de développement communautaire du Centre-de-la-Mauricie, s'est présenté au micro à la période de questions de la séance publique pour déplorer cette situation. Le maire, Michel Angers, n'a pas patiné longtemps.

«Je suis désolé sur ce point», a-t-il reconnu. «Effectivement, il n'y a pas eu de rencontre.»

La nouvelle Politique de reconnaissance et de soutien aux organismes - domaine vie communautaire- vise à uniformiser les critères pour qualifier ces organisations auprès de la Ville afin d'obtenir divers services. Le projet chemine depuis cinq ans, mais s'est particulièrement intensifié depuis 2014. L'adoption de ce document constituait donc une étape importante, d'où la déception du milieu d'avoir été écarté de la participation à la rédaction finale.

«Nous avions un comité de travail qui a produit une première version de la politique», explique M. Veillette. «Robert Desjardins (directeur du Service des loisirs, culture et vie communautaire à la Ville) l'a corrigée, puis a produit une deuxième version. À partir de ce moment, la CDC a été exclue du pseudo-comité de travail.»

Une troisième version a ensuite été présentée au conseil municipal. M. Veillette souhaitait être invité à cette occasion, mais il n'a jamais reçu d'appel. «Je n'ai pas su ce que les politiciens avaient demandé comme correction ou bonification de cette version», déplore le directeur. «J'ai fait des pressions et j'ai su dernièrement que la politique serait finalement adoptée au conseil municipal. Les membres de la CDC auraient aimé qu'elle soit présentée avant l'adoption, pour que ça représente davantage le milieu communautaire. Ça m'irrite un peu, qu'on adopte des choses sans avoir consulté le monde.»

«J'aurais souhaité qu'on revienne à la CDC pour qu'ils jettent un petit coup d'oeil», approuve M. Angers. «Je croyais que cette démarche avait été faite.»

Une rencontre d'information devrait tout de même être organisée avant les Fêtes, ce qui permettra aux principaux concernés de s'exprimer. M. Veillette souhaite que si des irritants surgissent, la politique puisse être modifiée en conséquence. La CDC du Centre-de-la-Mauricie regroupe 46 organismes.

Avantages

Cette politique ne vise pas à débloquer des sommes d'argent supplémentaires pour les organismes communautaires du territoire, précise M. Angers.

«C'est la cour du gouvernement du Québec. Ce n'est pas notre rôle», tranche-t-il, en précisant que l'aide financière exceptionnelle de 50 000 $ versée à la Tablée populaire, en 2013, représentait un «cas extrême».

La reconnaissance doit plutôt permettre à la Ville d'obtenir une liste exhaustive d'organisations avec qui elle pourrait conclure des ententes de partenariats, notamment en prêts d'équipements ou en services, sur la base de critères précis et non selon l'humeur du jour.

«Par exemple, les organismes reconnus pourraient bénéficier du programme d'assurance de l'Union des municipalités du Québec», illustre M. Veillette. «Ça ne coûte rien à la Ville!» Ou encore, favoriser l'hébergement d'un organisme dans des locaux municipaux à tarifs avantageux.

«Être reconnu, ce n'est pas quêter», résume le porte-parole. «C'est avoir accès à des services et reconnaître l'importance de notre mission.»

M. Veillette vient d'entreprendre l'étude de la version finale de la nouvelle politique. Dans la dernière qu'il avait pu consulter, un comité spécial de la CDC avait noté que la Ville imposait de nombreuses exigences, qui pouvaient décourager les responsables à soumettre la reconnaissance de leur organisation.

«Pour le moment, je ne peux pas encore dire si la politique a du sens ou non», déplore M. Veillette. Le verdict tombera après la rencontre d'information, dont la date reste à être déterminée.

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