«On envoie un message de solidarité»

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Une cinquantaine de personnes se sont réunies, dimanche à la place Pierre-Boucher de Trois-Rivières, pour souligner leur solidarité avec le peuple français à la suite des attentats du 13 novembre dernier.

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(Trois-Rivières) Alors que la poussière retombe tranquillement sur Paris, mais que l'état d'urgence est maintenu en France, alors que Bruxelles est en état d'alerte maximale, craignant l'imminence d'attaques terroristes sur son territoire, une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel lancé par l'Association France-Québec, dimanche à la place Pierre-Boucher de Trois-Rivières. Les participants ont ainsi clamé haut et fort leur solidarité envers le peuple français, mais ils ont également tenu à rappeler qu'ils se tenaient debout face à ceux qui prennent la démocratie à partie.

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Parisien d'origine, Daniel Ménager s'est dit très touché par le geste de solidarité posé par l'Association France-Québec de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Photo: Andréanne Lemire

Président du conseil exécutif de l'Association France-Québec de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Guy Julien a souligné l'importance de ne pas céder à la peur, malgré la violence des fusillades du 13 novembre à Paris.

«Aujourd'hui, on envoie un message de solidarité, de sympathie, on envoie nos voeux aux familles qui ont été frappées par ce drame. Mais aussi, on se rend compte que ces groupes-là [les terroristes] sont en train de briser la démocratie. La démocratie permet de penser, elle permet de parler, elle permet de dire, d'écrire. Alors lorsqu'on parle d'intégrisme, ça mine la démocratie. Et la démocratie, elle est importante, car elle est le lien entre les peuples, peu importe la religion, peu importe la culture. Alors si tu tues la démocratie, il n'y a plus rien», mentionne M. Julien.

«Le racisme, l'intolérance et l'intégrisme font partie des principales causes de ces conflits meurtriers et des attentats comme nous avons vus la semaine dernière à Paris», résume M. Julien.

À ses côtés, debout sous un drapeau français battant au vent, Daniel Ménager. Originaire de Paris, M. Ménager habite le secteur Saint-Louis-de-France depuis vingt ans. Pour lui, qui a servi sous le Tricolore durant la guerre d'Algérie, il importe que la France en particulier, l'occident en général, réagisse promptement aux attaques du 13 novembre. Car à ses yeux, si «les intégristes vous sentent faibles, ils se sentent forts.»

«Ça fait chaud au coeur, pour nous Français qui sommes attaqués, de voir que dans le monde entier tout le monde réagit, et surtout au Québec. Je me faisais un devoir d'être ici, car la France a été sérieusement attaquée», note-t-il d'emblée. Né dans le 18e arrondissement de la Ville lumière, l'homme ne mâche pas ses mots lorsqu'il commente l'attitude de sa mère patrie, qu'il juge trop mollasse. «Depuis Charlie Hebdo, le gouvernement français aurait pu se remuer», croit-il.

Faut-il donc répliquer aux armes avec des armes? Djemila Benhabib, présente dimanche, le croit fermement. D'abord venue pour poser «un geste de solidarité», l'intellectuelle est d'avis que le Canada pourrait gonfler davantage les muscles au sein de la coalition internationale qui pilonne actuellement l'État islamique en Irak et en Syrie. Loin de retirer ses F-18 du combat, comme souhaite le faire Justin Trudeau, Mme Benhabib pense plutôt qu'aux attaques du 13 novembre, le Canada doit riposter par la bouche de ses canons.

«Nous n'avons pas le choix de réagir à ce qui s'est passé, et non pas avec la lâcheté qui caractérise le gouvernement canadien. Il aurait fallu que le gouvernement canadien soit courageux. Courageux, ça veut dire mobiliser les avions que nous avons pour être solidaires de nos alliés, ceux-là même qui combattent dans les zones de guerre. Il y a une guerre qui a été ouverte contre nous, contre la démocratie, il faut la combattre», pense l'auteure de l'essai Des femmes au printemps.

«La meilleure réponse à la haine, c'est l'amour», a pour sa part mentionné l'étudiante Anysia Berembou, présidente de l'Association française des étudiants de l'Université du Québec à Trois-Rivières, avant d'entonner la Marseillaise, hymne national français.

Enfin, Guy Julien a profité de l'occasion pour lancer sur la place publique l'idée de commémorer la solidarité québécoise en appelant la société civile à un rassemblement annuel dans le cadre d'une journée de la solidarité qui pourrait se dérouler chaque automne.

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