Réfugiés syriens au Mont-Bénilde: projet controversé

La direction du Mont-Bénilde se montre disposée à... (Olivier Croteau)

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La direction du Mont-Bénilde se montre disposée à accueillir une centaine de réfugiés à l'ancienne école de Bécancour, «mais sur une base temporaire et non à long terme».

Olivier Croteau

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Le projet d'accueillir une centaine de réfugiés syriens au Mont-Bénilde vient à peine d'être évoqué par son gestionnaire que déjà, cette éventualité suscite la controverse parmi la population de Bécancour. À un point tel que le maire Jean-Guy Dubois a jugé nécessaire de rassurer ses citoyens sur le site de la Ville.

«Suite à la nouvelle indiquant que des réfugiés syriens pourraient être accueillis au Mont-Bénilde, une mise au point s'impose», écrit-il dans un message adressé à la population.

«À ce moment-ci, les propriétaires du Mont-Bénilde nous ont informés de l'offre qu'ils ont adressée aux autorités fédérales et provinciales concernées. Nous n'avons toutefois reçu aucun appel de qui que ce soit nous informant de quelque intention officielle», a-t-il tenu à faire savoir.

Le premier magistrat poursuit en écrivant qu'avant de prendre toute position, «il nous faut connaître tous les tenants et aboutissants de ce projet et vous comprendrez que nous ne poserons aucun geste précipité avant d'avoir bien compris et consulté nos citoyens».

«Entre-temps, nous vous invitons à faire vos commentaires par le biais d'un courriel à becancour@ville.becancour.qc.ca. Nous souhaitons recevoir des opinions constructives et articulées, et ce, de façon respectueuse. Vos courriels demeureront confidentiels», assure-t-il.

En entrevue, celui-ci reconnaît que le projet suscite deux genres de réaction extrême: les opposants à tout prix et les autres qui ouvrent leurs bras sans réserve.

«On a des questions à poser. On veut que les citoyens manifestent leur appui ou leur désaccord. On leur donne donc une place pour qu'ils puissent s'exprimer afin de ne pas avoir à prendre des décisions désincarnées», explique Jean-Guy Dubois.

Associé de près à la gestion du Mont-Bénilde, Jean-Guy Doucet avait fait savoir jeudi que l'ancienne école pourrait accueillir une centaine de réfugiés à Bécancour, «mais sur une base temporaire et non à long terme». L'offre a même été faite auprès des ministères de l'Immigration fédéral et provincial. Une offre que le premier magistrat de Trois-Rivières, Yves Lévesque, ne voit pas d'un mauvais oeil. D'autant plus que la cité de Laviolette est appelée à accueillir, définitivement cette fois, plusieurs réfugiés et familles de réfugiés syriens. «Le Mont-Bénilde c'est une bonne solution transitoire, c'est sûr et certain. Mais il faut aussi prendre en compte le nombre de gens qui y seront envoyés. Si très peu de réfugiés arrivent à la fois, c'est plus facile de les placer tout de suite à Trois-Rivières, mais s'ils sont plus nombreux à arriver en même temps, le Mont-Bénilde devient une solution très intéressante», note M. Lévesque.

Informé de la démarche du maire de Bécancour auprès de sa population, l'ancien président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec cachait mal son irritation. «Plutôt que de faire une consultation, il aurait été mieux de faire une rencontre d'information à la Ville, avec des spécialistes, ce que je vais lui suggérer pour rajuster le tir. Le rôle d'un maire, c'est d'être un leader d'opinion et non d'écouter le monde. Car des réfugiés, il n'y en aura pas partout et ce sera temporaire», tient-il à signaler.

Selon lui, le problème découle d'une question qui fut posée par quelqu'un sur Facebook, à savoir, «êtes-vous pour ou contre d'accueillir en masse des réfugiés syriens à Bécancour?» «On devrait expliquer les choses correctement. Mais si on part avec des mots clés...», soulève M. Doucet, rappelant qu'il s'agit de recevoir une centaine de personnes «qui sont dans la misère, sélectionnées là-bas, et qui ne sont pas des terroristes de France».

À son avis, la question qui devrait être soumise sur les réseaux sociaux pourrait plutôt ressembler à ceci: «Est-ce que les gens de Bécancour sont assez généreux pour accueillir de façon temporaire et dans des installations adéquates une centaine de réfugiés en attendant de les intégrer dans l'ensemble de la population de la Mauricie et du Centre-du-Québec avec les services sociaux adéquats?»

Quand on lui fait remarquer qu'un sondage CROP-La Presse confirme une opposition majoritaire des Québécois à l'arrivée massive de réfugiés syriens, M. Doucet explique les résultats par le type de question posée. «Et c'est en réaction à leur accueil rapide», avance-t-il comme autre explication.

D'ailleurs, même si les députés fédéral et provincial représentant Bécancour reconnaissent la qualité de l'emplacement proposé, Louis Plamondon, du Bloc québécois, s'est déjà dit en désaccord avec le fait de «presser le citron» tandis que Donald Martel, de la CAQ, affirme «qu'il faut s'assurer que ça ne se fasse pas dans la précipitation».

Avec la collaboration d'Olivier Gamelin

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