Le Mont-Bénilde prêt à recevoir une centaine de réfugiés

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Un Syrien tombe de fatigue avec son fils, sur l'île de Lesbos, en Grèce.

Associated Press

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Associé de près à la gestion du Mont-Bénilde, Jean-Guy Doucet a fait savoir jeudi que l'ancienne école pourrait accueillir une centaine de réfugiés à Bécancour, «mais sur une base temporaire et non à long terme». Bien reçue par les élus locaux, l'offre a même été faite auprès des ministères de l'Immigration fédéral et provincial.

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Le Mont-Bénilde pourrait accueillir temporairement une centaine de réfugiés au cours de l'hiver.

Olivier Croteau

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Jean-Guy Doucet est associé de près à la gestion du Mont-Bénilde, pour le compte du nouveau propriétaire des lieux, Steve Garceau.

Olivier Croteau

«On a tout ce qu'il faut comme installations physiques, toilettes, douches, bâtisse sécuritaire, cuisine, gymnase, grand terrain et tout ça, à l'écart», a fait savoir l'ancien président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, rappelant que les lieux avaient déjà abrité les Cadets de la Marine en plus de servir de pensionnat.

Du même souffle, il assure que le Mont-Bénilde va conserver sa vocation pour le grand public et que pour le propriétaire Steve Garceau, il n'est pas question de nuire à la location régulière. «On ne prendrait que deux dortoirs sur un total de 120 000 pieds carrés. On a de l'espace et même des bâtiments secondaires. On est capable de s'adapter aux besoins», précise M. Doucet.

Et alors que l'endroit a déjà eu une capacité d'accueil de 500 personnes, «il n'est pas question d'aller dans ces chiffres-là au niveau des réfugiés», s'empresse-t-il d'indiquer.

En attendant d'en savoir plus sur les détails de l'opération, la direction du Mont-Bénilde maintient les contacts avec les instances gouvernementales et le Service d'accueil des nouveaux arrivants de Trois-Rivières.

Pour Jean-Guy Doucet, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, tient un discours responsable. «On est capable de les accueillir. Je sais ce que ça veut dire nourrir et héberger, ayant été directeur général du Centre de réadaptation. C'est une opportunité qu'on offre, pour des considérations humanitaires. On a de l'honneur et du coeur pour recevoir correctement ces familles qui gèlent», soutient-il.

Pour sa part, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, ne voit pas de problème, «en principe», avec l'hébergement de réfugiés au Mont-Bénilde.

«C'est correct. Mais il y aura sûrement des obligations de la Ville. Je n'en sais rien de plus», a-t-il confié tout en avouant n'avoir aucune réponse, mais seulement des questions, entre autres, sur la logistique nécessaire et les services à offrir. Le premier magistrat se demande aussi comment les réfugiés seront-ils vêtus et par qui, «et qui va assurer le transport?».

De son côté, le député fédéral de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, a tenu à mentionner que le choix des emplacements pour accueillir les réfugiés était de juridiction provinciale. 

«Le Mont-Bénilde est un lieu très bien aménagé pour un passage transitoire. Ça se prête à ça. Toutes les commodités sont là. C'est propre et convenable. Je ne doute pas de la qualité de l'accueil, mais j'imagine que le gouvernement va faire ses devoirs au niveau de la sécurité», a affirmé celui qui se dit toutefois en désaccord avec le fait de «presser le citron».

Le représentant bloquiste est d'avis que l'accueil des réfugiés est préférable en région que dans les grands centres, avec leurs ghettos. «On doit s'assurer que la génération qui suit s'intègre car se sentant exclue, c'est elle le problème», croit-il.

Pour le député provincial de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, la région doit être prête à faire sa part. «Je lève mon chapeau devant l'initiative, mais il faut s'assurer que ça ne se fasse pas dans la précipitation», conclut celui qui souhaite que le gouvernement «s'assure des mesures de sécurité nécessaires».

Le directeur général du SANA Trois-Rivières, Ivan Suaza. ... (François Gervais) - image 2.0

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Le directeur général du SANA Trois-Rivières, Ivan Suaza. 

François Gervais

Une solution transitoire, estime le SANA

Héberger des réfugiés syriens au Mont-Bénilde est une bonne idée estime Ivan Suaza, le directeur général du directeur général du Service d'accueil aux nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières. Il s'agit d'une possibilité envisageable, dit-il, tant qu'il s'agit d'une solution d'hébergement transitoire, le temps de leur trouver des logements. «C'est une bonne idée pour de l'hébergement temporaire et transitoire. Il s'agit d'une option d'hébergement comparable aux bases militaires», affirme Ivan Suaza. «Nous considérons cette proposition. Elle est sur la table, car nous étudions toutes les possibilités présentement.»

Ne sachant pas combien de réfugiés viendront à Trois-Rivières ni quand ils arriveront, toutes les possibilités sont en effet étudiées par le SANA et ses partenaires. Ivan Suaza indique que son organisme se prépare à plusieurs éventualités.

Le directeur général du SANA ne croit toutefois pas qu'héberger les réfugiés syriens à un seul endroit engendrera leur ghettoïsation. «Rester quelques jours au Mont-Bénile n'entraînera pas la ghettoïsation. Il faut toutefois que ce soit une solution de transition.» 

Le SANA Trois-Rivières affirme de plus avoir une liste d'appartements potentiellement libres. «Un propriétaire de douze logements libres un peu partout à Trois-Rivières a même communiqué avec nous pour proposer ses appartements à des réfugiés», indique M. Suaza.

Avec Gabriel Delisle

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