Report de la grève du secteur public: «C'est pour montrer notre bonne foi»

Le front commun intersyndical du secteur public vient... (Olivier Croteau)

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Le front commun intersyndical du secteur public vient d'annoncer qu'il reporte sa grève générale de trois jours prévue pour les 1er, 2 et 3 décembre.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Les leaders syndicaux de la région membres du front commun affirment tous que la décision de reporter la grève de trois jours prévue les 1er, 2 et 3 décembre prochain est une démonstration de bonne foi à l'égard du gouvernement québécois. L'objectif du front commun est de démontrer son intention de négocier.

«On veut se donner de la place pour négocier. On se donne du temps», affirme Luc Vandal, président du Syndicat des enseignants du Collège Shawinigan.

«Le report de la grève démontre notre volonté de négocier. C'est pour montrer notre bonne foi», ajoute de son côté Denis Bastarache, le président du Syndicat du personnel professionnel de l'éducation du Coeur et du Centre-du-Québec affilié à la CSQ.  

La présidente du Syndicat de l'enseignement de la Mauricie affilié à la CSQ, Chantal Légaré, abonde dans le même sens que ses collègues. «Nous avons fait une contre-proposition, car nous voulons laisser une plus grande chance possible à la négociation de réussir», soutient-elle. «Les grèves ne sont pas annulées, elles sont en sursis. Nous sommes toujours prêts à les utiliser au besoin.» 

Il était trop tôt mercredi pour que les leaders syndicaux puissent connaître la réaction de leurs membres au sujet du report de la grève prévue au début du mois de décembre. Denis Bastarache estime toutefois que les réactions devraient être partagées. Si une partie des syndiqués seront soulagés de ce geste, d'autres seront en colère, sachant que les négociations n'avancent pas. 

Si les négociations n'avancent pas, pourquoi alors reporter la grève de trois jours? «On s'est posé la question», note Denis Bastarache. «On ne veut surtout pas donner la légitimité au gouvernement d'arriver avec une loi spéciale.»   

Le front commun a également de nouvelles demandes salariales. Les syndicats du secteur public souhaitent maintenant une augmentation d'au minimum 1 % pour protéger le pouvoir d'achat de leurs membres ainsi qu'un rattrapage de 1 % par année. De plus, une augmentation de 0,5 % est demandée si la croissance du produit intérieur brut (PIB) est supérieure à 1 %. Les syndiquées espèrent toujours un contrat de trois ans. 

Ces demandes divergent des précédentes. Auparavant, le front commun réclamait 4,5 % d'augmentation par année pendant trois ans. «Notre 4,5 % par année était tout à fait légitime. Il suivait l'inflation et le coût de la vie. Lorsqu'on suit l'inflation on ne s'enrichit pas, on ne fait que maintenir notre pouvoir d'achat», soutient Denis Bastarache.

«Des principes étaient établis dans ces demandes. Nous ne voulions pas que les employés du secteur public subissent de l'appauvrissement et qu'on puisse récupérer une portion du retard salarial des dernières années. Et les nouvelles demandes répondent en partie à ces principes», affirme Luc Vandal du Syndicat des enseignants du Collège Shawinigan. 

Le Conseil du trésor offre de son côté deux années de gel et trois années avec des augmentations de 1 % par année. Québec désire toujours un contrat de cinq ans.

«Nous avons fait un bon bout de chemin, ce que la partie patronale n'a pas fait», dénonce Chantal Légaré du Syndicat de l'enseignement de la Mauricie à la CSQ. 

Selon le président de la CSN du Coeur-du-Québec, Paul Lavergne, la population appuie les syndiqués du secteur public. Il n'hésite pas à qualifier ceci de «point tournant» dans les négociations. «Cet appui est très tangible. On dit au gouvernement ''prends ton temps'', car on souhaite tous avant Noël avoir une entente négociée», dit-il.

«Le gouvernement a eu la volonté très rapidement de donner 1,3 milliard $ à Bombardier, une entreprise qui a 500 millions $ dans les paradis fiscaux et qui ne paye pas ses impôts au Québec. Quand tu as une vraie volonté, il y a des moyens de faire de quoi.»

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