Impuissance, tristesse, peur: un mélange d'émotions pour des étudiants français

Cindy Gaio et Souhila Boutih tentent de garder... (Audrey Tremblay)

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Cindy Gaio et Souhila Boutih tentent de garder le sourire malgré les tragiques événements. Elles seront en sol latuquois jusqu'à la fin du mois.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) La planète a eu les yeux rivés sur la France dans la dernière semaine. À La Tuque, les attentats de Paris ont été vécus de façon particulièrement intense par les cinq stagiaires français de l'École forestière. Impuissance, tristesse, peur, c'est tout un mélange d'émotions qu'ils éprouvent. À une dizaine de jours de leur retour dans leur pays, les inquiétudes se font de plus en plus sentir. Deux jeunes femmes du groupe ont accepté de rencontrer Le Nouvelliste.

«On l'a mal digéré. On l'a très mal vécu le jour même, mais heureusement tout le monde va bien. C'est difficile d'être ici quand on sait que tous nos proches sont en France», soutient Cindy Gaio. 

Cette dernière a appris les événements tragiques aux informations alors que tout le groupe de stagiaires assistait à une réunion hebdomadaire.

«Nous avons été très choqués. Nous avons appelé nos familles et nos amis pour nous assurer que tout allait bien. Ce qui s'est passé, c'est passé, mais c'est ce qui peut encore arriver qui fait peur. J'aime bien La Tuque, mais je suis pressée de rentrer. On s'inquiète», mentionne la jeune femme de 22 ans.

«C'est triste, on a commencé l'année comme ça et on finit l'année comme ça», note sa collègue, Souhila Boutih qui habite en banlieue de Paris.

Cette dernière a d'ailleurs souligné que le regard vis-à-vis les musulmans a beaucoup changé depuis l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier dernier.

«Un terroriste, c'est un terroriste. Quand ils disent que les terroristes sont musulmans, ils attaquent tous les musulmans. Je le suis, et je ne suis pas comme ça. Le terroriste, il n'a pas de coeur et ça ne lui fait rien de tuer des gens. Après Charlie Hebdo, les gens nous regardaient de travers. Ça s'est calmé un peu et là ça revient», lance-t-elle.

«Le terrorisme c'est une maladie», ajoute Cindy Gaio.

Les deux stagiaires considèrent toutefois que leur présence au Canada leur a fait voir les événements d'un autre oeil, mais leur a surtout permis de constater toute la solidarité du pays à leur endroit.

«Le fait qu'on soit ici nous fait prendre un peu plus de recul par rapport à ceux qui vivent à la minute même. On le voit d'un autre oeil. On ressent bien la présence du Canada pour nous. C'est rassurant de savoir que nous ne sommes pas seuls. C'est très touchant», confie Mme Gaio.

À l'approche de leur retour en France, les inquiétudes sont de plus en plus grandes, mais l'envie de revoir les proches aussi.

«C'est certain qu'avec tout ce qu'on entend, ça fait peur», confirme Cindy Gaio.

Entre-temps, les deux étudiantes françaises devront terminer leur stage en sol latuquois. Au total, ils sont cinq étudiants de la France à avoir joint les rangs de l'École forestière de La Tuque (ÉFLT) à titre d'élèves du groupe d'insertion socioprofessionnelle (ISP) de la Formation générale aux adultes. 

«Nous avons été dépaysés en arrivant! [...] C'est apaisant ici. Il n'y a pas de bruit. C'est un peu campagnard», témoigne Mme Gaio.

«À Montréal, ça allait. Ici c'est très différent! Même la mentalité, ici quand on marche dans la rue, les gens nous saluent. À Paris, ce n'est pas le cas», ajoute Souhila Boutih.

Les élèves sont en stage jusqu'au 27 novembre afin de confirmer leur choix professionnel. Outre l'ÉFLT, le Complexe culturel Félix-Leclerc, la Clinique vétérinaire Méliblack, le Centre d'amitié autochtone de La Tuque et la Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice ont accepté d'accueillir un stagiaire. 

«Les élèves sont en stage 35 heures par semaine, selon un horaire établi avec l'employeur. Évidemment, ces jeunes auront aussi la chance de participer à diverses activités leur permettant de découvrir La Tuque», explique Véronique St-Gelais, enseignante en ISP à l'ÉFLT et responsable du projet à La Tuque.

«Notre participation à ce projet permet non seulement à ces élèves d'acquérir une expérience personnelle et professionnelle gagnante pour l'atteinte de leur objectif, mais elle permet aussi aux élèves actuels de l'ÉFLT d'échanger avec eux et de connaître d'autres réalités», ajoute le directeur Gilles Renaud.

La semaine dernière, les stagiaires français ont été reçus officiellement par les élus de Ville de La Tuque. Ils ont eu droit à une présentation sur la ville.

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