Les terroristes de l'État islamique sont des lâches, affirme Marwan Shédid

«Les djihadistes [de l'État islamique] trahissent l'islam, leur... (François Gervais)

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«Les djihadistes [de l'État islamique] trahissent l'islam, leur pays et ils trahissent le monde entier. [...] Il y a un milliard et demi de musulmans sur la Terre qui sont très touchés. C'est blessant pour nous aussi. [...] Les gens ont peur.» - Marwan Shédid, président du Centre culturel islamique de la Mauricie.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Marwan Shédid n'est pas tendre à l'endroit des djihadistes du groupe armé État islamique, ces «lâches» qui ont perpétré les attentats de Paris et de nombreuses d'autres atrocités. L'artiste peintre et commerçant trifluvien, qui est aussi le président du Centre culturel islamique de la Mauricie, estime que ces tueurs qui agissent au nom d'Allah pervertissent et trahissent l'Islam.

«Ce qui est arrivé en France, ce n'est pas acceptable. Pas du tout... pas du tout. Ces djihadistes sont comme les fascistes», affirme le Trifluvien d'origine égyptienne établi au Québec depuis près de 45 ans, visiblement toujours affecté par les événements de Paris.

«Les djihadistes [de l'État islamique] trahissent l'islam, leur pays et ils trahissent le monde entier. [...] Il y a un milliard et demi de musulmans sur la Terre qui sont très touchés. C'est blessant pour nous aussi. [...] Les gens ont peur.»

Marwan Shédid se dit attristé de la mort de tant de victimes innocentes. Il note avec justesse que ceux qu'il n'hésite pas à qualifier de lâches sont entrés dans la salle de spectacle du Bataclan et ont tiré bien des victimes dans le dos, tuant sans distinction d'origine ou de religion. 

«On entend dans les nouvelles le nom des victimes. Une s'appelle Djamila, un autre Amir. Arabes, Anglais ou Juifs, ils ne font pas de différence. C'est une fausse idée de l'Islam. On n'a pas besoin de ça. On n'a pas besoin de leur enseignement de la religion», estime-t-il. «Des jeunes embarquent dans ce groupe en pensant qu'ils vont sauver l'islam. Ils ne sauvent pas l'islam, pas du tout. Ils nuisent à l'islam.» 

À ce sujet, le président du Centre culturel islamique de la Mauricie dénonce ces imams radicaux qui séduisent, ici ou ailleurs, les jeunes vulnérables et en colère contre les injustices des sociétés ou des conflits armés avec comme objectif de les enrôler dans le djihad. «C'est très mauvais. Ce ne sont pas des imams ça. Ils exploitent toujours les gens vulnérables.»

L'artiste et commerçant dont la galerie est établie sur la rue des Forges au centre-ville soutient que la communauté musulmane trifluvienne - cette communauté compte quelques centaines de personnes dont plusieurs fréquentent l'Université du Québec à Trois-Rivières - partage sa vision de la situation. 

«La communauté arabe à Trois-Rivières est composée de beaucoup d'étudiants, de professeurs, de médecins et vraiment, personne n'est content», avoue M. Shédid qui craint dans une certaine mesure que les Québécois associent musulmans et terroristes. «Les musulmans sont aussi les victimes des terroristes.»

Les médias ont, selon M. Shédid, un rôle d'éducation citoyenne afin de bien expliquer à la population que les musulmans ne sont pas synonymes de terroristes. Il croit que si des gens font ce raccourci intellectuel, c'est en raison de leur méconnaissance des conflits qui ont cours au Moyen-Orient et de leur complexité. 

Quelques jours après les attentats de Paris, Marwan Shédid est toujours sans nouvelles d'amis parisiens. Ceux-ci n'ont d'ailleurs toujours pas répondu à un courriel envoyé à la suite des événements de vendredi. Une situation qui l'inquiète. «Je suis très attaché aux gens du Québec et de la France. Chaque fois que je vais en Égypte avec ma conjointe [une Québécoise], nous passons une semaine en France. Nous y étions il y a un an à la même date», précise M. Shédid.

Marwan Shédid n'a jamais regretté son choix de s'établir au Québec, ou plus particulièrement à Trois-Rivières. Il avoue y apprécier la tranquillité, mais aussi le sentiment de sécurité qui règne dans cette communauté. «On est bien ici. Nous sommes en sécurité et on peut travailler. C'est toujours agréable ici au Québec», souligne-t-il.  

L'homme souhaite que la population se montre aussi accueillante avec les réfugiés syriens qu'ils l'ont été avec lui. M. Shédid rappelle que la population de la région a ouvert ses bras dans le passé aux réfugiés de la Bosnie, du Kosovo et de la Colombie. 

Toutefois, M. Shédid comprend les préoccupations des citoyens en ce qui concerne la sécurité. «C'est possible que des djihadistes soient parmi les réfugiés. On ne peut pas savoir ce qui se passe dans la tête des autres. Mais ce n'est jamais arrivé avant, lors des précédentes vagues de réfugiés», note-t-il.

Les membres de la communauté musulmane favoriseront, estime Marwan Shédid, l'intégration des réfugiés syriens qui, après tout, fuient une terrible guerre civile qui fait rage depuis 2011 et qui a créé un terreau fertile pour le groupe armé État islamique. Les nombreux arabophones de cette communauté pourront aider les réfugiés notamment dans les premiers moments de leur nouvelle vie.

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