Attentats de Paris: la région solidaire

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Les élèves de l'école secondaire des Pionniers ont tenu une vigile mardi matin pour exprimer leur compassion envers le peuple français.

Olivier Croteau

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Sur les 1575 élèves qui fréquentent l'école secondaire des Pionniers à Trois-Rivières, 210 proviennent de 43 pays. Les répercussions de l'actualité internationale prennent un sens accru dans ce milieu multiculturel réunissant des adolescents en pleine construction de leur identité.

Mardi matin, une vigile s'est tenue sur la place d'accueil de l'école pour que les élèves puissent exprimer leur compassion envers les tragiques événements qui ont bouleversé Paris - et le monde - vendredi.

Océane Meurot, dont une amie d'enfance a perdu... (Olivier Croteau) - image 3.0

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Océane Meurot, dont une amie d'enfance a perdu sa tante et ses cousins dans les attentats de Paris, était particulièrement émue lors de la vigile.

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Charlélie Trépanier-Cossette, du comité d'Amnistie internationale des Pionniers.... (Olivier Croteau) - image 3.1

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Charlélie Trépanier-Cossette, du comité d'Amnistie internationale des Pionniers.

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À l'heure de la récréation, les élèves étaient invités à inscrire des messages de paix et de solidarité sur des cartons qui constitueront une banderole à envoyer au Consulat de France. «Nous sommes de tout coeur avec vous», «Gardez courage» et «Restez forts» sont quelques-uns des messages notés par les jeunes sur la banderole. Les adolescents pouvaient aussi allumer l'une des bougies qui composaient un grand symbole de paix sur le plancher de la place centrale. Une minute de silence a aussi été observée.

Certains élèves se sont montrés plus émus que d'autres, comme Océane Meurot, dont une amie d'enfance a perdu sa tante et ses cousins dans les attentats de Paris. Que souhaite-t-elle transmettre, comme message, à travers l'activité de vigile à son école? «Que ça arrête tout ce genre de choses. La violence ne résout rien», répond l'élève d'origine française, qui se dit très touchée par la solidarité démontrée par ses condisciples des Pionniers.

La directrice de l'école secondaire des Pionniers, Johanne... (Olivier Croteau) - image 4.0

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La directrice de l'école secondaire des Pionniers, Johanne Alarie.

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Sur les 1575 élèves qui fréquentent l'école secondaire des... (Olivier Croteau) - image 4.1

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«On a des jeunes qui sont de toutes les communautés. À chaque fois qu'il y a un événement d'actualité internationale, on est sensible à cet effet-là parce qu'on sait qu'on a des élèves qui peuvent venir de ces pays-là, et qui peuvent être touchés soit par de la famille ou soit personnellement», indique la directrice de l'école, Johanne Alarie, en commentant l'importance de la tenue d'une activité comme celle de mardi matin.

Mme Alarie observe que les élèves de son école sont particulièrement sensibilisés à ce qui touche l'international et l'humanitaire. Elle fait remarquer que le comité Amnistie internationale est particulièrement actif dans son établissement. Un de ses représentants, Charlélie Trépanier-Cossette, parlait d'ailleurs avec passion des valeurs défendues par l'organisme, et au-delà du drame qui a touché la France vendredi.

«On a tenu une minute de silence tantôt, mais si on comptait toutes les atrocités faites dans le monde, on serait tout le temps en silence. De conscientiser pour ce qui est arrivé à Paris c'est bien, mais il faut conscientiser par rapport à ce qui est arrivé en Syrie...», indique le jeune homme qui milite également pour l'accueil des 25 000 réfugiés syriens promis par le premier ministre Justin Trudeau d'ici la fin de l'année.

«Après ce qui s'est passé vendredi, mes amis et moi on a eu beaucoup de débats enflammés. Je pense que tout le monde veut sauver les gens, tout le monde veut sauver les 25 000 personnes qu'on invite ici. Mais les gens se posent des questions. À Amnistie internationale, on va essayer de déceler les préjugés et de montrer que ce n'est pas vrai, que c'est une haine qu'il ne faut pas développer», indique Charlélie.

L'élève considère que la diversité est une richesse, et il apprécie la mosaïque culturelle qu'il a découverte quand il est arrivé à l'école des Pionniers après en avoir fréquenté une autre. Il croit que l'accueil de nouveaux arrivants «c'est quelque chose qui va nous aider dans notre économie, dans notre culture et notre vie de tous les jours».

L'école des Pionniers accueille les élèves de niveau secondaire qui doivent suivre un processus de francisation avant d'intégrer les classes régulières. Les jeunes réfugiés syriens de niveau secondaire qui arriveraient à Trois-Rivières passeraient nécessairement par l'école des Pionniers.

La directrice rappelle que le milieu est habitué de recevoir ces jeunes provenant de partout. Mais l'incertitude quant au nombre d'adolescents qui arriveront rend la planification plus difficile. «On a la très belle collaboration du SANA (Service d'aide aux nouveaux arrivants), qui nous aide ne serait-ce que pour faire l'inscription des élèves, et gérer les difficultés que ça peut sous-tendre, un élèves qui ne parle pas français et les parents qui ne parlent pas français», note Mme Alarie.

Pour ce qui est de l'ouverture des élèves à l'accueil d'un potentiellement grand nombre de Syriens, la directrice n'est pas inquiète.

«On a plus de 200 élèves qui viennent d'une quarantaine de communautés. Le slogan de l'école c'est Une école ouverte sur le milieu, ouverte sur le monde. Les activités de l'école sont toujours en lien avec l'ouverture d'esprit, la compassion...  Nos élèves sont très prêts à recevoir d'autres élèves de d'autres cultures encore une fois.»

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