«Pas réaliste», dit la ministre Weil

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

La promesse d'accueillir 25 000 réfugiés syriens avant la fin de l'année ne tient tout simplement pas la route, selon la ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil.

«Ce n'est pas réaliste», a-t-elle laissé tomber lundi à l'issue d'une conférence de presse au cours de laquelle elle a fait le point sur le nombre de réfugiés que le Québec prévoit accueillir et pour rassurer la population face aux nombreuses craintes exprimées en matière de sécurité. «Chaque semaine, il y en a qui entrent. Maintenant, 25 000 d'ici la fin de l'année... Je ne peux pas parler pour les autres provinces, mais je peux parler pour le Québec. Nous, on émet des certificats de sélection du Québec, il y a tout un processus», a fait valoir la ministre, imputant l'ambitieuse promesse à la surenchère d'une longue campagne électorale.

«C'était en campagne électorale qu'ils ont évoqué le 25 000, mais ç'a quand même lancé un message de ralliement», a-t-elle avancé pour tenter de justifier le tout.

Outre la longueur du processus, Kathleen Weil a invoqué les considérations de sécurité qui s'appliquent à ce cas précis. «Depuis les tragiques événements de Paris, les Québécois entretiennent des inquiétudes légitimes au chapitre des enjeux liés à la sécurité», a-t-elle reconnu. «Aucun compromis ne sera fait sur les vérifications de sécurité», a déclaré Mme Weil, revenant à quelques reprises sur cette question pour dire qu'on ne précipiterait pas les événements. «Le Québec adoptera un rythme d'accueil qui sera compatible avec les impératifs de sécurité et notre capacité d'accueil. (...) L'arrivée des réfugiés syriens se fera de façon sécuritaire, contrôlée et organisée», a martelé la ministre.

De passage à Sherbrooke, le premier ministre Philippe Couillard abondait dans le même sens. «On va toujours faire les vérifications de sécurité auxquelles la population s'attend, c'est normal», a déclaré le premier ministre tout en rappelant que l'accueil est tout aussi important pour le Québec que la sécurité. «Il faut qu'on demeure une sécurité accueillante», a-t-il dit.

Selon M. Couillard, on étudie une panoplie d'options pour préparer cet accueil, dont des bases militaires dans un premier temps, mais pas uniquement cela. «On regarde toutes les options possibles. On veut que ces gens-là soient bien logés, quand même, de façon digne et qui les amène rapidement vers l'insertion dans notre société», a-t-il dit.

M. Couillard a ajouté qu'il faudra également gérer les questions de scolarisation, de francisation, d'accès à l'emploi et ainsi de suite.

Débat d'urgence réclamé

Pendant ce temps, le chef de l'opposition péquiste, Pierre Karl Péladeau, a demandé au premier ministre Couillard de convoquer un débat d'urgence, estimant que trop de questions demeurent sans réponse. «Les Québécois sont ouverts à l'accueil des réfugiés», a soutenu M. Péladeau, tout en ajoutant que la démarche devait se faire dans le cadre d'une «discussion transparente et non partisane».

«Le gouvernement du Québec doit s'assurer que les conditions d'accueil sauront être en mesure de respecter les critères élémentaires de réconfort, d'humanité et bien sûr de sécurité. Ces éléments fondamentaux restent aujourd'hui sans réponse», a indiqué le chef péquiste.

M. Péladeau n'a pas caché, cependant, que la question sécuritaire, si elle préoccupait déjà le PQ, présentait une dimension nouvelle à la lumière des attentats de Paris. «Nous ne pouvons faire l'économie, évidemment, de ce drame qui s'est produit à Paris. En même temps, je dois vous avouer que nous avions, au Parti québécois et au caucus, de très sérieuses interrogations», a-t-il dit.

Responsabilité fédérale

En vertu de l'entente fédérale-provinciale en matière d'immigration, le Québec assume normalement 23 % des réfugiés admis au pays, ce qui représente dans le cas des Syriens 5750 personnes. Or, le 7 septembre dernier, Québec avait déjà accepté d'ajouter 2450 réfugiés syriens aux quelque 1200 prévus dans les objectifs 2015 de la province, pour un total de 3650. La décision d'Ottawa vient donc ajouter 2100 personnes à ce total pour atteindre les 5750 promis.

La ministre Weil réclame donc d'Ottawa les sommes additionnelles requises pour absorber cet ajout. «Le Québec est prêt à faire sa part, comme il l'a toujours fait, mais le financement lié aux réfugiés syriens supplémentaires à ce qui était prévu à notre planification devrait être assumé par le gouvernement fédéral», a déclaré Mme Weil. «L'argent sera au rendez-vous», a renchéri le premier ministre Couillard, précisant lui aussi que c'est le trésor fédéral qui devait être mis à contribution en matière d'accueil de réfugiés. Il a cependant fait état d'une somme de 29 millions $ qui était associée au premier contingent de 3650 réfugiés et qui ne comprend donc pas les 2100 autres que la promesse fédérale y ajouterait.

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