Une famille trifluvienne était en plein coeur des attaques

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «On a choisi le quartier de la Bastille pour sa jeunesse, parce qu'il y a de la vie, parce que c'est un quartier agréable où on célèbre. Ils ont ciblé ce quartier, car ils visaient à nous montrer que cette innocence, comme Occidentaux, ils veulent nous l'enlever. Aller boire un verre, aller au cinéma, on a pleine liberté. C'est ça qu'ils sont allés toucher.»

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Denis Leroux, Lyne Cloutier et leurs fils Maxime et Simon profitent de leur séjour de cinq mois à Paris pour visiter différents pays et pour voir certains attraits touristiques comme la tour Eiffel

De son logement parisien du11e arrondissement, Lyne Cloutier a vécu de près les attentats terroristes de vendredi. Mme Cloutier séjourne à Paris avec son conjoint Denis Leroux depuis août en raison de leurs occupations professionnelles. Ces deux professeurs à l'UQTR ont amené leurs deux adolescents afin de combiner leurs travaux de recherche à la vie de famille dans le but de vivre à fond l'expérience européenne durant cinq mois.

Ils ont aménagé dans un logement de la rue Keller, à quelques jets de pierre des actes terroristes. Le Bataclan, salle de spectacles où des dizaines de personnes ont été tuées, est situé à un peu plus d'un kilomètre de la résidence de la famille Cloutier-Leroux. Le bar La Belle Équipe, où 19 personnes ont péri sous les balles, se trouve à moins de 700 mètres.

La famille Cloutier-Leroux a suivi les recommandations des autorités et est demeurée en sécurité dans son logement. Cris et larmes ont meublé l'espace sonore durant cette soirée parsemée de bruits de détonation bien sentis et de retentissantes sirènes des services d'urgence.

«Il y a 20 ans, j'ai fait un premier séjour en France, à Toulouse. Il y a eu des attentats en 1995. Je n'aurais jamais imaginé un autre attentat 20 ans plus tard», déclare Mme Cloutier, lors d'une entrevue accordée lundi en fin d'avant-midi.

La façon de procéder des terroristes, qui ont tiré à plusieurs endroits, a attiré l'attention de Denis Leroux.

«Pour l'attentat du Charlie Hebdo, on se disait que c'était un événement isolé. C'était des représailles. Mais dans ce cas, ils ciblaient n'importe qui dans des lieux de rassemblement. Ce n'était pas du tout la même démarche.»

Aux lendemains des attentats, la famille a refait le chemin qui mène à l'école avec le plus jeune des enfants. Des trous de balle dans les murs et dans les vitrines témoignaient de la violence du passage de ces terroristes à quelques pas de sa demeure.

«Quelque chose m'a frappé quand j'ai vu les trous de balle, continue M. Leroux. Je voyais l'intensité que ça a pris. Quand on a analyse tout ça, ils étaient huit. Deux au stade de France (qui se sont fait exploser) et six qui ont tué 134 personnes et blessé350 personnes. Ils étaient extrêmement déterminés. Il y avait beaucoup de rage.»

Le silence qui régnait samedi dans cet arrondissement situé entre la place de la Bastille et le cimetière du Père-Lachaise est venu mettre en sourdine la vie joyeuse de ce quartier animé de jour comme de soir.

«C'était un silence assourdissant, ajoute Mme Cloutier. On est allé faire des courses et se renseigner à la mairie. Et en montant la rue, c'était comme si on était à Trois-Rivières: on n'entendait rien! Le trajet pour aller de la maison à Keranna (l'école secondaire fréquentée par les deux enfants du couple) sera plus tranquille que celui qu'on fait depuis la rue Charonne.»

La famille a observé que depuis les événements, les Parisiens se comportent moins de façon individualiste lorsqu'ils se retrouvent, par exemple, dans le bus pour se rendre au travail. Les enfants étaient d'ailleurs de retour à l'école, lundi, et le travail était à l'horaire des parents.

Loin d'être insensibles à tout ce qui s'est passé, Lyne Cloutier et Denis Leroux ont l'intention de profiter pleinement de leur séjour qui prendra fin dans quelques semaines.

«L'expérience de Paris, c'est des dizaines de belles expériences, confie Mme Cloutier. Ça ne se résumera pas aux attentats. Mais on va revenir à Trois-Rivières avec grand plaisir, On ne sait pas combien on est chanceux au Canada d'avoir la liberté dont on bénéficie.»

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