6e édition du Mini-Défi: «L'important, c'est de s'amuser»

Le jeune André Lupien en a impressionné plus... (Photo: Olivier Croteau)

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Le jeune André Lupien en a impressionné plus d'un lors du défi de la course à pied.

Photo: Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) La fierté était palpable dans les petits yeux brillants des jeunes athlètes qui ont participé à la 6e édition du Mini-Défi, samedi, au CAPS de l'UQTR. Plus de 80 jeunes âgés de 5 à 21 ans qui, malgré leurs limitations fonctionnelles, ont dépassé leurs limites dans le cadre d'activités sportives adaptées. Une année record en terme d'inscriptions, un record qui promet de belles années à venir.

Notons d'emblée que le Mini-Défi réunit des jeunes de Trois-Rivières, Shawinigan, Victoriaville et Drummondville ayant une déficience motrice, visuelle ou auditive. Il s'agit d'une occasion unique en région de démontrer que l'activité physique est également possible lorsqu'on est atteint d'un handicap. Le Mini-Défi permet ainsi aux athlètes en herbe de faire du sport avec d'autres enfants qui vivent avec les mêmes limitations. Une activité très valorisante et pour les jeunes, et pour les quelques 200 parents venus les applaudir samedi. Au menu de cette 6e édition: course à pied, en marchette ou en fauteuil roulant, lancer du poids, saut sans élan, parcours à obstacles, boccia et circuit en fauteuil roulant manuel et motorisé.

«Le Mini-Défi est un levier pour favoriser l'épanouissement, l'intégration et la participation sociale des jeunes ayant une déficience physique», note d'emblée la directrice générale adjointe aux programmes sociaux et de réadaptation du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), Lyne Girard.

Un objectif très bien assimilé par le jeune André Lupien, qui aura 7 ans en décembre prochain et qui vit au quotidien avec une arthrogrypose, un handicap qui s'attaque aux tendons, particulièrement aux pieds, aux mains et à la mâchoire. Qu'à cela ne tienne, lorsqu'il sera grand, André veut devenir ingénieur, mais qui plus est un ingénieur qui pratique...la course à pied. En compagnie de son père, André chausse régulièrement ses espadrilles pour avaler des kilomètres d'asphalte. «Courir, c'est ma passion», lance-t-il d'emblée avant de s'installer sur la ligne de départ. «Je voudrais faire ça lorsque je serai plus grand, mais j'aime mieux devenir ingénieur. Je veux devenir un ingénieur qui court et qui fabrique des robots», renchérit-il en cachant mal ses ambitions. Et qu'il gagne ou non à la ligne d'arrivée, André se montre philosophe. «L'important, c'est de s'amuser», précise-t-il, en rappelant au plus grand nombre qu'il réussit très bien à l'école, précisément en mathématiques.

Samedi, le jeune athlète débordait d'enthousiasme, à l'instar de sa mère et de sa famille venus pour l'encourager. «Ça me va droit au coeur d'amener André ici pour participer au Mini-Défi», mentionne sa mère, Kokoe Sodzine Ayitey. «Cette activité lui donne de la confiance en soi et lui rappelle qu'il n'est pas seul dans son cas. Lorsqu'il va à l'école, ce n'est pas toujours évident parce qu'il se retrouve dans un milieu où les enfants sont moins différents que lui. Il peut parfois se sentir mal à l'aise. Quand on se retrouve ici, André est davantage dans son monde à lui. Ça lui donne de la force et ça l'encourage. Ce n'est pas parce qu'on est différent qu'on ne peut pas relever des défis», soutient Mme Ayitey.

Avec l'organisation de ce Mini-Défi, le CIUSSS MCQ espère sensibiliser non seulement les enfants à l'importance de l'activité physique, mais également leurs parents et la population en général. Pour la physiothérapeute Nicole Bellerose, cette activité est un prétexte en or pour rappeler que bouger, sauter, courir, nager, danser, procure une kyrielle de bienfaits, et ce que l'on doive composer avec une limitation fonctionnelle ou non.

«On veut faire réaliser à nos jeunes qu'ils peuvent bouger, malgré leurs limitations. On veut également faire réaliser aux parents que leurs enfants peuvent bouger et qu'ils peuvent faire du sport. Enfin, on veut rappeler à la population et aux organismes sportifs qu'on existe. Oui, notre clientèle a des limitations, mais malgré tout, elle peut intégrer les clubs sportifs. Car oui, on peut faire des sports, différemment, mais on peut en faire. C'est très important pour notre clientièle de faire de l'activité physique. Pourquoi? Pour le bien-être physique, pour l'intégration sociale, pour l'estime de soi et la valorisation. Dans le fond, tous les impacts positifs du sport en général», conclut Mme Bellerose.

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