Le programme Objectif emploi critiqué

Sam Hamad... (Le Soleil)

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Sam Hamad

Le Soleil

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(Sainte-Geneviève-de-Batiscan) «Est-ce qu'on peut accepter de laisser tomber nos jeunes dans la pauvreté et la tristesse?» Ainsi se questionnait le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, lorsqu'il a fait part de sa volonté de créer le programme Objectif emploi qui obligerait les prestataires à travailler, voire à participer à des séances d'aide à l'emploi. Un programme que le Mouvement d'action solidaire des Sans-Emploi des Chenaux (MASSE) et le Fonds communautaire des Chenaux remettent en question.

Selon les deux organismes régionaux, le programme Objectif emploi propose «une approche punitive qui va assurément laisser des jeunes et des nouveaux prestataires dans la pauvreté et la tristesse à tout jamais, en coupant de moitié leurs prestations d'aide sociale», note-t-on par voie de communiqué.

De l'avis des deux regroupements communautaires, tous les prestataires ne sont pas aptes à retourner sur le marché du travail. Plusieurs doivent vivre avec des contraintes physiques, psychologiques, des difficultés parfois non reconnues et parfois difficile à détecter. «Les personnes touchées par ces situations seraient quand même obligées de participer au programme Objectif emploi, sinon leur aide sociale serait coupée jusqu'à la moitié. Elles feraient donc face à un échec prévisible», écrit-on.

Ainsi, même si les deux organisations se disent favorables à l'établissement de mesures d'aide à l'emploi, elles reçoivent avec «froideur» l'annonce du ministre Hamad. «Nous croyons à l'impact et à l'efficacité des mesures d'aide à l'emploi qui seraient adaptées aux réalités de chaque personne. Il est difficile, avec des êtres humains ayant des vécus différents, de dire qu'après un temps identique, ils seraient tous prêts en même temps à retourner à l'emploi. Il faudrait avoir le souci de respecter le rythme de chacun.»

C'est pourquoi le MASSE et le Fonds communautaire des Chenaux demandent au gouvernement d'adopter non pas une approche coercitive, mais plutôt «humaine et respectueuse.»

«Quand on traite quelqu'un avec respect et humanisme, il est rare qu'il ne nous est pas reconnaissant parce qu'il se sent généralement mieux. À l'inverse, si le gouvernement manque de respect et d'humanisme envers les personnes qu'il dit vouloir aider, il se peut qu'il perde la collaboration de celles-ci et qu'elles soient plus réticentes à contribuer à la société», conclut Geneviève Paré, directrice du Fonds communautaire des Chenaux.

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