CAQ:  de nombreuses rondes constitutionnelles

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François Legault, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

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La Presse Canadienne

Un gouvernement caquiste s'engagerait dans de nombreuses rondes de négociations constitutionnelles en y présentant une longue liste de doléances, à la fois sur la langue, la culture, le contrôle du pouvoir fédéral de dépenser, le droit de veto du Québec, la reconnaissance du Québec comme nation, l'abolition ou la réforme du Sénat et de la fonction du lieutenant-gouverneur, entre autres.

Au total, la CAQ demande au fédéral de lui transférer 15 ou 16 milliards $ en points d'impôts et en financement pour accompagner ses nouvelles compétences. Le chef du parti, François Legault, estime que ce pari est «réaliste» et qu'Ottawa ne pourra dire non à un Québec qui deviendrait plus riche, affranchi de la péréquation.

La Coalition avenir Québec a présenté, dimanche, à son conseil général à Laval, cette nouvelle position sur la question nationale pour rallier les nationalistes et les souverainistes autour d'un Québec plus autonome au sein du Canada.

La formation espère ainsi damer le pion à ses adversaires qui lui reprochaient de ne pas avoir de position et veut proposer une troisième voie, dans la polarisation entre les libéraux et péquistes.

À la fin du conseil général, François Legault a prononcé un discours devant environ 300 militants, mais étrangement, il n'a pas fait mention du détail de sa nouvelle stratégie. Il a simplement indiqué qu'il leur soumettait le document à la discussion. Mais selon lui, cette plate-forme devrait être adoptée dans ses grandes lignes au congrès de 2016. «Nous voulons être pleinement reconnus pour ce que nous sommes, a-t-il déclaré dans son discours. Et nous voulons que le Québec obtienne plus de pouvoirs et plus d'autonomie dans le Canada. C'est pour ça que notre parti doit porter un projet rassembleur pour les nationalistes québécois: un projet moderne, pragmatique, qui va faire gagner le Québec.»

La liste des revendications caquistes s'apparente à une version bonifiée de l'accord du Lac Meech qui a avorté en 1990.

La CAQ recycle en quelque sorte une forme d'étapisme, mais cette fois pour renouveler le fédéralisme, en y allant de façon graduelle, du plus simple au plus complexe.

Il mise sur la relance économique du Québec et le ralliement de tous les nationalistes, même les péquistes, pour faire plier le premier ministre Justin Trudeau. «Ce qu'on souhaite, c'est péréquation zéro. On veut être moins dépendants du reste du Canada, on veut contribuer économiquement au reste du Canada. Actuellement le Canada paie 9,5 milliards $ de péréquation au Québec. Je pense que c'est la principale monnaie d'échange, d'avoir un plan pour arrêter de recevoir de la péréquation.»

Ce conseil général prend des allures de nouveau départ, après une année particulièrement pénible pour la CAQ. La course à la direction du PQ et l'élection de Pierre Karl Péladeau à sa tête ont jeté de l'ombre sur le parti de François Legault.

La CAQ a aussi encaissé le départ de Gérard Deltell - qui a fait le saut sur la scène fédérale - pour ensuite perdre la circonscription qu'il détenait, Chauveau, dans une défaite cuisante aux mains du Parti libéral.

Enfin, la députée d'Arthabaska, Sylvie Roy, a claqué la porte en août, prétextant des désaccords fondamentaux avec son chef, qui lui a pour sa part reproché des problèmes de comportement.

Même François Legault a reconnu que son parti était contraint par ses adversaires de se jeter dans le débat sur la question nationale, lui qui a pourtant toujours plaidé pour une trêve de 10 ans sur cet enjeu.

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