Jour du Souvenir: moment d'arrêt et de recueillement

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Ils étaient près de 200 badauds, additionnés à 250 soldats, vétérans, légionnaires et cadets, lors de la cérémonie du jour du Souvenir, dimanche, au pied du cénotaphe du Platon à Trois-Rivières.

Andréanne Lemire

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(Trois-Rivières) À l'aube du jour du Souvenir, comme à chaque 11 novembre, Jacques Pellan sème dans le vent de sa mémoire une pensée pour ses camarades enterrés au champ d'honneur. Aujourd'hui à la retraite après 42 ans au service des Forces armées canadiennes, le légionnaire a été déployé en Afghanistan, en Bosnie, en Israël, en Syrie, au Kenya, au Congo, au Ghana, au Botswana, sur l'île de Chypre et en Allemagne en pleine Guerre froide, où il a assisté à la chute du mur de Berlin. Le poitrail couvert de médailles, M. Pellan était donc au garde-à-vous, dimanche, lors de la cérémonie du Souvenir qui s'est déroulée au cénotaphe du Platon, au pied du monument des Braves.

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Le légionnaire Jacques Pellan a servi son pays pendant 42 ans au sein des Forces armées canadiennes, et ce aux quatre coins de la planète.

Andréanne Lemire

Près de 250 soldats, cadets, vétérans, légionnaires, policiers municipaux et membres de la Gendarmerie royale du Canada ont pris part à la traditionnelle parade du jour du Souvenir à Trois-Rivières. Le tambour rythmant la cadence de leurs pas militaires, ils sont partis du manège Général-Jean-Victor-Allard gardé par le 12e Régiment blindé du Canada, au moment où les cloches de la cathédrale sonnaient, pour se diriger vers la rue Notre-Dame Centre, en face du bureau de poste, où la cérémonie protocolaire a été suivie par près de 200 badauds venus se recueillir.

«Je me souviens des gens avec qui j'ai travaillé en Afghanistan et qui ne sont pas revenus. Je me souviens de mes amis en Bosnie qui ont été blessés et dont la vie a changé. Je me souviens de mes amis qui sont revenus d'Israël ou d'ailleurs et qui, à leur retour, se sont rendu compte que la famille avait changé, que la femme était partie en laissant le loyer vide. Autant de sacrifices, jusqu'au sacrifice ultime, dont je me souviens aujourd'hui. C'est à ça que je pense le 11 novembre. Je pense à la chance que j'ai eue que ces choses-là ne me soient pas arrivées, même si j'ai été exposé aux mêmes dangers. Même si on dit qu'on va toujours se rappeler, je me rappelle particulièrement le 11 novembre.»

M. Pellan espère que la jeune génération actuelle, et celles à venir - il se croise les doigts qu'elles n'auront pas à connaître les affres d'un conflit armé d'envergure - se souviennent, elles, des sacrifices qui ont été déposés sur l'autel des champs de bataille. Autant de sacrifices «pour essayer de diminuer la misère» et qui, aujourd'hui, permettent à ces mêmes générations de vivre dans une société libre et de jouir des droits les plus fondamentaux. «Le lègue social qu'on fait, c'est la liberté d'aller voter pour qui on veut quant on veut. Il faut que les gens réalisent ça.»

Un son de cloche repris par le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque. Comme son homologue de Bécancour, Jean-Guy Dubois, M. Lévesque a déposé une couronne de fleurs au pied du cénotaphe du Platon. Au nombre des dignitaires présents: le député fédéral de Trois-Rivières Robert Aubin, ainsi que Jean-Denis Girard, député provincial.

«C'est important de souligner l'apport des hommes et des femmes qui ont donné leur vie pour notre liberté. Tout à l'heure, je voyais des enfants jouer, et je me disais que c'est à cause des 100 000 Canadiens qui ont donné leur vie qu'ils peuvent le faire. C'est important de prendre un moment d'arrêt et de se rappeler que cette liberté-là, la démocratie, nous l'avons grâce à ces gens qui ont donné leur vie, sans compter les gens qui ne sont peut-être pas morts, mais qui ont été blessés physiquement ou psychologiquement», note le premier magistrat qui agit cette année à titre de président d'honneur de la campagne du coquelicot. «Si personne ne veut une guerre, il faut s'assurer d'avoir des gens qui vont garder cette paix-là de façon éternelle», conclut M. Lévesque.

Trois-Rivières compte son lot de soldats morts au combat. Chaque année, lors des cérémonies du 11 novembre, leur nom lancé au micro fait vibrer le souvenir de ceux et de celles qui les ont connus. Ainsi, la Première Guerre mondiale a vu partir 44 Trifluviens, la Deuxième Guerre 64, un militaire originaire de la cité de Laviolette est décédé lors du conflit au Vietnam, un également à Chypre, trois en Bosnie-Herzégovine et deux en Afghanistan.

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Par ailleurs, le NCSM Radisson, une division de la Réserve de la Marine royale canadienne, prendra part, mercredi, à des cérémonies de commémorations au cénotaphe situé dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, ainsi qu'à Batiscan. Le 15 novembre, un défilé aura lieu dans les rues de Louiseville dans le cadre du 350e anniversaire de la fondation de la ville. Comme l'an passé, aucune cérémonie n'est cependant prévue à Nicolet.

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