Des maisons qui soulèvent des questions à Saint-Élie-de-Caxton

Des pneus recyclés sont utilisés dans les fondations... (Olivier Croteau)

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Des pneus recyclés sont utilisés dans les fondations de cette future maison de Saint-Élie-de-Caxton.

Olivier Croteau

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Élie-de-Caxton) La construction de trois maisons utilisant des pneus recyclés suscite des questions à Saint-Élie-de-Caxton.

Ces trois maisons de la rue Julie sont de type Earthship, un concept de maison écologique développé aux États-Unis dans les années 1970. Des pneus recyclés forment une partie de la fondation de la maison, mélangés à du béton. Selon un citoyen de l'endroit, Raouf Gargouri, la Municipalité de Saint-Élie n'était pas en droit d'émettre un permis de construction à ces gens, car l'utilisation de pneus dans les murs de fondation d'une maison ne respecte pas la réglementation en construction.

«Notre réglementation prévoit que le solage est en béton coulé sur place ou en blocs. Eux autres, ils ont un solage en tires. Il y a des gens qui trouvent ça révoltant, car ça ne respecte pas le règlement de construction.»

Réjean Audet n'est pas du même avis. Le maire de Saint-Élie estime que des fondations en béton contenant des pneus recyclés respectent la réglementation.

«Notre réglementation n'empêche pas ça. Ils ont demandé un permis et on n'a pas le choix de le donner. Je sais que ça inquiète des gens: on parle de produits recyclés, ce n'est pas orthodoxe, mais c'est fait selon des normes de construction qui sont correctes.»

«Le règlement dit que le mur de fondation d'une habitation doit reposer sur une semelle de béton et c'est le cas. On n'a pas l'obligation d'avoir une fondation de béton. Et nous ne sommes pas régis par le code de bâtiment du Québec, car on est une petite municipalité», ajoute Anne-Claude Hébert-Moreau, responsable de l'urbanisme.

Un des points du règlement indique qu'un bâtiment principal doit être érigé «sur des fondations de béton coulé sur place, en blocs de béton ou sur une dalle de béton au sol. Le mur de fondation doit reposer sur une semelle en béton ou directement sur le roc à une profondeur suffisante pour être à l'abri du gel».

Mme Hébert-Moreau affirme n'avoir aucun problème avec la composition du règlement en question.

«Le mur (de fondation) repose sur une semelle de béton et ça convient à ce que je comprends de la réglementation. Ça me convient. On a une réglementation qui dit que, lorsqu'on fait une demande conforme, je dois émettre un permis de construction», mentionne la responsable de l'urbanisme, en ajoutant que l'intérieur des pneus recyclés est rempli de sable et de gravier compactés, ce qui offrirait une très grande qualité de résistance.

Le plan des résidences prévoit aussi l'utilisation de panneaux de conteneurs pour installer une salle des machines sous la maison. Raouf Gargouri rappelle que le règlement de construction interdit d'unir ce genre de contenant à un bâtiment.

«Le conseil a accepté ça! Ces maisons achalent les gens», soutient M. Gargouri, inquiet des risques de pollution si jamais un incendie frappait ces résidences. «Au début (de la construction), ça a commencé par un entreposage monstre de pneus», ajoute le citoyen, rappelant l'incendie survenu dans un dépotoir de pneus usagés de Saint-Amable en 1990.

Mme Hébert-Moreau explique que les propriétaires des futurs maisons Earthship utilisent plutôt des panneaux d'un conteneur démembré, ce qui n'est pas considéré comme étant un conteneur. Pour ce qui est de la sécurité reliée à l'utilisation de pneus, elle soutient que ce matériau n'est pas plus à risque que des charpentes de bois dans ce modèle de maison.

«À partir du moment où la construction est terminée, les pneus ne sont pas à l'air libre. Ils sont dans la terre. Ça ne fait pas une pile de pneus.»

Si l'administration municipale donne son appui à ce genre de maisons, c'est qu'elle est mûe par une volonté de faire du développement durable.

«On a une ouverture aux nouvelles technologies et aux nouvelles méthodes de construction. Ces trois maisons sont dans une zone résidentielle non construite dans un secteur boisé. Ça pourrait devenir un secteur dédié à ce genre de maisons», explique Mme Hébert-Moreau.

Cette dernière indique que les propriétaires des trois maisons ont suivi une formation pour construire leur résidence selon le concept Earthship. Ils seront d'ailleurs au bureau municipal le lundi 9 novembre pour présenter une séance d'information destinée aux citoyens. Celle-ci débutera après le discours du maire sur la situation financière de la municipalité, soit vers 20 h 20.

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