Le risque de ne pas déverser les eaux usées dépasse celui du déversement

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Le port de Montréal

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La Presse Canadienne

Le risque environnemental de ne pas procéder au déversement de huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent cet automne comme le prévoit la Ville de Montréal est beaucoup plus élevé que celui d'aller de l'avant.

C'est ce que concluent les trois experts mandatés par l'ex-ministre de l'Environnement Leona Aglukkaq, dont le rapport a été présenté à la presse vendredi, qui émettent toutefois d'importantes réserves sur le processus.

Leur rapport donne tout de même raison à l'administration du maire Denis Coderre, sans toutefois recommander d'aller de l'avant, puisque leur mandat était plutôt d'évaluer les risques environnementaux dans un sens ou dans l'autre.

Les experts notent que l'état de détérioration de l'infrastructure que Montréal veut réparer est telle qu'elle représente un risque de bris et, donc, de déversement non planifié d'une durée indéterminée. Un tel déversement, s'il devait survenir en hiver, au printemps ou durant l'été, présenterait des risques beaucoup plus importants de contamination pour la faune, la flore et les activités nautiques, selon les saisons, notamment en raison de la vulnérabilité des poissons à certaines de ces époques ou de la présence de plaisanciers sur le fleuve.

À l'opposé, le déversement planifié ne présente qu'un risque très limité, surtout à l'automne, mais néanmoins présent. C'est pourquoi ils suggèrent une bonification des mesures de mitigation prévues par Montréal, ainsi que l'ajout de mesures additionnelles de surveillance du panache dans le fleuve et des prises d'eau potable en aval, bien qu'ils évaluent le risque de contamination à ces endroits comme étant «très limité».

Ils proposent également la mise en place d'un bateau-citerne de pompage et d'unités de pompage près des sorties d'eaux usées plus critiques, soit celles situées près d'hôpitaux ou d'usines.

Par ailleurs, les experts se sont heurtés aux mêmes difficultés que tous les autres experts avant eux, soit le manque de données scientifiques sur les impacts réels en matière de toxicité sur les poissons, les frayères, la flore aquatique et ainsi de suite.

Ils recommandent donc des suivis et analyses constantes avant, durant et après le déversement afin de garnir la banque de connaissances à ce sujet, d'autant plus que l'âge des infrastructures implique nécessairement d'autres réparations et déversements.

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