Église Saint-Philippe: des tonnes de béton dans le sol

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Une importante quantité de morceaux de béton ont été extraits du terrain de l'ancienne église Saint-Philippe, propriété de Denis Despins.

François Gervais

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Ce que je vois, si ce n'est pas une partie de la fondation de l'église, je ne sais pas c'est quoi. Et ce n'est pas arrivé là par miracle!»

Denis Despins soupçonnait depuis quelques jours la présence de béton laissé dans le fond du terrain de l'ancienne église Saint-Philippe. Le propriétaire des lieux a décidé d'en avoir le coeur net en faisant excaver son terrain à trois endroits, vendredi matin, et le jeu en a valu la chandelle: une pièce de béton, mesurant minimalement 26 pieds de longueur par quatre pieds de largeur et 13 pouces d'épaisseur a été découverte à environ quatre pieds de profondeur dans la partie du terrain situé du côté de l'école Saint-Philippe.

M. Despins avait au préalable arrêté un passant en lui demandant où creuser. Le premier trou n'a rien révélé. Le deuxième trou a permis de découvrir une forte présence d'eau, à proximité de l'entrée d'eau de l'ancienne église, et quelques bouts de tuyau et morceaux de béton armé. Le troisième trou, creusé à un endroit indiqué par M. Despins, a dévoilé cette imposante surface de béton.

«Le béton est intact, on voit que le démolisseur n'a pas travaillé pour le sortir du sol. Je suis bouleversé de voir ça. Mais je ne suis pas surpris. On va se défendre, c'est clair. La Ville me demande 460 000 $ pour la démolition, mais personne à la Ville ne m'a demandé quoi faire avec le nettoyage du terrain. Tu n'es pas supposé laisser du béton dans le sol, à moins de le concasser. Mais tu dois le demander au propriétaire et ça n'a pas été fait», assure M. Despins.

Selon les estimations de M. Despins, les travaux d'excavation de vendredi ont permis de sortir entre 15 et 20 tonnes de béton. «On a creusé sur une seule façade de l'église. Selon moi, ce qui reste dans le sol, c'est environ 100, 150 tonnes de béton», ajoute-t-il.

Le dossier de l'église Saint-Philippe revient devant la Cour supérieure le 10 novembre. La Ville de Trois-Rivières rappellera à ce moment qu'elle a obtenu en septembre 2014 une ordonnance du tribunal l'autorisant à faire démolir l'église et à refiler la facture à Excavation Ovila Despins. Il est fort probable que la Ville demandera l'autorisation d'être payée pour ces travaux, soit par l'entreprise Excavation Oliva Despins, soit en obtenant le droit de saisir le terrain pour le revendre.

Absent du palais de justice en septembre 2014, Denis Despins jure qu'il sera présent cette fois et qu'il dénoncera la présence de béton dans le sol de son terrain.

«La Ville me réclame 460 000 $ pour la démolition et il faudrait que je paie pour le béton dans le sol? Ça ne se tient pas debout. Je vais me défendre. On me sous-estime dans ce dossier-là: Olymbec veut le terrain, la Ville défend Olymbec. Juste à voir ce que M. Toutant a dit sur moi cette semaine, on voit bien qu'il défend Olymbec», déclare M. Despins, en lien avec des déclarations provenant d'Yvan Toutant, porte-parole de Trois-Rivières, à propos du lien de confiance brisé en la Ville et le président d'Excavation Ovila Despins.

Ce n'est pas la première fois que Denis Despins excave son terrain. Mardi, il avait creusé un seul trou duquel quelques morceaux de béton avaient été extraits. Appelé à commenter la situation, Yvan Toutant avait laissé entendre que Denis Despins avait peut-être volontairement placé des débris de démolition dans son terrain. De plus, le porte-parole de la Ville racontait que l'opinion de M. Despins à l'endroit de la Ville n'empêchait personne de dormir la nuit.

«M. Toutant a dit que les travaux ont été faits dans les règles de l'art et il m'a fait passer pour un menteur. Je lui souhaite bonne nuit», lance M. Despins avec un brin de sarcasme.

Denis Despins mesure la longue pièce de béton... (François Gervais) - image 4.0

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Denis Despins mesure la longue pièce de béton découverte dans le sol de son terrain.

François Gervais

La vérité le 10 novembre

Appelée à réagir à la découverte de béton dans le sol de l'ancienne église Saint-Philippe, la Ville de Trois-Rivières rappelle que le dossier sera réglé par la voie des tribunaux.

«Si M. Despins n'est pas content de l'ouvrage qu'on a fait, il l'expliquera devant le juge. Il dira ce qu'il a à dire, mais nous aussi, on va défendre notre point de vue. La vérité va sortir. Toutes ses suppositions, accusations et élucubrations, il les amènera devant le juge, s'il pense qu'il a tellement raison. Mais on va dire à la cour que la Ville a été obligée de faire démolir l'église, car la bâtisse était dangereuse pour les citoyens du secteur. Notre priorité était d'assurer la sécurité des citoyens, ce que lui n'a jamais fait comme propriétaire», dit Yvan Toutant.

Le ministère de l'Environnement réserve ses commentaires pour la semaine prochaine, car les spécialistes veulent prendre le temps nécessaire pour analyser la situation.

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