Ancien karting de Grand-Mère: investissements de 10 M$

La Ville de Shawinigan procède actuellement au démantèlement... (François Gervais)

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La Ville de Shawinigan procède actuellement au démantèlement des infrastructures de l'ancien club de karting de Grand-Mère. Un promoteur souhaite y investir près de dix millions de dollars sur trois phases.

François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'assemblée publique de consultation au sujet du développement des terrains de l'ancien karting de Grand-Mère n'a pas permis d'en savoir plus long sur l'identité du promoteur en fin d'après-midi lundi, mais son projet s'étendrait sur trois phases et pourrait entraîner des investissements de près de dix millions de dollars, selon Christian Massicotte, coordonnateur de la planification et du développement à la Ville de Shawinigan.

Ainsi, la première étape consisterait en la construction d'une halte routière avec station service, dépanneur et restaurant. Un investissement de 3,5 millions $ sera requis pour réaliser cette phase, qui débuterait dès le printemps 2016 si le projet ne rencontre pas d'opposition.

Ces services seraient érigés entre la 28e Avenue, qui serait prolongée de 225 mètres, et l'autoroute de l'Énergie. Aucune nouvelle sortie ne serait aménagée pour accéder à cette halte. Les automobilistes devraient emprunter l'actuelle sortie 226, qui donne accès aux secteurs Grand-Mère et Saint-Jean-des-Piles.

Par la suite, le promoteur souhaite construire un immeuble commercial ou industriel de type condo, de l'autre côté de la 28e Avenue. Quant à elle, la troisième phase jouxterait la première le long de l'autoroute. Elle impliquerait la construction d'un autre immeuble commercial et à bureaux. Les deux dernières phases nécessiteraient des investissements de trois millions de dollars chacune.

Selon Denis Ouellette, urbaniste à la Ville, il n'existe aucun lien entre ce développement et le projet des Quais du Saint-Maurice, annoncé en grande pompe en septembre 2013, qui doit aussi entraîner le prolongement de la 28e Avenue vers la rivière. L'investissement de 32 millions $ comprenant une marina, un parc aquatique intérieur, un développement domiciliaire de 120 résidences et quatre immeubles totalisant une centaine de condos-hôtel n'a pas beaucoup évolué en deux ans.

Impact

Huit personnes ont assisté à cette assemblée publique de consultation. Elles ont tenté d'en savoir plus long sur l'identité du promoteur, sans succès.

Le coût de cette transaction intrigue visiblement les citoyens. Rappelons que le conseil municipal de Shawinigan avait annoncé l'acquisition de l'ancienne piste de karting au printemps 2013, au montant de 437 000 $. Cette propriété sera vendue au promoteur s'il peut obtenir les modifications recherchées au règlement de zonage.

En fait, l'établissement d'un poste d'essence exige le changement proposé. Les autres usages commerciaux et industriels sont déjà permis.

Pour quel montant la Ville vendrait-elle cette propriété ? Impossible de le savoir avant la transaction. «Nous allons récupérer tout l'argent que nous avons investi, sans compter les investissements des trois phases qui pourraient totaliser près de dix millions $», mentionne M. Massicotte. Dès l'acquisition, le promoteur disposerait d'un délai de douze mois pour réaliser la première phase.

La Ville procède actuellement à la démolition de l'ancien karting et vérifiera ensuite si une décontamination des terrains deviendra nécessaire. 

Peggie Lacerte, propriétaire de la station service La Rose des vents et du restaurant Délice des vents, redoute les impacts de cette halte sur ses commerces. Elle estime à 40 % de son chiffre d'affaires la part provenant des travailleurs et des entreprises du parc industriel Albert-Thibeault, où prendrait forme le projet.

La jeune femme d'affaires a suivi sa formation au Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins et elle a fait l'acquisition de la station service au début 2014. Le restaurant a suivi au printemps 2015. «Ça va merveilleusement bien, mais ce projet m'inquiète, surtout pour l'essence», reconnaît-elle. «Ça va couper mon achalandage.»

Josette Allard-Gignac, présidente du comité consultatif d'urbanisme, comprend ces doléances, mais elle mentionne que le rôle de la Ville consiste à étudier un changement de zonage. «La question nous est souvent posée, mais pour nous, c'est difficile de gérer la concurrence», fait-elle remarquer.

Le comité consultatif d'urbanisme formulera une recommandation au conseil municipal à la suite des commentaires recueillis hier. L'adoption du deuxième projet de règlement pour modifier ce zonage est prévue à la séance régulière du 10 novembre, avec ou sans changements. Le processus de demande d'approbation référendaire s'enclenchera par la suite.

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