Grève sociale partout au Québec

Un peu partout en Mauricie et au Centre-du-Québec,... (Stéphane Lessard)

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Un peu partout en Mauricie et au Centre-du-Québec, les points de rassemblement pousseront comme des champignons lundi.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Si les fonctionnaires de l'État québécois avaient promis au gouvernement un automne chaud, avec six jours de grève tournante, les organismes communautaires ne seront pas en reste. Pour la première fois de leur histoire, ils prendront la rue lundi dans le cadre d'une grève sociale qui paralysera momentanément leurs actions communautaires.

Mercredi dernier, la grogne avait envahi les rues de la Mauricie et du Centre-du-Québec, alors que plus de 30 000 fonctionnaires, professeurs, employés de soutien et travailleurs de la santé avaient érigé une ligne de piquetage devant leur lieu de travail respectif. Aujourd'hui, même chose. Mais cette fois, ce sont les travailleurs qui oeuvrent au sein d'un organisme communautaire qui feront valoir leur mécontentement au gouvernement du Québec. Des 300 organismes enregistrés en Mauricie et au Centre-du-Québec en santé et en services sociaux, plus de 200 prendront la rue pour revendiquer, ni plus, ni moins, que leur survie.

Chapeautée par la Table régionale des organismes communautaires en santé et services sociaux Centre-du-Québec-Maurice (TROC MCQ), cette grève sociale vise à faire entendre au gouvernement l'importance du travail accompli par les organismes communautaires. Plus concrètement, on appelle au plein financement à la mission globale et à l'indexation annuelle des subventions gouvernementales. Enfin, on espère la fin des compressions budgétaires et un investissement majeur de l'ordre de 225 millions $ aux quatre coins du Québec.

«La réponse de certains ministres et députés qui se sont questionnés si les groupes communautaires n'étaient pas trop nombreux et s'ils ne devaient peut-être pas envisager de fusionner leurs services nous a beaucoup choqués», mentionne le coordonnateur de la TROC MCQ, Renaud Beaudry.

Avec la fermeture, partielle ou totale, des organismes communautaires lors de cette journée de grève sociale, M. Beaudry est bien conscient des impacts négatifs qui en découleront pour les utilisateurs de service. Cependant, il estime qu'une fermeture temporaire est un moindre mal à la fermeture définitive qui menace certains groupes communautaires.

«On s'attend à ce que des gens nous critiquent, peut-être même des élus, mais nous ce qu'on dit c'est qu'avec l'augmentation des demandes de service et la diminution de nos ressources financières, certains organismes se verront de toute façon obligés de fermer leurs portes ou de réduire leurs activités. Si on sort dans la rue, c'est pour qu'il se passe quelque chose.»

Une réalité qui plane comme une épée de Damoclès au-dessus d'un organisme comme la Maison de Connivence, qui vient en aide aux femmes victimes de violence conjugale. «Nous sommes un organisme communautaire et on ne sait pas ce qui nous attend. On ne sait pas, dans l'avenir, si nous devrons couper des services. Est-ce qu'on devra laisser tomber certains services offerts directement aux femmes violentées et à leurs enfants? On ne sait pas», note la directrice adjointe, Sylvie Beaudry.

«Les mesures d'austérité mises en place par le gouvernement ont des impacts directs sur notre clientèle. C'est pourquoi nous allons participer à la grève sociale et que certains de nos services, excluant le service d'hébergement, seront fermés lundi. Actuellement, on sent un désengagement de l'État face aux services à la communauté, un désengagement qui va pénaliser les personnes les moins fortunées. Les répercussions se feront sentir tant chez les enfants que chez les adultes, que ce soit au niveau de la santé, au niveau du bien-être de base, bien manger, bien se loger, avoir chaud.»

Au Carrefour d'aide aux non-syndiqués\es (CANOS) ce sont deux journées de grève sociale qui seront honorées lundi et mardi. La directrice générale de l'organisme, Marie-Josée Magny, estime que la grève sociale était devenue inévitable. «On en est rendu là, car nos représentants, nos élus, ne nous écoutent plus. Ils ne reconnaissent pas notre expertise, ne reconnaissent pas notre légitimité. Tout ce qu'on entend, ce sont des promesses, des promesses et des promesses», note-t-elle.

Dans la rue, pour la rue

Un peu partout en Mauricie et au Centre-du-Québec, les points de rassemblement pousseront comme des champignons lundi. À Trois-Rivières, 37 organismes forgeront une chaîne humaine, dès 11 h 30, entre le bureau du député provincial de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, et celui de son homologue fédéral, Robert Aubin. 

À Sainte-Geneviève-de-Batiscan et Saint-Maurice, 10 groupes communautaires et entreprises d'économie sociale distribueront des dépliants-volants et du chocolat à compter de 7 h 30 à Sainte-Geneviève et 16 h à Saint-Maurice. Idem au Centre-de-la-Mauricie où une vingtaine d'organismes se réuniront devant le bureau de circonscription du député Pierre Giguère entre 11 h et 12 h 15.

À Saint-Tite, de la soupe chaude et du café seront servis par une douzaine de groupes sociaux à partir de 11 h, alors qu'à Maskinongé, une ligne de piquetage sera dessinée devant le bureau du député Marc H. Plante entre 11 h et 12 h 30. À pareille heure, 11 associations communautaires marcheront devant le bureau de la députée Julie Boulet sur la rue Commerciale à La Tuque. 

Au Centre-du-Québec, des dépliants-volants seront distribués à Nicolet, Pierreville, Saint-Léonard et Princeville, alors que du bouillon et des galettes seront offerts à Plessisville devant le bâtiment de l'Organisme de récupération anti-pauvreté de l'Érable, sis sur l'avenue Rousseau, entre 11 h et 13 h.

Notons par ailleurs que le boulevard Bécancour à Gentilly sera fermé temporairement pour permettre à une vingtaine de groupes communautaires d'inviter le député Donald Martel à déguster une soupe et un sandwich au fromage. Un menu semblable sera servi devant l'édifice La Marguerite au centre-ville de Drummondville entre 8 h et 15 h.

Enfin, dans les Bois-Francs, un rassemblement contre l'austérité aura lieu derrière la Place communautaire Rita-Saint-Pierre, sur la rue Monfette à Victoriaville, entre 9 h et 11 h.

Pour éviter de noyer leur message, les organismes communautaires n'entendent pas joindre leur voix à celle du Front commun, qui prendra à nouveau la rue les 12 et 13 novembre prochains.

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