L'Amphithéâtre enlève les honneurs

Après avoir reçu, jeudi, un prix coup de... (Andréanne Lemire)

Agrandir

Après avoir reçu, jeudi, un prix coup de coeur de l'Institut canadien de la construction en acier, l'Amphithéâtre Cogeco s'envolera en Italie dans le cadre de la Biennale internationale d'architecture de Venise.

Andréanne Lemire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) L'Amphithéâtre Cogeco a raflé les grands honneurs, jeudi, en remportant le prix Coup de coeur du jury de l'Institut canadien de la construction en acier (ICCA), décerné lors de la 17e édition des Prix d'Excellence dans la construction en acier. Chauvinisme oblige, notons d'emblée que la création de l'architecte Paul Laurendeau a damé le pion à vingt-quatre finalistes, dont... le Centre Vidéotron de Québec.

Paul Laurendeau... (Olivier Croteau) - image 1.0

Agrandir

Paul Laurendeau

Olivier Croteau

«L'Amphithéâtre Cogeco, c'est une oeuvre d'art en soi. C'est exemplaire comme projet», lance Martin Houle, architecte et membre du jury de l'ICCA. «Avec ce projet, on a vu la mesure du talent de Paul Laurendeau. À notre époque, ce sont toujours les coûts, les coûts et les coûts qui priment, les gens se contentant souvent d'une boîte carrée. Ce projet, c'est une très belle signature pour Trois-Rivières et les Trifluviens peuvent en être fiers.»

Controversé projet, s'il en est, érigé à l'embouchure des opinions divergentes, l'Amphithéâtre a dû, de prime abord, lutter contre vents et marées avant d'émerger de la poussière d'un terrain vague et des gravats de la Canadian International Paper. Opposition politique, levées de boucliers citoyens, registre de la dissension, aujourd'hui c'est désormais à la gloire du travail architectural qu'on chante les louanges, loin de la polémique et des voix de la discorde.

Une «oeuvre d'art» qui n'aurait guère été possible sans l'heureux mariage entre l'architecte Paul Laurendeau et l'ingénieur responsable du dossier, spécifiquement de la toiture, Serge Vézina. Même s'il cumule les reconnaissances signées par l'ICCA, ce dernier a tout de même accepté les égards du jury avec fierté.

«Ce qui a été construit à Trois-Rivières, c'est un ouvrage exceptionnel, dans sa volumétrie, dans son gabarit. C'est un projet exceptionnel qui laisse une trace sur la scène internationale», note M. Vézina. «Je suis très fier que la Ville ait opté pour ce concept, très fier d'y avoir participé. Ce que je retiens de cet exercice qui aura duré plus de quatre ans, c'est la motivation et l'intérêt du personnel de la Ville d'aller de l'avant.»

Le principal intéressé, lui, a reçu le coup de coeur de l'ICCA avec beaucoup d'humilité. Paul Laurendeau estime que les fruits de son travail ont poussé au jardin l'audace, de l'ardente patience et de la persévérance. Le tout nourri d'un désir de beauté esthétique et d'un amour inconditionnel pour les lignes architecturales. L'architecte montréalais se réjouit ne n'avoir jamais cédé sur la beauté au profit de l'économie, même si ces deux soeurs ne font pas toujours mauvais ménage.

«J'accueille ce prix avec beaucoup de joie. La concurrence était somme toute féroce. Je me réjouis de voir que ce projet se démarque par rapport à d'autres salles de concert. Je suis également content que Trois-Rivières déclasse Québec, si on veut. Le projet de Trois-Rivières a été plus difficile à réaliser, mais je voyais le temps passer et ça ne m'inquiétait pas. Faire du bon travail, ça prend du temps et c'est vrai que ce n'est pas facile», formule M. Laurendeau. «Mon but n'était pas de faire l'Amphithéâtre le plus vite possible pour le moins cher possible, mais d'assurer sa pérennité et qu'il soit le meilleur possible.»

«L'Amphithéâtre est d'une élégance discrète», renchérit Martin Houle. «C'est un projet qui va passer à travers le temps. Il y a des modes en architecture qui durent 5 ans, 10 ans, mais ce projet va avoir encore de la gueule dans 5 ans, 10 ans, 15 ans, justement parce que c'est un projet qui est raffiné», résume le membre du jury.

Un avis partagé par l'ancienne présidente de l'Ordre des architectes du Québec, Odile Hénault. «C'est tellement un beau projet!», s'exclame-t-elle.

Au service des arts et de la musique

Lors de la remise des prix de l'ICCA, le directeur musical de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), Kent Nagano, a reçu le titre honorifique de maître de l'innovation et du leadership dans le monde de la musique. Par le fait même, le chevronné chef d'orchestre a pu découvrir l'existence de l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières qui, rappelons-le, dispose des attributs nécessaires pour rendre avec doigté les finesses d'un ensemble symphonique.

«C'est un équipement remarquable qui va pouvoir servir à plusieurs fins et qui va aussi pouvoir accueillir des concerts symphoniques, sans amplification», remarquait en mai dernier maestro Jacques Lacombe. Mariage en vue, donc, entre l'OSM et l'Amphithéâtre Cogeco?

«Ce qui est sympathique, c'est que jeudi, Kent Nagano s'est probablement rendu compte de l'existence de l'Amphithéâtre. Alors je pense que c'est une jolie histoire...», suggère Mme Hénault.

Notons que lors de la remise des prix de l'ICCA, maestro Nagano a tenu à souligner «l'importance de la créativité dans le design du bâtiment» et l'impact d'un travail de qualité sur «le succès de plusieurs grandes institutions civiques et culturelles».

Reconnaissance internationale

Sans doute, l'Amphithéâtre Cogeco n'a pas fini d'en mettre plein les yeux à la planète architecture. En novembre, «l'oeuvre d'art» fera l'objet d'un article dans la prestigieuse revue Canadian Architecth. Mais c'est surtout sur la scène internationale que le bébé de Paul Laurendeau dévoilera prochainement ses courbes, pour ne pas dire ses angles.

En effet, parmi plus de 2000 projets architecturaux dénichés aux quatre coins de la planète, l'Amphithéâtre Cogeco est en lice sur la courte liste des 100 meilleurs projets qui seront exposés lors de la 15e Biennale internationale d'architecture de Venise en 2016. Ainsi, Paul Laurendeau, seul Canadien présent à Venise, aura l'occasion de présenter la nouvelle marque de commerce de la cité de Laviolette au plus illustre, voire au plus célèbre rendez-vous architectural au monde du 28 mai au 28 novembre.

«Les gens de la Biennale m'ont dit que mon projet était exceptionnel et que ce n'était pas pour rien qu'ils m'invitaient. J'étais très, très flatté», avoue M. Laurendeau.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer