La revanche de la bienveillance, pour Jasmin Roy

Jasmin Roy et Mathieu Grégoire étaient réunis hier... (Olivier Croteau)

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Jasmin Roy et Mathieu Grégoire étaient réunis hier pour annoncer un Zumbathon contre l'homophobie et l'intimidation, un événement qui témoigne de la bienveillance de la population trifluvienne, fait valoir M. Roy.

Olivier Croteau

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jasmin Roy était de passage à Trois-Rivières hier afin d'appuyer le Zumbathon contre l'homophobie et l'intimidation qui se tiendra le 7 novembre à 19 h 30 au CAPS de l'UQTR, en réaction à l'agression dont a été victime Mathieu Grégoire au dernier Festival western de Saint-Tite. Pour M. Roy, voilà le type de mouvement qui témoigne de la bienveillance d'une société en santé.

«Si tu veux vivre dans une société où il y a moins de violence et moins d'intimidation, ça prend une communauté bienveillante, un milieu qui est là pour soutenir ceux qui en ont besoin. Qu'une communauté comme Trois-Rivières dise ainsi que l'intimidation est inadmissible, je trouve ça puissant. L'agression de Mathieu est terrible, mais la vraie histoire, elle est en train de s'écrire maintenant avec cette mobilisation», considère-t-il.

Dès qu'il a eu vent de l'agression de Mathieu Grégoire en lien directe avec son orientation sexuelle, Jasmin Roy avait déjà eu le réflexe de vouloir faire quelque chose. L'idée du Zumbathon de Mélanie Desaulniers (assistée de Mélissa Ricard) l'a interpellé immédiatement.

Mathieu Grégoire, lui-même instructeur de Zumba, confie qu'à ce jour, il ne peut pas encore parler de son agression autrement qu'en superficie. Hier, il se disait d'autant plus heureux de l'initiative du Zumbathon que ce type d'activité lui permet de passer à une autre étape. «Je trouve important de ne pas être que la pauvre victime. Je veux aussi être celui qui se relève»

Jasmin Roy rencontrait le jeune homme hier pour une deuxième fois, et le trouve très brave. «J'espère que ce soutien sera un baume pour lui. Les recherches ont prouvé que quand quelqu'un vit une difficulté aussi grande que celle-là, le fait d'être entouré d'amour, de se sentir supporté par des amis et par une communauté, ça va lui permettre d'être plus résilient. On a un grand pouvoir et on ne le réalise pas tout le temps.»

Jasmin Roy a d'ailleurs insisté pour que l'événement se tienne à Trois-Rivières. «Pour moi, il était important que ça se fasse près du milieu où l'agression s'est produite. L'intimidation n'est pas un problème de victime et d'agresseur, c'est un problème de communauté. On est tous très occupés et on oublie souvent comment la force d'une communauté peut être importante», dit-il. «Qu'il y aie une mobilisation qui s'organise ici, que les gens soient là et le soutiennent, je trouve que c'est fort.»

Voilà cinq ans que Jasmin Roy a mis sur pied sa fondation et qu'il offre des conférences au sein des écoles de la province. Même si les statistiques révèlent que les insultes homophobes demeurent les plus prononcées en milieu scolaire, il considère que l'on avance en la matière. «Je trouve que ça s'améliore tranquillement dans les écoles. Quand j'ai commencé à donner mes conférences dans les écoles, les jeunes ne pouvaient même pas me donner la définition de ce qu'était l'intimidation. Aujourd'hui ils savent et déjà quand tu es capable de nommer ton problème, ça aide beaucoup.»

En peu de temps, il a aussi senti que dans la population en général, l'intimidation était rendue inacceptable aussi. «Je sens que les gens sont plus concernés. De plus en pus les jeunes trouvent que l'intimidation est inadmissible, mais parfois ils se laissent emporter par la vague. Il y a toujours des témoins», dit-il. «L'intimidation est un problème de communauté. Des fois, on n'est pas admissible

«Par rapport au combat des femmes, on décrit la violence conjugale depuis bien plus longtemps, il y en a encore. Je pense que ça va faire partie des combats. C'est correct d'avoir l'égalité juridique, mais par la suite il fait voir comment s'installe l'égalité sociale. Les gais et les femmes, on est à peu près dans le même combat», considère-t-il.

Au sein de l'organisation, on espère réunir quelques centaines de personnes au Zumbathon, qui se tiendra le 7 novembre à 19 h 30 au CAPS. Un service de garderie à 5$ sera offert sur place, avec la présence de deux magiciens. Les billets sont disponibles au coût de 20$ au CAPS, au Centre Laser de Trois-Rivières, au Centre Jean-Noël Trudel; au Centre L'Étape de Louiseville, chez Énergika à Shawinigan-sud, de même qu'à l'adresse: centreenergika.com.

Dans la poursuite de son travail contre l'intimidation, Jasmin Roy a publié cette semaine #Bitch, un essai qui fait la lumière sur la relation que les jeunes filles d'aujourd'hui entretiennent avec la violence entre elles parfois depuis l'école primaire, un univers qui lui a fait vivre un choc générationnel de taille, dit-il.

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