Les employés de la fonction publique inquiets

Ces manifestants comptaient parmi les 18 177 membres... (François Gervais)

Agrandir

Ces manifestants comptaient parmi les 18 177 membres du front commun en Mauricie et 11 025 du Centre-du-Québec en grève mercredi.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Surcharge de travail; aucune augmentation de salaire pendant trois ans et 1 % pour les deux autres années; une mobilité accrue obligeant certains employés à travailler jusqu'à 250 kilomètres de leur résidence; perte des conditions du fonds de pension et l'âge de la retraite sans pénalité qui passe de 60 à 62 ans. Voilà pourquoi les employés syndiqués de l'État ont manifesté leur mécontentement et leur inquiétude, mercredi.

«Ils nous ont redonné des primes qu'ils nous avaient enlevées, mais ça, c'est du gain qu'on a eu à la dernière convention collective. Donc, c'est du vieux gagné qu'ils nous avaient retiré», raconte Andrée Guillemette, présidente de la Fédération des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires.

«Ils les ont ramenées, mais tout ce qu'ils nous redonnent est conditionnel à l'acceptation du global», déplore-t-elle.

«Si le gouvernement actuel avait un vrai projet pour le Québec, il pourrait faire le choix d'investir dans les infrastructures ou d'investir dans les conditions de travail et les salaires de la fonction publique parce que 1 $ que tu mets dans la fonction publique va aller en économie locale, ça c'est garanti», fait valoir Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur-du-Québec CSN.

Le gouvernement «n'en a rien à foutre, de la population. Il veut faire de l'argent et en faire faire au privé», résume-t-il.

Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionels CSN estime qu'il y a un gros problème au niveau sectoriel. «Ce qu'il y a sur la table, c'est une opération comptable uniquement», explique-t-elle.

Mme Langlois fait valoir qu'il y a beaucoup de pénuries de main-d'oeuvre et «il y a beaucoup de professions qui sont attirées vers le privé car elles y sont mieux rémunérées», dit-elle. Au niveau du ministère de la Santé et des Services sociaux, ajoute-t-elle, «au lieu de donner des conditions de travail adéquates, on va plutôt miser sur la captivité. Leurs enjeux, c'est augmenter la mobilité, augmenter la flexibilité, augmenter la disponibilité, tout ce qui est contraire à une bonne gestion», dit-elle.

Gabrielle Messier, présidente du Syndicat des employés de soutien scolaire Chemin-du-Roy CSN, manifestait mercredi avec quelque 800 employés représentant 32 classes d'emplois. Pour ses membres, la question salariale est un problème. «Le salaire moyen, pour les personnes qui possèdent un poste de personnel de soutien, c'est 35 000 $ par année. Ça, c'est pour les plus gras durs», ironise-t-elle.

Près de 400 personnes (à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy) travaillent toutefois moins de 25 heures par semaine et leur salaire annuel est autour de 14 000 $, dit-elle. Il leur faut donc cumuler deux emplois. «Ce qui est présentement sur la table» n'aidera pas, ajoute-t-elle. «Ce sont des reculs et des gels de salaire.»

Claudia Cousin, du Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges, explique de son côté que «le gouvernement Couillard est méprisant envers nous. Ils ne nous écoute pas. Il ne réalise pas ce qui se passe sur le terrain. Et dans les offres qu'il nous fait, il n'y a rien dans ça pour améliorer l'éducation publique au Québec», dit-elle.

Jocelyn Landry, animateur de vie spirituelle dans les écoles de la région, était fièrement sur la ligne de piquetage, hier, avec sa pancarte. «On manifeste pour des conditions de travail décentes. Malheureusement, M. Couillard est un médecin et il exerce une médecine du Moyen Âge, c'est-à-dire des saignées, des saignées, des saignées. On coupe partout et ce sont les élèves qui en paient les frais. C'est inacceptable», dit-il.

«Nos élèves qui ont des retards d'apprentissage importants vont parfois en orthopédagogie; ils vont voir le technicien en éducation spécialisée; ils vont voir le psychoéducateur; ils vont voir l'orthophoniste. Quand ces services professionnels-là sont réduits, on est obligé de se demander lequel on va envoyer recevoir les services. J'en ai 10 qui ont des besoins, mais je vais pouvoir en envoyer seulement trois», raconte Claudia Cousin pour illustrer la situation qui se vit.

C'est ce genre d'austérité que dénonçaient aussi les employés de la fonction publique mercredi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer