La grogne envahit les rues

Les employés syndiqués de l'État ont manifesté leur... (François Gervais)

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Les employés syndiqués de l'État ont manifesté leur mécontentement et leur inquiétude, mercredi.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pas moins de 18 177 syndiqués en Mauricie et 11 025 du Centre-du-Québec ont établi leur ligne de piquetage tôt, mercredi matin, devant leur lieu de travail respectif dans le cadre de la première d'une série de journées de grève du Front commun au Québec.

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Plusieurs leaders syndicaux sont venus appuyer les troupes, mercredi, dont Louise Chabot, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec qu'on voit ici à l'école des Pionniers.

François Gervais

Un grand rassemblement d'environ 2000 syndiqués s'est tenu sur l'heure du dîner dans le parc Champlain, à Trois-Rivières et en plein milieu de la rue Royale qui a été fermée pendant quelques heures à cette occasion.

Par la suite, les manifestants ont emprunté la rue des Forges et marché jusqu'au parc de l'Exposition.

Les commissions scolaires de l'Énergie, La Riveraine et Chemin-du-Roy ont été fermées toute la journée, de même que le Cégep de Trois-Rivières, le Centre d'études collégiales de La Tuque et le Collège Shawinigan.

Du côté des quelque 125 bâtiments du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec, où sont dispensés les services de CLSC, CHSLD et hospitaliers, les employés ont tenu des périodes de grève de 42 à 45 minutes, ce qui eu pour effet de ne créer qu'un ralentissement dans les cliniques sans rendez-vous pour les prises de sang, a indiqué hier Sylvain Chartier, directeur adjoint aux ressources humaines du CIUSSS. En fait, 90 % des services ont été maintenus toute la journée malgré les manifestations.

M. Chartier indique que la date de la grève étant connue, les rendez-vous pour les chirurgies ont été pris en moins grand nombre puisque le personnel était réduit dans les salles d'opération. Les chirurgies prévues mercredi ont ainsi pu être réalisées, dit-il.

«On constate une belle motivation. Les gens sont debout, présents. Il y a une intime conviction que ce que l'on fait est légitime parce qu'on le fait pour l'amélioration des services publics avec une préoccupation liée à nos conditions de travail», a indiqué pour sa part le président du Syndicat des enseignants du  Cégep de Trois-Rivières, Jean Fournier alors que 400 manifestants se sont rassemblés aux abords de l'établissement.

«Quand on leur dit qu'il faudra durer, les gens sont là en disant oui, on va durer tant que le gouvernement ne comprendra pas qu'on est sérieux et que ce qu'on fait, c'est légitime», dit-il.

Plusieurs membres de la direction du Cégep de Trois-Rivières sont allés saluer les manifestants, mercredi. «On sent une sensibilité», estime M. Fournier.

Parmi les groupes armés de pancartes et de slogans, on comptait environ 600 professionnelles et professionnels de l'éducation des commissions scolaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec - psychologues, orthophonistes, psychoéducateurs, orthopédagogues, orienteurs scolaires et autres - qui se sont ralliés au grand rassemblement CSQ du personnel de l'éducation au parc Champlain de Trois-Rivières.

«Avant même que débutent les compressions dans le milieu de l'éducation, les professionnelles et professionnels n'étaient pas assez nombreux pour suffire à la tâche devant les besoins croissants des élèves», a plaidé hier le président du SPPECCQ, Denis Bastarache.

Plusieurs leaders syndicaux sont venus appuyer les troupes sur différentes lignes de piquetage. C'est le cas de Louise Chabot, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, qui a vécu cette journée du 28 octobre à Trois-Rivières avec des syndiqués qu'elle trouve, dit-elle, «déterminés».

«Ils ont raison d'être fiers de la lutte qu'ils mènent actuellement», dit-elle, pour «dénoncer le sous-investissement en éducation.»

«Il y a un mépris à l'endroit du travail qu'ils font avec les jeunes. Leur lutte est à la fois pour leurs conditions d'exercice et pour l'apprentissage de nos enfants», dit-elle.

«Les salariés du secteur public, en comparaison avec les autres salariés au Québec, sont 7,5 % en retard», indique Pierre Patry, le trésorier de la CSN. Avec ce que propose Québec, dit-il, «l'écart s'agrandirait. Ce sont les services publics qui vont écoper.»

Il n'y a pas que le salaire et la retraite qui sont remis en question. Luc Vandal, président du Syndicat des enseignants du Collège Shawinigan et Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles CSN rappelle que la surcharge de travail et la mobilité représentent des enjeux importants.

«Ils veulent agrandir la zone» de 50 kilomètres à 250 kilomètres pour replacer les employés qui se trouvent en surplus, explique M. Vandal. «Pour quelqu'un qui a une famille, ça veut dire que tu peux déménager à La Tuque, à Victoriaville, à Sherbrooke, dans Charlevoix, à Québec, à Montréal», illustre-t-il.

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