Le PQ réclame la tête de la ministre Thériault

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault,... (Achives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a été envahie par l'émotion lors d'un point de presse vendredi, alors qu'elle annonçait la tenue d'une enquête visant à faire la lumière sur des soupçons d'agressions de policiers de la Sûreté du Québec de Val-d'Or à l'endroit de femmes autochtones.

Achives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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La Presse Canadienne

L'opposition péquiste réclame la tête de la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, jugée incompétente dans sa gestion des allégations de mauvais traitements subis par des femmes autochtones de Val-d'Or.

C'est la deuxième fois que le Parti québécois juge que Mme Thériault ne se montre pas digne de ses fonctions. La première fois c'était lors de l'évasion spectaculaire de détenus de la prison d'Orsainville en juin 2014.

L'opposition officielle exhorte par ailleurs le gouvernement à confier l'enquête en cours sur ces incidents au tout nouveau Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), qui est en train de voir le jour. Cet avis est partagé par la Coalition avenir Québec et Québec solidaire.

Vendredi, la ministre Thériault a plutôt demandé au Service de police de la ville de Montréal (SPVM) de reprendre l'enquête entreprise par la Sûreté du Québec (SQ), compte tenu que les allégations en question visaient huit policiers de la SQ, suspendus depuis.

Quelques femmes autochtones de Val-d'Or prétendent avoir été victimes d'abus de pouvoir et d'agressions sexuelles par des policiers de la SQ de l'endroit.

La ministre Thériault a manqué de jugement dans ce dossier et a fait preuve d'un comportement erratique, a dénoncé mardi le leader parlementaire de l'opposition péquiste, Bernard Drainville, en point de presse, en rappelant que la ministre avait été informée de ces allégations dès la mi-mai. «Sa gestion du dossier montre une incompétence navrante», selon celui qui réclame une enquête indépendante sur les incidents de Val-d'Or.

«Si elle ne démissionne pas, le premier ministre du Québec devrait demander sa démission», a revendiqué M. Drainville.

En s'appuyant sur une recommandation de la protectrice du citoyen de créer une enquête ad hoc sur les incidents, le PQ juge que Québec devrait confier l'enquête au BEI, même s'il n'est pas encore opérationnel.

Le premier ministre Philippe Couillard a rejeté ce scénario, la directrice du BEI, Madeleine Giauque, ayant signifié que son équipe ne serait pas prête à fonctionner avant avril 2016. Mme Giauque est en fonction depuis janvier 2015.

De son côté, privilégiant une approche plus globale, Québec solidaire souhaite plutôt que le gouvernement crée un comité «Opération réconciliation» dirigé par le premier ministre Couillard. Le mandat de ce comité serait de s'attaquer «au problème de fond» de la discrimination systémique dont les autochtones font les frais, a fait valoir la députée Manon Massé, en point de presse.

Le gouvernement ne rejette pas l'idée de mener une enquête plus large sur les conditions de vie des autochtones, mais attend de connaître le mandat de l'enquête promise par le premier ministre fédéral désigné Justin Trudeau, qui devrait faire la lumière sur plusieurs cas de femmes autochtones assassinées ou disparues.

Chose certaine, si Québec déclenche une telle enquête, elle serait «complémentaire» à celle menée par Ottawa, a indiqué le premier ministre Couillard, en point de presse en matinée à Montréal, puis en Chambre en après-midi.

Du même souffle, M. Couillard a demandé une réforme de la Loi sur les indiens, une loi fédérale désuète qui «garde nos peuples autochtones dans un état de dépendance», a-t-il déploré.

En se référant à Ottawa, le gouvernement Couillard tente de faire diversion, selon le chef de l'opposition officielle, qui réclame la justice et l'apparence de justice pour les autochtones. À ce chapitre, le gouvernement Couillard ne passe «pas le test», a dit Pierre Karl Péladeau, en point de presse.

Quant à elle, la cible des attaques de l'opposition péquiste, la ministre Thériault, s'est faite plutôt discrète, mardi. Lors d'un échange de quelques secondes avec les journalistes,

Mme Thériault a dit qu'il fallait «attendre de voir ce que le gouvernement fédéral était pour faire» avant d'agir.

Deux ministres ont pris le relais, la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, et le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, qui ont rencontré les médias pour décrire certaines mesures prises à court terme par le gouvernement pour mieux soutenir les autochtones de Val-d'Or.

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