Semaine chaude sur les lignes de piquetage

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En tout, ce sont 18 117 membres en règle qui observeront, mercredi, une première journée de grève en Mauricie, alors qu'ils seront 11 025 au Centre-du-Québec. Dans l'éventualité où l'impasse persisterait lors des négociations, d'autres journées de débrayage sont prévues les 12 et 13 novembre, ainsi que les 1er, 2 et 3 décembr

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(Trois-Rivières) Malgré les températures automnales, la semaine s'annonce chaude pour les différents syndicats représentant les travailleurs de l'État. Un peu partout au Québec, des lignes de piquetage s'érigeront dès lundi. En Mauricie et au Centre-du-Québec, les enseignants et autres fonctionnaires feront connaître leur mécontentement sur la place publique mercredi.

Première dans l'histoire récente du Cégep de Trois-Rivières, les trois syndicats sortiront leurs pancartes ensemble. Plus de 300 personnes sont attendues en avant-midi, et autant en après-midi, aux abords du Pavillon des Humanités. Ainsi, les membres du Syndicat des professeures et professeurs, du Syndicat des employés de soutien et du Syndicat des professionnelles et des professionnels mettront leur voix à l'unisson pour rappeler à la population et au gouvernement la richesse du système d'éducation québécois.

«Les services publics sont l'un des plus beaux trésors au Québec. Par ce constat, il faut prendre soin de nos services publics. Et on prend soin de nos services publics lorsqu'on offre de bonnes conditions de travail à nos travailleurs et à nos travailleuses, qui sont celles et ceux qui offrent les services publics. Quand on y pense, nous avons là un joyau extraordinaire: avec 450 000 travailleurs, nous sommes le plus gros employeur au Canada. Ce n'est pas rien», note le président du Syndicat des professeures et professeurs du CEGEP de Trois-Rivières, Jean Fournier, qui représente 450 membres.

Ce dernier est d'avis que le gouvernement du Québec aurait tout intérêt à entendre les desiderata de ses employés. D'autant plus, estime M. Fournier, que ses membres sont prêts à mener une bataille rangée de longue haleine si le gouvernement persiste et ne signe plus que des lettres mortes à la table de négociation.

Ainsi, le premier ministre Philippe Couillard pourrait prendre exemple sur son homologue canadien, Justin Trudeau, en faisant part clairement aux employés de l'État que leur travail est non seulement important, mais également apprécié. Rappelons qu'à moins d'un mois des élections, l'actuel premier ministre désigné avait rédigé une lettre aux fonctionnaires où il indiquait «qu'une fonction publique appréciée des Canadiens, qui est aussi une source de fierté pour ses membres, doit être appréciée par son gouvernement.»

Au Québec, remarque M. Fournier, on prône plutôt le discours inverse. «Le ministre Blais indiquait la semaine dernière que son personnel ne travaillait pas toujours très bien et que des fonctionnaires, on en avait peut-être trop. C'est un peu aberrant, ça. On attend de nos gouvernements, au minimum, de la considération», renchérit-il. «On prend la rue parce qu'il faut le faire, et non par plaisir. Et on va le faire aussi longtemps qu'il faudra le faire.»

Dans une lettre à paraître mercredi, M. Fournier se dit conscient que ces journées de grève auront un impact sur la population. «Nous allons assurer l'exercice de ces journées de grève non sans savoir qu'elles provoqueront des conséquences de toutes sortes auprès de la population. Mais en même temps, l'exercice de cette grève est légal, légitime et nécessaire afin de passer un message univoque: nous sommes les services publics», écrit-il.

À noter qu'il y aura également grève, mercredi, au Collège Shawinigan, ainsi qu'au Centre d'études collégiales de La Tuque.

Du côté du Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges, des lignes de piquetage se formeront dès 7 h 30 devant chacun des établissements scolaires membres. Les enseignants se réuniront par la suite au parc Champlain vers 11 h 30 où un dîner, des prises de parole et de la musique réchaufferont les manifestants. Enfin, ces derniers entreprendront une marche solidaire jusqu'au parc de l'Exposition, où ils seront rejoints par leurs camarades de la Riveraine et du Syndicat de l'enseignement de la Mauricie.

«On s'attend à une très forte mobilisation», prédit la présidente du Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges, Claudia Cousin. «Même si porter l'école à bout bras c'est pesant, on ne baissera pas les bras.»

La présidente du Syndicat du soutien scolaire à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Gabrielle Messier, dont les 1000 membres débraieront également mercredi, lance un message tout aussi clair au gouvernement: «Nous sommes sérieux dans nos demandes, nous sommes sérieux dans nos démarches.»

Le Syndicat du soutien scolaire représente plus d'une trentaine de classes d'emploi, du technicien en éducation spécialisée au préposé à l'entretien ménager. Les membres de Mme Messier se rassembleront devant leur établissement respectif mercredi entre 7 h 30 et 9 h 30, voire devant le centre administratif de la rue Sainte-Marguerite, avant de converger vers le stationnement de l'école Bel-Avenir (édifice De La Salle) entre 10 h et midi.

Outre les professeurs et professionnels de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, leurs collègues de la Commission scolaire de l'Énergie se joindront au mouvement du Front commun mercredi.

Idem pour les employés du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec qui, toujours mercredi, décupleront ce grincement de dents collectif.

En tout, ce sont 18 117 membres en règle qui observeront, mercredi, une première journée de grève en Mauricie, alors qu'ils seront 11 025 au Centre-du-Québec. Dans l'éventualité où l'impasse persisterait lors des négociations, d'autres journées de débrayage sont prévues les 12 et 13 novembre, ainsi que les 1er, 2 et 3 décembre.

Ailleurs au Québec

Dès lundi, tant les enseignants que les professionnels de la santé et autres fonctionnaires réchaufferont les trottoirs en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue, dans les Laurentides, dans Lanaudière, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et dans le Nord-du-Québec.

Mardi, les grévistes sonneront le tocsin à Québec, dans Chaudière-Appalaches, dans le Bas-Saint-Laurent, sur la Côte-Nord, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Mercredi, des piquets de grève se planteront en Mauricie, certes, mais également en Estrie, en Montérégie et au Centre-du-Québec, alors que la journée de jeudi sera réservée à la grande région de Montréal et de Laval.

Rappelons que les conventions collectives de près de 450 000 employés de l'État québécois sont échues depuis le 31 mars dernier et que les syndicatsaccusent le gouvernement d'intransigeance à la table des négociations.

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