Grève des traversiers: Québec effleure l'idée d'une loi spéciale

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Alors que les officiers des traversiers ont de nouveau refusé les offres de l'employeur et renouvelé leur mandat de grève, vendredi, le président du Conseil du trésor Martin Coiteux a prévenu que la patience du gouvernement «avait ses limites» et que la prochaine semaine serait «déterminante».

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Alors que les officiers des traversiers ont de nouveau refusé les offres de l'employeur et renouvelé leur mandat de grève, vendredi, le président du Conseil du trésor Martin Coiteux a prévenu que la patience du gouvernement «avait ses limites» et que la prochaine semaine serait «déterminante».

Bien qu'il souhaite un règlement négocié du conflit de travail, M. Coiteux a soutenu lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale que le gouvernement ne pouvait tolérer que «la population soit prise en otage» indéfiniment.

À mots couverts, il a évoqué la possibilité de présenter une loi spéciale «lorsque sa limite sera atteinte». L'argentier du gouvernement a répété que les prochains jours seraient importants pour déterminer la suite des choses.

Au terme d'un vote tenu sur plusieurs jours, les employés de la Société des traversiers ont rejeté à 91 pour cent les propositions patronales et 78 pour cent ont choisi de continuer leurs moyens de pression, a annoncé le syndicat des Métallos.

Selon M. Coiteux, l'employeur avait soumis des offres et les employés les ont refusées en remettant une «nouvelle liste d'épicerie qui n'existait pas auparavant».

Les employés du service de traversier, qui assure les traverses de Québec/Lévis, Sorel/Saint-Ignace-de-Loyola, l'Isle-aux-Coudres/Saint-Joseph-de-la-Rive, Matane/Baie-Comeau/Godbout et Tadoussac/Baie-Sainte-Catherine, sont en grève depuis le 13 octobre dans le cadre des négociations de leur convention collective, échue depuis le 31 mars. Certaines traverses continuent d'offrir un service de base, d'autres l'ont complètement interrompu.

Des maires, dont Régis Labeaume à Québec, ont signalé leur intention de déposer une requête à la Commission des relations de travail pour que le service soit considéré comme étant «essentiel».

«Nous sommes conscients que la grève est un moyen de pression qui comporte des inconvénients majeurs pour les usagers. Mais c'est aussi le seul moyen de pression légal dont nous disposons pour avoir un certain rapport de force dans cette négociation», a expliqué le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy, par communiqué.

La Coalition avenir Québec (CAQ) juge qu'il est inconcevable que Québec repousse le problème «dans la cour des municipalités» et demande le dépôt immédiat d'une loi spéciale.

«En n'agissant pas, il (M. Coiteux) fait preuve d'une très, très grande mollesse», a déploré Donald Martel, porte-parole de la CAQ en matière de stratégie maritime, en conférence de presse.

Une option que Martine Ouellet, porte-parole péquiste en matière de Transports, rejette du revers de la main. 

«Ça déséquilibrerait complètement le rapport de force entre la partie patronale et la partie syndicale, s'inquiète-t-elle. C'est sûr que si le gouvernement commence à utiliser ce genre de recours-là, ils se mettent moins à la table des négociations et ils négocient moins.»

Le Parti québécois demande toutefois à la Commission des services essentiels de réévaluer la situation, particulièrement pour la traverse Sorel/Saint-Ignace-de-Loyola et celle de Matane/Baie-Comeau/Godbout.

Son collègue Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia, a souligné que le traversier Matane/Baie-Comeau/Godbout est un service «vital pour l'économie» de la région.

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