Attentat au parlement: un drame qui a laissé des traces

Justin Trudeau et Stephen Harper ont participé, jeudi,... (Photo: La Presse Canadienne)

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Justin Trudeau et Stephen Harper ont participé, jeudi, à une cérémonie marquant le premier anniversaire de l'attaque au cénotaphe et sur la Colline du Parlement à Ottawa par Michael Zehaf Bibeau.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

Il y a un an, Robert Aubin se trouvait dans la salle du caucus de son parti lorsque Michael Zehaf Bibeau s'est mis à semer la terreur sur la colline parlementaire. Douze mois plus tard, le député fédéral de Trois-Rivières, fraîchement réélu, admet avoir développé une sensibilité nouvelle envers ce genre d'actualité.

«Ça change ma perception d'une nouvelle nationale ou internationale. Je n'ai pas conservé de séquelles au quotidien, mais je connais le son d'une détonation d'arme à feu. Une fusillade n'est plus quelque chose de théorique», a-t-il confié.

Celui-ci avait eu le réflexe d'appliquer sur-le-champ les consignes de sécurité qu'on lui avait enseignées au Séminaire Saint-Joseph: fermer et verrouiller les portes, se barricader et se coucher par terre en attendant les secours.

«Le bruit était tout de même imposant à cause de l'architecture du parlement qui provoque beaucoup de réverbération du son», avait-il raconté ce jour-là.

Selon lui, dès le lendemain, «on sentait bien que les lieux avaient été mieux sécurisés», d'où son sentiment de confiance à circuler sur le site depuis ce temps. «Ils ont réussi à trouver cet équilibre entre la sécurité des membres du Parlement et celle des visiteurs car c'est la maison du peuple», croit M. Aubin.

Stephen Harper et Justin Trudeau, le premier ministre canadien sortant et son successeur, commémoraient jeudi le premier anniversaire de deux attaques par des jeunes radicalisés aux idées jihadistes et qui ont coûté la vie à deux soldats, dont celle du parlement. Cette cérémonie constituait la première sortie officielle de M. Trudeau, dont le Parti libéral formera le prochain gouvernement après sa large victoire aux élections législatives de lundi. Ces deux attaques constituaient les premiers actes terroristes à caractère jihadiste de l'histoire canadienne.

Même s'il n'assistait pas à la cérémonie à Ottawa, le député du NPD avait une pensée pour les deux militaires «qui ont laissé leur vie» à quelques jours d'intervalle, Patrice Vincent et Nathan Cirillo.

«La grande question qui n'a pas été résolue par les conservateurs, c'est quelles sont les mesures de déradicalisation pour prévenir ces faits-là? Je l'ai vécu de très près et de l'interne, j'ai une grande réticence à parler d'un acte de terrorisme», soulève-t-il comme interrogation, évoquant un «gars isolé avec une arme rudimentaire».

D'où l'opposition de son parti au fameux projet de loi C-51. «On va certainement revenir là-dessus. Tous les bons coups réussis par la GRC l'ont été par les lois précédentes. Ce n'est pas une question de loi, mais de ressources qu'on n'affectaient pas suffisamment à la GRC. Le projet de loi C-51 empiète sur les droits personnels», déplore celui qui rappelle la fin de l'hymne national, qui parle de protéger nos foyers et nos droits. «On doit faire les deux», a-t-il précisé.

«S'il avait fallu...»

Pour sa part, le doyen à la Chambre des communes, Louis Plamondon, reste encore surpris, un an plus tard, que l'assaut du 22 octobre 2014 n'ait pas pris une tournure plus dramatique alors que le suspect était passé tout près des salles où les partis d'opposition tenaient leur caucus.

«S'il avait fallu qu'il ait deux grenades, une mitrailleuse...», laisse échapper celui qui, quelques instants après les coups de feu, avouait avoir frôlé la catastrophe. «Ça m'arrive encore, quand j'y vais, de voir le corridor», renchérit celui qui s'imagine alors la scène de la fusillade. Et il ne cache pas «avoir regardé d'un bord, pis de l'autre» pendant un mois. 

Même s'il juge la colline parlementaire très sécuritaire, le député du Bloc québécois dans Bécancour-Nicolet-Saurel, qui vient d'être réélu pour un dixième mandat, croit néanmoins «qu'un fou ou une faille peut arriver, quelle que soit la sécurité».

Finalement, même s'il était retenu à Montréal jeudi pour les affaires de son parti, M. Plamondon s'est désolé du sort qui fut réservé à ce militaire, assassiné alors qu'il n'était pas en état de guerre, mais en tour de garde.

«C'est tellement triste. C'est inacceptable. Quand je passe près du Monument, il n'y a pas une fois que je ne pense pas à ce gars-là», a-t-il conclu.

Avec la collaboration de La Presse Canadienne

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