Ambitieux projet à Saint-Jean-des-Piles

Au bout d'une route sinueuse d'environ un kilomètre... (Photo: François Gervais)

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Au bout d'une route sinueuse d'environ un kilomètre en montagne en face du lac Olscamp doit apparaître, un jour, un majestueux hôtel qui surplombera la rivière Saint-Maurice. Jean Cloutier représente les promoteurs dans cet ambitieux projet récréotouristique.

Photo: François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'impressionnant projet de développement récréotouristique axé sur le thème du western en cours dans le secteur Saint-Jean-des-Piles a franchi une nouvelle étape, lors de la dernière séance publique du conseil municipal de Shawinigan. Les élus ont pris en considération certaines inquiétudes formulées lors de l'assemblée publique de consultation, le 21 septembre.

Ce projet de plusieurs dizaines de millions de dollars prévoit le développement d'un complexe hôtelier en pleine montagne, vis-à-vis le lac Olscamp. Un peu plus loin, près de l'entrée du Parc national de la Mauricie, les mêmes promoteurs, le Groupe Terrestria, souhaitent construire une auberge, des condos-hôtels et une vaste écurie, avec manège équestre et saloon.

L'ambitieux développement a été présenté pour la première fois en assemblée publique de consultation parce que la Ville de Shawinigan doit adopter deux projets particuliers de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble (PPCMOI) pour que les investissements prévus respectent le zonage. Des changements ciblés doivent être effectués pour autoriser les nouveaux usages.

En assemblée publique le 6 octobre, le conseil municipal a donc adopté le deuxième projet de résolution pour chaque PPCMOI, en se servant des commentaires recueillis à l'assemblée de consultation pour modifier les règlements initiaux votés en séance extraordinaire, le 31 août.

En ce qui concerne la phase 1, tout près du Parc national de la Mauricie, le conseil municipal a retiré la dérogation demandée à la grille de spécifications du Règlement de zonage pour que soit autorisé l'aménagement d'une marina, d'un port de plaisance et d'un quai d'embarquement pour croisière, un élément qui avait suscité une vive opposition lors de l'assemblée publique de consultation. Les élus ont remplacé cet élément par la possibilité d'accepter un service de location d'embarcations nautiques non motorisées.

Par ailleurs, un nombre maximal de 25 appartements de condos-hôtels, incluant les appartements à temps partagé, est autorisé lors de cette phase. Aucun nombre n'était spécifié lors du projet initial.

La deuxième version du PPCMOI prévoit aussi des dispositions au sujet de la construction et de l'installation de quais sur le bord de la rivière Saint-Maurice. Pour obtenir un permis en ce sens, les promoteurs devront avoir réalisé les deux bâtiments principaux d'usage commercial, soit l'auberge et le manège équestre.

La Ville a également précisé certaines obligations liées à l'exploitation d'une fermette. De façon plus explicite, elle indique que les promoteurs doivent respecter toutes les normes applicables, notamment en matière environnementale et en disposition des déjections animales. Des citoyens avaient soulevé spécifiquement cette préoccupation lors de l'assemblée de consultation.

Dans la deuxième phase, la Ville impose également deux nouvelles conditions au sujet de l'implantation et la construction de bâtiments d'usage résidentiel. Ainsi, les habitations unifamiliales et multifamiliales ne doivent pas dépasser cinq logements. De plus, un nombre maximal de 35 appartements de condos-hôtels, incluant les appartements à temps partagé, est autorisé.

Un changement un peu plus technique a également été adopté pour les deux phases en ce qui concerne le reboisement. À l'origine, l'une des mesures de renaturalisation prévoyait que les essences d'arbres composant l'aire boisée soient constituées de conifères indigènes dans une proportion minimale de 50 %. La nouvelle version prévoit simplement que la disposition et la proportion des essences d'arbres soient approuvées par le Service de l'aménagement et de l'environnement de la Ville de Shawinigan.

Un avis public portant sur une demande d'approbation référendaire sera publiée la semaine prochaine, dans l'Hebdo du Saint-Maurice. Il expliquera concrètement la démarche à suivre pour ceux qui s'opposent au projet. Si aucune demande n'est formulée, les dernières versions des PPCMOI devraient être adoptées à la séance régulière du conseil municipal du 10 novembre.

La phase 1 du projet du Groupe Terrestria... (Photo: François Gervais.) - image 2.0

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La phase 1 du projet du Groupe Terrestria prévoit l'aménagement d'une importante écurie et de plusieurs condos-hôtels sur ce site, situé à environ 1,5 kilomètre de l'entrée du Parc national de la Mauricie.

Photo: François Gervais.

«On veut une paix sociale»

L'abandon du projet de marina dans le secteur Saint-Jean-des-Piles représente un irritant pour le Groupe Terrestria, mais pas au point de remettre en question les dizaines de millions de dollars prévus pour la réalisation des deux phases du projet récréotouristique.

Jean Cloutier, responsable du concept de développement, convient que les promoteurs comprennent que la Ville doit prêter oreille aux inquiétudes des citoyens pour favoriser la réussite de l'initiative.

«Nous n'irons pas faire un projet à contre-courant», commente-t-il. «On veut une paix sociale. C'est évident qu'on aurait préféré avoir une grosse marina plutôt que d'avoir simplement une permission pour les gens qui achèteront une propriété. Nous aurions préféré autre chose, mais on fera ce qu'il faut.»

M. Cloutier opine que la navigabilité sur le Saint-Maurice représente «l'épine dorsale» du développement touristique de la région. Par contre, la Ville de Shawinigan travaille déjà sur un projet de marina, soit sur le site de l'ancienne usine Laurentides ou encore, avec les promoteurs des Quais du Saint-Maurice, au carrefour de l'autoroute de l'Énergie et de la rivière.

Le concept de marina compris dans la dernière version du projet implique simplement la présence de quais pour les propriétaires qui feront l'acquisition de condos-hôtels et non d'un service public comme les promoteurs le souhaitaient.

Le maire, Michel Angers, croit que ce compromis satisfera les gens.

«Les citoyens nous ont dit qu'ils n'avaient pas de problème avec la présence de quais pour que les gens puissent accoster», se souvient-il. «Ce qu'ils ne veulent pas, c'est qu'il y ait un stationnement et du va-et-vient provoqué par des visiteurs qui arrivent avec leurs bateaux.»

Le représentant des promoteurs ajoute que le concept de développement, axé sur l'hébergement autour d'une thématique western, doit être accompagné d'attractions intéressantes pour les touristes. Sur ce plan, la marina cadrait très bien avec cette philosophie.

«Nous aurons le plus gros village western de l'est du Canada», rappelle-t-il. «Le but principal demeure l'immobilier touristique, mais il faut aller chercher le plus d'activités possibles pour mettre autour du développement.»

Malgré cette déception, les promoteurs continuent à regarder en avant. Rappelons que le Groupe Terrestria est présidé par l'homme d'affaires André Bellerive, de Saint-Boniface.

«Rien ne compromet ce projet», tranche M. Cloutier. «Surtout que lors du forum de consultation de la semaine dernière, nous avons été identifiés comme un moteur pour le développement de la rivière Saint-Maurice.»

Parc équestre

Lors de l'assemblée de consultation publique du 21 septembre, M. Cloutier avait mentionné que les modifications apportées à la vocation du Parc équestre de Blainville constituaient une formidable opportunité pour le projet de Saint-Jean-des-Piles. 

Or, cette infrastructure municipale enregistrait des déficits de 400 000 $ à 800 000 $ par année, selon le maire, Richard Perreault. La baisse de popularité des compétitions équestres a incité la Municipalité à changer la vocation d'une partie du site en souhaitant y aménager deux terrains de soccer et un espace multifonctionnel. 

«C'était le plus gros parc équestre du Québec», mentionne M. Cloutier. «Ces terrains sont visés par des promoteurs immobiliers. Blainville est en pleine expansion; ils ont absolument besoin de terrains. Ils vont faire beaucoup d'argent plutôt que de gérer une activité qui ne plaît pas à tous.»

«Pour nous, ce volet western est moins payant que l'immobilier», convient-il. «Mais c'est notre leader ! Le but est de vendre des terrains et de faire de l'hôtellerie. Nous avons choisi la thématique du western parce qu'elle est porteuse à travers le monde. Mais ça ne veut pas dire que si on mettait juste des chevaux, on ferait de l'argent !»

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