Traversiers: les usagers devront prendre leur mal en patience

La grève touche tous les liens fluviaux du... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La grève touche tous les liens fluviaux du Québec sous la responsabilité de la Société des traversiers du Québec. Dans la capitale, les navires, qui relient habituellement Québec et Lévis, resteront à quai.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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Le Soleil

Les usagers des cinq traverses touchées par la grève déclenchée mardi, dont Sorel/Saint-Ignace-de-Loyola, devront vraisemblablement prendre leur mal en patience. La Société des traversiers du Québec et le syndicat représentant les 150 officiers de navigation et mécaniciens s'accusent mutuellement de mauvaise foi.

Du côté de l'employeur, on ne comprend pas comment les représentants syndicaux ont pu déclencher une grève générale illimitée en se basant sur les dernières offres patronales, alors que ces dernières n'étaient pas encore déposées au moment de recevoir l'avis de grève, il y a un peu plus d'une semaine.

«C'est le syndicat qui a quitté la table le 24 septembre. On a reçu un avis de grève [autour du 2 octobre]. Le 5 octobre, on a déposé des offres patronales générales et finales. On ne pense pas que ça a été présenté devant les travailleurs», a déclaré hier le président-directeur général de la Société des traversiers du Québec (STQ), Jocelyn Fortier. «On peut difficilement prétendre qu'on a déclenché une grève sur les offres patronales.»

Le syndicat rétorque qu'il ne considère pas les documents de la STQ comme une offre sérieuse. «C'est une coquille vide», nous a-t-on fait comprendre. «Il n'y a pas de grille salariale, on ne sait même pas combien nos membres vont gagner l'année prochaine», a expliqué une source syndicale.

Le syndicat réclame une hausse salariale de 13,5 % sur trois ans, alors que la STQ propose 3 % sur cinq ans - la même que toutes les offres gouvernementales aux employés de l'État québécois.

Au cours des deux dernières années du contrat de travail échu en mars dernier, les travailleurs grévistes ont eu droit, selon leur situation, à une «prime d'expérience» de 6,5 %, à une «prime de disponibilité» de 5 % et pouvaient compter sur «un avancement accéléré d'échelons» - selon l'employeur.

Ces avantages sont tombés avec la fin de leur contrat de travail, «comme il était prévu», a indiqué une source gouvernementale. Il n'était pas prévu qu'ils soient reconduits de façon automatique.

Au cours des présentes négociations, l'employeur a toutefois décidé de les reconduire dans le prochain contrat de travail, lorsque celui-ci aura été signé. Le gouvernement aurait prévu une rétroactivité de six mois - à partir de la date de signature de ce prochain contrat de travail. Pas davantage, cependant.

Le syndicat a déjà indiqué qu'il ne voulait plus de ces primes et qu'elles soient plutôt converties en une bonification du salaire de base. Un matelot situé à l'échelon 3 (de 3) gagne actuellement

18,22 $ l'heure, alors qu'un chef mécanicien deuxième classe situé à l'échelon 4 (de 4) gagne 27,99 $ l'heure.

Concernant la légitimité du mandat de grève obtenu par le syndicat, dont certains employés remettent en doute le processus, Jocelyn Fortier a refusé de commenter.

«L'employeur ne doit jamais intervenir. J'ai trop de respect de la loi et des règles», a-t-il tranché, avant de s'en remettre aux travailleurs syndiqués. «Ce sont les seuls qui peuvent intervenir. C'est à eux de vérifier.»

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