Le Nobel de la paix soutient le seul espoir du printemps arabe

Selon le testament du père de la dynamite... (PHOTO BERIT ROALD, ARCHIVES REUTERS)

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Selon le testament du père de la dynamite Alfred Nobel, qui a établi le prix à sa mort en 1896, le Nobel de la paix doit être décerné à la personne ou à l'organisation qui, dans l'année précédente, a «le plus ou le mieux contribué à la fraternité entre les nations, à l'abolition ou à la réduction des forces militaires, à la promotion de la paix ou à la tenue de congrès pacifiques».

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Associated Press

Le Nobel de la paix a consacré vendredi un quartette d'organisations qui a permis de sauver la transition démocratique en Tunisie, berceau et seul espoir du «printemps arabe» mais dont la fragile démocratie reste menacée par la violence jihadiste.

Le comité Nobel norvégien a expliqué que son choix se voulait «un encouragement au peuple tunisien» mais aussi une invitation aux autres pays, notamment au Moyen-Orient, à suivre son exemple.

Le prix est un hommage «à la persévérance et au courage du peuple tunisien», a salué le président américain Barack Obama.

Ce pays a «réussi à éviter la déception et les espoirs gâchés qui ont marqué de manière tragique» le reste du «printemps arabe», a commenté le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Composé de l'UGTT, syndicat historique en Tunisie et fer de lance pour son indépendance, du patronat (UTICA), de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) et de l'Ordre des avocats, le quartette est récompensé «pour sa contribution décisive à la construction d'une démocratie pluraliste à la suite de la Révolution du jasmin de 2011», a déclaré la présidente du comité Nobel, Kaci Kullmann Five.

En sommeil depuis le début de l'année, il avait été formé à l'été 2013 «à un moment où le processus de démocratisation était en danger en raison d'assassinats politiques et de vastes troubles sociaux».

Le renversement de la dictature de Zine El Abidine Ben Ali avait été suivi d'une paralysie institutionnelle à laquelle le quartette a contribué à mettre fin en organisant un long et difficile «dialogue national» entre les islamistes et leurs opposants.

Une nouvelle Constitution a été adoptée début 2014, et le gouvernement mené par les islamistes d'Ennahda, vainqueurs des premières élections libres du pays, a cédé la place à des technocrates pour permettre au pays de sortir d'une grave crise politique.

L'exemple tunisien «montre que des mouvements politiques islamistes et laïques peuvent travailler ensemble pour parvenir à des résultats significatifs», a dit Mme Kullmann Five.

Alors que le printemps arabe a viré au chaos en Libye voisine, au Yémen et en Syrie, ou au retour de la répression en Égypte, la Tunisie est restée sur les rails.

Le Nobel consacre le «chemin consensuel» emprunté par la Tunisie, a réagi son président Béji Caïd Essebsi, élu en décembre.

honneur, encouragement, fierté

Secrétaire général du syndicat UGTT, Houcine Abassi a estimé que le prix était un «hommage aux martyrs de la Tunisie démocratique» tandis que Ouided Bouchamaoui, patronne de l'UTICA, exprimait la «fierté» des organisations récompensées qui ont «réussi là où les autres avaient échoué».

Le soulèvement populaire, qui a fait plus de 300 morts, avait commencé quand un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes s'était immolé par le feu après que les autorités lui eurent confisqué sa marchandise.

Ce Nobel est «un honneur, «un encouragement», une «fierté», ont confié de nombreux Tunisiens, bouleversés, à l'AFP. «Cela nous oblige à montrer au monde que nous sommes à la hauteur de ce prix», dit Naïma Oueslati, une opticienne à Tunis.

Si la Tunisie peut se targuer d'une transition modèle, elle reste fragilisée par les attentats jihadistes.

Celui du musée du Bardo à Tunis, en mars, a fait 22 morts. En juin l'attaque d'un hôtel fréquenté par des touristes étrangers en bord de mer à Sousse a fait 38 morts. C'est encore à Sousse (centre) qu'un député a été la cible jeudi matin d'une tentative d'assassinat par balles.

Le quartette ne figurait pas parmi les favoris du prix, parmi lesquels étaient notamment cités Angela Merkel, le pape et un médecin congolais.

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