Une première journée de grève le 28 octobre

Ils seront près de 400 000 syndiqués en... (Photo: La Presse)

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Ils seront près de 400 000 syndiqués en grève, dès le 26 octobre, aux quatre coins du Québec. En Mauricie et au Centre-du-Québec, les syndiqués se sont donné rendez-vous le 28 octobre.

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(Trois-Rivières) Ils l'ont promis et ils tiendront leur promesse. Les 400 000 syndiqués membres du Front commun ont dévoilé, vendredi, leur calendrier de grève rotative dans les différentes régions du Québec.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, les premiers débrayages se tiendront le 28 octobre prochain. D'autres moyens de pression sont également prévus au calendrier même si, pour l'heure, on se garde bien de jeter cartes sur table.

Au cours des dernières semaines, des mandats de grève ont été votés un à un, association après association, un syndicat après l'autre, parfois avec des majorités quasi soviétiques, comme au Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298 (CSSSTR), où 98 % des 1700 membres se sont prononcés en faveur de la grève comme outil de négociation.

Un mandat on ne peut plus clair, selon le président Rosaire Hamelin. Ce dernier ne cache pas que cette première journée de grève sera suivie par d'autres, le 12 et le 13 novembre, voire le 1er, le 2 et le 3 décembre (grève nationale), si le gouvernement s'obstine et campe sur ses positions.

«Ça n'avance pas, ça ne bouge pas, c'est mort», avoue d'emblée M. Hamelin, qui espère que le dévoilement du calendrier de grève fera pencher la balance gouvernementale. Ainsi, le 28 octobre, ses membres tiendront une ligne de piquetage à raison de 42 à 45 minutes par quart de travail, cela afin d'assurer malgré tout des services aux usagers.

Évidemment, souligne M. Hamelin, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs. Si aucun bénéficiaire ne sera mis en danger faute de soin, certains services pourraient accuser un léger retard. Notons qu'à l'urgence et aux soins intensifs, les services seront assurés à 100%. 

«C'est sûr qu'il peut y avoir certaines petites choses qui peuvent arriver au cours de la journée, par exemple au niveau de l'hygiène, ou dans les cuisines, mais ça n'aura pas une conséquence fâcheuse pour la population. Par contre, pour l'employeur et pour le gouvernement, ça va avoir des conséquences. On ne mettra aucun bénéficiaire en situation dangereuse», assure M. Hamelin. Du même souffle, il mentionne que ces journées de grève ne seront pas les seules actions posées par les membres du Front commun. «Il y a d'autres choses dont je ne peux pas parler, mais il va y avoir d'autres actions à travers tout ça. Il y a un plan d'action à travers ça, au niveau régional et national», laisse-t-il entendre en retenant sa langue.

Les profs en grève

Dans le réseau de l'éducation, le discours des syndicats nationaux et régionaux résonne sur la même note. Du côté des enseignants collégiaux, par exemple, on se dit prêt à décrier dans le cadre d'une grève les propositions gouvernementales, même si on appelle toujours de ses voeux une entente signée dans les plus brefs délais. Entre temps, au Cégep de Trois-Rivières, Jean Fournier croit que ses membres seront au rendez-vous le 28 octobre. De surcroît, les étudiants seront, eux, invités à rentrer chez eux.

«Les négociations sont difficiles. Ça ne veut pas dire que les choses n'avancent pas, mais c'est pénible, c'est difficile. 

Il faut donc augmenter la pression», note le président du Syndicat des professeurs et professeures du Cégep de Trois-Rivières. Un avis partager par son collègue de Shawinigan.

«On sait qu'il y a beaucoup de rencontres qui se tiennent [avec le gouvernement], mais on nous dit que ça n'avance pas autant qu'on voudrait», rapporte Luc Vandal, président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Shawinigan. Le 28 octobre, ses membres seront épaulés par le Syndicat du personnel de soutien, ainsi que celui des professionnels.

Avis aux parents, les professeurs des niveaux primaire et secondaire, de Victoriaville à La Tuque, utiliseront également la journée du 28 octobre pour faire connaître leur mécontentement. Aux commissions scolaires du Chemin-du-Roy et de l'Énergie, on avouait, vendredi, ne pas avoir reçu officiellement le calendrier de grève prévu par le Front commun.

Chose faite, on avertira les parents des élèves concernés par le débrayage, ainsi que les utilisateurs des services de garde. «Dès que nous aurons l'information exacte et précise, nous communiquerons avec les parents», assure Anne-Marie Bellerose, conseillère en communication à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Deux puis trois jours

La journée de grève du 28 octobre pourrait être suivie par d'autres. Si rien ne bouge, les syndiqués ont déjà prévu retourner dans la rue les 12 et 13 novembre, ainsi que les 1er, 2 et 3 décembre. «On vise une gradation dans l'exercice de notre moyen de pression parce que notre objectif est de laisser toute la place possible à la négociation», explique la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque. En décembre, les trois journées de grève prévues seront nationales et non plus rotatives d'une région à l'autre.

Rappelons qu'à la table de négociations, le gouvernement offre un gel salarial pour les trois prochaines années, et deux hausses de 1 % pour les deux années suivantes. Le Front commun réclame en retour une hausse salariale de 13,5 % sur trois ans.

«Ce n'est pas par plaisir qu'on fait ça, la grève. On fait ça parce qu'on veut faire bouger ce gouvernement-là, qui est toujours en mode austérité», insiste André Fleury, président du conseil régional de la FTQ (Mauricie).

À noter que les membres du Syndicat de la fonction publique du Québec, section Mauricie et Centre-du-Québec, seront en grève nationale le 27 octobre, ainsi que les 12 et 13 novembre voire, au besoin, en décembre durant trois jours consécutifs.

Avec la collaboration du Soleil 

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