Accident mortel en Haute-Mauricie: un drame évitable?

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(Trois-Rivières) L'accident impliquant trois jeunes hommes et qui a fait un mort et deux blessés, mercredi dernier, alors que la voiture dans laquelle ils prenaient place a plongé dans la rivière du Milieu, en Haute-Mauricie, aurait-il pu être évité? C'est ce que croient des résidents du lac Chat et des amis de la victime, Michaël Lapointe.

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Les amis de la victime ont publié sur Facebook, samedi en milieu d'après-midi, une photo de la rose qu'ils ont lancée à l'eau alors qu'on voit qu'il n'y a aucune signalisation et une photo après avoir placé les panneaux.

En allant déposer une rose sur les lieux de l'accident, samedi dernier, les amis de la victime ont constaté l'absence de signalisation aux abords du pont où s'est déroulé le drame.

«On s'est rendu là-bas pour lui rendre hommage. On a lancé une rose dans l'eau. On se braillait dans les bras. C'était comme un frère pour moi», raconte Cédrik Lévesque qui était accompagné de deux amis de la victime.

C'est un résident du secteur, qui passait par là, qui a porté à leur attention les lacunes de sécurité. Les trois jeunes en sont venus aux mêmes conclusions que l'homme à un point tel qu'ils ont cru bon sécuriser les lieux eux-mêmes. En effet, ils sont allés récupérer des panneaux de signalisation entassés à proximité d'un autre pont quelques dizaines de mètres plus loin.

«On est allé chercher des panneaux de signalisation laissés à l'autre pont. C'était l'idée du monsieur. On n'avait pas pensé à ça encore. Alors on est allé les ramasser, et on les a placés. On a pris une autre photo et on est resté là en pensant à Michaël».

Pour Cédrik Lévesque, l'absence de signalisation est inconcevable. Il s'explique encore bien mal la situation.

«Comment se fait-il qu'il n'y ait pas de garde-fou à cette place-là? On le voit bien sur la photo, si tu ne vires pas, tu plonges directement dans la rivière. Comment ça se fait que le chemin n'était pas sécurisé à ce point-là?», se questionne-t-il.

Des résidents dénoncent la situation

Pour les résidents du lac Chat, à quelques kilomètres à peine de là, la stupéfaction est aussi grande. On pointe du doigt le chantier laissé à l'abandon, sans signalisation, après des travaux effectués au pont.

«Quand tu reviens vers La Tuque, tu penses que le chemin continue tout droit parce qu'ils ont enlevé toutes les branches et les arbres. Il y a une petite pente avant la courbe et c'est normal que les jeunes aient passé tout droit. Je suis habitué moi, et j'ai fait le saut... en plein jour. Il n'y a aucun garde, rien... pas de ruban, pas de pancarte, rien. C'est un suicide de faire ça», estime un résident du lac Chat qui a contacté Le Nouvelliste pour dénoncer la situation.

Il faut dire que la courbe donnant directement sur le pont est très prononcée, comme l'a constatéLe Nouvelliste, samedi matin. Lors de notre passage, il n'y avait toujours aucune signalisation sur les lieux de l'accident.

Le résident du lac Chat n'en revient pas, il trouve la situation déplorable, mais n'est pas surpris par l'événement tragique de mercredi dernier.

«Il faisait noir, ce sont des jeunes, je ne suis pas surpris, mais pas pantoute. [...] Même à 30 km/h les risques de foncer dans la rivière sont incroyables. Surtout si quelqu'un ne connaît pas le chemin. La situation est carrément inacceptable et ça me désole de ne pas être arrêté à La Tuque pour signaler ça. C'est inacceptable de laisser ça comme ça. Il y a quelqu'un qui a fait ces travaux-là et il doit répondre de ses actes», estime le résident qui utilise souvent cette route.

Toutefois, après nos recherches, le pont en question n'est pas du ressort de la Ville de La Tuque. Il est à la limite de la frontière entre La Tuque et la MRC de Mékinac, du côté de cette dernière.

Le Nouvelliste a contacté le ministère des Transports du Québec pour en savoir davantage.On nous a indiqué que la structure relève d'un autre ministère puisqu'elle est située sur un chemin forestier.

À la MRC de Mékinac, on a refusé de commenter le dossier, et même de confirmer que le pont était situé sur leur territoire.

Toutefois, lors de notre appel, on nous a mentionné qu'une personne du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs était parti sur le terrain.

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