Secteur public: des milliers de travailleurs manifestent à Montréal

La marche a commencé à 12 h 30 au pied... (Photo: La Presse canadienne)

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La marche a commencé à 12 h 30 au pied du mont Royal et les marcheurs se dirigent vers les bureaux du premier ministre Philippe Couillard, au centre-ville.

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Olivier Gamelin, La Presse Canadienne
La Presse Canadienne
Montréal

Des dizaines de milliers de travailleurs du secteur public - 150 000 selon les organisateurs - ont manifesté samedi, à Montréal, dans le but de mettre de la pression sur le gouvernement dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leurs conventions collectives. Parmi eux, 800 travailleurs de la fonction publique de la Mauricie, principalement des milieux de la santé et de l'éducation.

Pour le président du Syndicat des professeurs/es du cégep de Trois-Rivières, Jean Fournier, présent à Montréal, cette mobilisation monstre témoigne d'un ras-le-bol sans équivoque face à la première salve d'offres déposées par le gouvernement du Québec.

«Lorsqu'une population aussi importante va dans la rue, ça lance un message de mécontentement, de profonde insatisfaction, de profond désaccord en regard des choix idéologiques pris par le gouvernement. Parce que ce sont des choix idéologiques qui se traduisent en termes financiers. Couper des services publics, ce n'est pas inoffensif. Alors ça lance un message très clair, net et limpide», estime M. Fournier.

La marche a commencé à 12 h 30 au pied du mont Royal et les marcheurs se sont dirigés vers les bureaux du premier ministre Philippe Couillard, au centre-ville. Tout s'est déroulé calmement; de nombreux enfants étaient présents. Une ambiance somme toute festive, de l'avis de M. Fournier. Des festivités qui, cependant, ne doivent pas faire ombrage à la «profonde insatisfaction» des professeurs en particulier, des travailleurs de l'État en général. «C'est festif pour exprimer une grogne. Dans les valeurs québécoises, la fête est importante, même en moment d'austérité, même quand on prend la rue», note-t-il.

Pas moins de 225 autobus ont été nolisés provenant de toutes les régions du Québec, et c'est sans compter les manifestants qui provenaient de la grande région de Montréal. Il s'agissait certainement d'une des plus grosses manifestations des dernières années.

Le front commun des secteurs public et parapublic voulait ainsi exprimer son mécontentement, après plusieurs mois de négociations avec les représentants gouvernementaux.

Le gouvernement Couillard offre à l'ensemble des employés de l'État deux années de gel, suivies de trois années avec des augmentations de 1 % par année, soit 3 % sur 5 ans.

Le front commun des secteurs public et parapublic réclame plutôt 4,5 % d'augmentation par année pendant trois ans, soit 13,5 % d'augmentation sur trois ans.

«M. [Martin] Coiteux [président du Conseil du trésor], vous dites vouloir régler; il faudrait que les bottines suivent les babines. Vos négociateurs, ils sont bien fins, mais ils n'ont pas de mandat. M. Coiteux, notre mobilisation sera à la hauteur de votre arrogance», a lancé le président de la FTQ, Daniel Boyer, à la fin de la manifestation.

Les manifestants étaient gonflés à bloc. Presque chaque tirade d'un chef syndical a été accueillie par des applaudissements, des klaxons, des cris. «On a lancé un cri clair, et assez homogène», remarque Jean Fournier, en assurant que ce cri ne restera pas lettre morte en Mauricie. Au cours des mois d'octobre, novembre, et décembre si nécessaire, ses membres comptent bien poursuivre leurs moyens de pression afin d'accélérer le processus de négociation. Car en bout de piste, rappelle M. Fournier, le Front commun espère une entente paraphée par les deux partis. 

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a promis que la mobilisation allait s'intensifier si le gouvernement restait sur ses positions.

Après cette manifestation d'envergure, les syndicats du front commun vont «entreprendre des activités de perturbations socioéconomiques dans les prochains jours», dans toutes les régions du Québec, a prévenu M. Boyer.

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