La fille d'Elizabeth May candidate dans Berthier-Maskinongé

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Victoria Cate May Burton, la fille de la chef du Parti vert, Elizabeth May, se présente dans Berthier-Maskinongé. Elle se qualifie elle-même de candidate poteau.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Aux élections de 2011, les électeurs de Berthier-Maskinongé ont plébiscité une candidate qui n'avait même pas fait campagne, qui n'habitait pas le comté, qui était totalement inconnue du grand comme du petit public et qui parlait un français disons moyen.

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«Pour être honnête, je ne connais pas grand-chose de la circonscription.» - Victoria Cate May Burton.

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La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, en compagnie de sa fille, Victoria Cate May Burton, candidate verte dans la circonscription de Berthier-Maskinongé.

Après quatre ans sur un siège de l'opposition officielle à Ottawa, la néodémocrate Ruth Ellen Brosseau jouit maintenant d'un capital de sympathie indéniable. Le 19 octobre prochain, le Parti vert du Canada (PVC) aimerait bien répéter l'exploit du NPD en faisant élire une pure étrangère, si ce n'est qu'elle est la fille de l'autre, dans Berthier-Maskinongé.

Victoria Cate May Burton est la fille de la chef du Parti vert, Elizabeth May. Depuis peu, la jeune femme de 24 ans porte les couleurs du PVC dans Berthier-Maskinongé et agit comme «poteau», pour reprendre son expression, dans cette circonscription de 98 590 âmes.

Consciente de l'inégalité des forces en présence, pour ne pas dire de l'absence totale de ses chances, la candidate verte, qui habite actuellement en Nouvelle-Écosse, n'entend pas mettre les pieds à Louiseville, ne serait-ce qu'une fois, ni dans aucune autre des municipalités de la région d'ici le 19 octobre. Alors pourquoi jeter son dévolu sur Berthier-Maskinongé?

«Il n'y a pas une raison en particulier», confesse candidement la candidate, jointe au téléphone alors qu'elle accompagnait sa mère à Vancouver. «Pour être honnête, je ne connais pas grand-chose de la circonscription. Je pense que j'y suis passé en train, parce que j'aime bien prendre le train entre Montréal et Halifax. Malheureusement, je n'aurai pas l'opportunité d'y aller parce que je fais campagne avec ma mère et je suis avec elle durant toute la durée de la campagne», note-t-elle dans un français somme toute respectable.

Exclue, donc, la possibilité de voir Mme May Burton au Festival de la galette de sarrasin de Louiseville entre le 2 et le 11 octobre. «On a trop d'engagements», insiste la jeune femme qui, pour la petite histoire, a étudié la philosophie et la littérature à l'université King's College de Halifax, oeuvre comme bénévole au PVC depuis neuf ans et s'adonne, à ses heures, à la poésie. Dans le cadre de ses études à la maîtrise, elle s'intéresse particulièrement aux enjeux liés à la place des femmes en politique.

Malgré tout, Mme May Burton ne cache pas qu'elle espère un miracle à la sauce Ruth Ellen Brosseau qui lui permettrait de monter les marches du Parlement canadien à Ottawa. «Dans tous les partis, il y a des candidats poteaux. [Dans Berthier-Maskinongé] les électeurs connaissent ça à cause de Ruth Ellen Brosseau. Alors tout est possible au politique. Il y a des surprises toujours. Si jamais je suis élue députée, je ferai tout mon possible pour servir les citoyens.»

«C'est une chance pour moi de représenter un comté où les citoyens ont une expérience avec une candidate qui n'habitait pas la région et qui est devenue une députée très respectée», renchérit-elle. 

Mme May Burton garantit qu'elle déménagera ses pénates entre la couronne nord de Montréal et Trois-Rivières si les électeurs lui accordent leur confiance. «Si je n'étais pas prête pour ça, je ne me présenterais pas», assure-t-elle. Comme Ruth Ellen Brosseau, Mme Burton avertit que si elle est une candidate poteau, elle ne sera toutefois pas une députée poteau.

Enjeux régionaux

Son absence du comté obligeant, Victoria Cate May Burton ne mettra aucun enjeu régional de l'avant d'ici le 19 octobre. Cependant, elle croit que les positions du PVC sur le projet d'oléoduc d'Énergie Est, qui doit traverser Berthier-Maskinongé, ainsi que dans les dossiers comme de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne ou le projet de partenariat transpacifique, joueront en sa faveur.

Si elle ne défendra pas personnellement ces dossiers-phares, elle invite les citoyens de Berthier-Maskinongé à lire la plate-forme électorale du PVC avant de noircir leur bulletin de vote.

«Les électeurs ont une option différente avec le Parti vert. On a des propositions pour une société plus égale et un environnement sain pour le futur», résume-t-elle. «Les Québécois comprennent bien l'importance de l'environnement et de ses enjeux qui ne sont pas séparés de notre économie.»

Quant à savoir si le pipeline Énergie Est intéresse les électeurs de Berthier-Maskinongé, Mme May Burton l'ignore. «Je devrais leur demander si ça les intéresse. Mais je crois que comme il y a une grande partie du fleuve Saint-Laurent qui est concernée, je pense que c'est important de protéger cette région.»

À la rubrique de l'agriculture, Mme Burton convie à nouveau les électeurs à prendre acte du programme électoral du PVC. «Le partenariat transpacifique présente des menaces envers le secteur agricole et envers d'autres institutions canadiennes comme CBC ou Radio-Canada. Et ça, on ne devrait pas accepter. Le Parti vert a une politique très forte pour appuyer les petits producteurs, l'agriculture indépendante et aussi la nourriture pour le matin dans les écoles», suggère la candidate.

Enfin, Mme May Burton «n'avait pas planifié» communiquer avec les maires élus de la circonscription, mais soutient que si ces derniers souhaitent lui parler, elle se place à leur disposition. «Je serai très heureuse de parler, mais la réalité c'est que j'essaie d'aider la campagne fédérale avec ma mère, alors je n'ai pas fait un aussi grand effort pour rencontrer les gens de Berthier-Maskinongé. Désolée pour ça.»

D'un poteau à l'autre?

La députée sortante dans Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, se réjouit d'emblée de la venue d'une femme candidate dans son comté. Du même souffle, elle ne s'inquiète pas outre mesure que les électeurs soient tentés de passer d'un poteau à l'autre et votent en masse pour Mme May Burton, dont le parti partage plusieurs points de vue.

«En 2011, j'ai mis Berthier-Maskinongé sur la carte. Lors de ces élections, les gens ont parlé beaucoup que j'étais une candidate papier et que je faisais partie de la vague orange. Mais je pense honnêtement que depuis 2011, j'ai été une députée de terrain. Je n'ai pas été une députée poteau. J'ai défendu des dossiers importants et la région m'a adoptée», constate Mme Brosseau.

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