Journée historique à la Sécurité publique de Trois-Rivières

Depuis lundi matin, les fonctions de pompiers et... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Depuis lundi matin, les fonctions de pompiers et de policiers sont distinctes, ce qui fait que Trois-Rivières devient la dernière grande ville en Amérique du Nord à abandonner le modèle de policiers-pompiers instauré en avril 1877.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Près de 140 ans après la fondation de la brigade trifluvienne de policiers et de pompiers, la Sécurité publique de Trois-Rivières met fin au régime de ses employés à deux fonctions. Dorénavant, la police et la sécurité incendie sont deux services distincts au sein de l'organisation.

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Francis Gobeil et Dany Cloutier, directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières et directeur adjoint à la direction de la sécurité incendie, posent devant un camion de pompiers qui a quitté de façon symbolique le quartier général lundi matin, question de marquer la séparation définitive entre les fonctions de policier et de pompier à Trois-Rivières.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Le 30 avril 1877, la brigade feu-police voyait le jour à Trois-Rivières. Ce travail à double fonction s'est finalement éteint hier, huit ans après la scission partielle des services.

Longtemps un partisan du modèle policier-pompier, Francis Gobeil admet avoir changé d'avis il y a une dizaine d'années. Les exigences gouvernementales apportées en matière de lutte contre les incendies sont à l'origine de cette modification de pensée.

«Afin de rencontrer les orientations ministérielles en termes de mobilisation de personnel, le fameux 10 (pompiers) en 10 (minutes), répondre aux exigences de formation requise, assurer l'élaboration et l'implantation de mesures de prévention efficaces et pour permettre

aux policiers de consacrer tout leur temps à leur mission propre prévue à la Loi sur la police, la

scission des fonctions policier-pompier s'est avérée la solution», a déclaré hier le directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Le modèle policier-pompier a été efficace selon M. Gobeil, en expliquant que ce choix de l'administration municipale avait été fait essentiellement pour des questions de coûts. La capitale régionale faisait partie de plusieurs municipalités de la Mauricie et du Centre-du-Québec à fonctionner avec ce système, La Tuque

ayant même un service regroupant des policiers-pompiers-ambulanciers jusqu'au début des années 2000.

Trois-Rivières devient ainsi la dernière grande ville d'Amérique du Nord à abandonner le modèle policier-pompier, une recommandation du coroner Cyrille Delâge à la suite du décès de deux enfants par intoxication à l'oxyde de carbone lors d'un incendie survenu en décembre 2002. 

La fin de ce modèle a un impact direct sur les ressources disponibles pour combattre les incendies. Le nombre de pompiers permanents en service passe de 14 à 17 pour chaque quart de travail. C'est sans compter l'apport de quatre pompiers à temps partiel (deux dans le secteur de Saint-Louis-de-France et deux dans le secteur de Pointe-du-Lac). De plus, un chef des opérations sera en fonction en tout temps.

«Une des grandes nouveautés au mode opérationnel est sans contredit l'ajout d'un chef aux opérations sur les équipes de travail. Désormais, celui-ci sera en devoir 24 heures par jour. Il pourra rapidement prendre des décisions et assurer le commandement lors d'un sinistre ou autre appel de secours», souligne Dany Cloutier, directeur adjoint à la direction de la sécurité incendie,

en précisant qu'auparavant, un officier se chargeait des opérations en attendant la venue d'un chef si un incendie survenait la fin de semaine.

La scission des deux fonctions est le résultat d'un investissement massif échelonné sur plusieurs années, soit depuis l'entrée en vigueur du schéma de couverture de risques en novembre 2006. 

Quelque 15 millions de dollars ont été consacrés à la rénovation et à la construction de casernes, de même qu'à l'achat d'équipements. Le salaire et la formation des pompiers ainsi que les frais d'entretien du service représentent des dépenses récurrentes de neuf millions de dollars annuellement.

Parlant de caserne, celle du boulevard des Chenaux est déjà fonctionnelle, mais son ouverture est prévue en décembre.

Des décès en baisse

Les différents aménagements organisationnels apportés au fil des ans ont porté leurs fruits à Trois-Rivières. 

Depuis 2002, le nombre de décès survenus lors d'incendies est en constante diminution, passant de 15 entre 2002 et 2006 à aucun depuis 2012. Les pertes matérielles sont en baisse de 30 %.

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