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Décès d'un enfant sous un but à Saint-Séverin: Québec met en place des règles plus strictes

C'est ce but qui était tombé, en février... (PHOTO D'ARCHIVES, FRANÇOIS GERVAIS)

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C'est ce but qui était tombé, en février 2013, sur le jeune Javier-Alexis Urquiaga, à Saint-Séverin, créant une onde de choc dans la petite municipalité.

PHOTO D'ARCHIVES, FRANÇOIS GERVAIS

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Olivier Gamelin, La Presse
Le Nouvelliste

(Saint-Séverin) À la suite du décès d'un jeune hockeyeur de neuf ans à Saint-Séverin en février 2013, le gouvernement du Québec appelle à une meilleure surveillance des patinoires extérieures, particulièrement des buts de hockey. Qui plus est, l'État va jusqu'à demander de retirer certains types de filets qui pourraient s'avérer dangereux.

Dans un document de six pages intitulé «Buts de hockey: mesures de sécurité visant les surfaces de jeu extérieures à vocation publique», le ministère de l'Éducation, responsable du loisir et du sport, énonce une série de recommandations afin qu'un deuxième chapitre ne s'ajoute pas à celui écrit en février 2013. 

Rappelons dès lors que le jeune Javier-Alexis Urquiaga est décédé sur la patinoire extérieure de la municipalité de Saint-Séverin quand un but pesant 155 livres s'est renversé sur lui. Le garçon avait eu le cou comprimé sous la barre du but et était mort asphyxié. Le coroner Raynald Gauthier, qui s'était penché sur le décès du garçon, avait invité Québec à «sensibiliser les organismes publics aux normes de sécurité des buts de hockey, autant dans leur facture que dans leur rangement sécuritaire en périodes de non-utilisation».

En réponse à cette demande, le ministère de l'Éducation a étudié les types de buts de hockey couramment utilisés sur les patinoires de la province. Fruit de ces analyses, la Direction de la promotion de la sécurité du ministère de l'Éducation a lancé hier son guide à l'intention des responsables des patinoires, comme les municipalités, précisant la taille et le poids que les filets devraient respecter. Ceux-ci devraient, par exemple, avoir une profondeur minimale de 45 centimètres et peser au maximum 100 livres.

En déterminant une profondeur minimale pour les buts, Québec veut ainsi éviter que les filets ne se renversent trop facilement, comme cela a été le cas à Saint-Séverin où la profondeur était insuffisante pour assurer la stabilité d'un but de 155 livres.

La mairesse de la petite municipalité, Julie Trépanier, certifie que depuis l'an dernier, les deux buts installés sur la seule patinoire publique répondent aux nouvelles recommandations de Québec. «Nous avons déjà acheté des buts de type hockey de rue, qui correspondent aux exigences du rapport et qui ne nécessitent pas nécessairement de surveillance», note Mme Trépanier. 

Ainsi, après analyse, Québec a déterminé que certains des filets n'avaient besoin d'aucune surveillance, comme les petits pesant seulement 40 livres. Certains pesant près de 100 livres devraient toutefois être surveillés en permanence par une personne sur place afin de pouvoir intervenir au besoin. Seul hic pour la municipalité de Saint-Séverin: cet équipement, plus léger et confectionné en aluminium, est loin d'être aussi durable que les buts conventionnels soudés à partir de tiges de métal.

«C'est certain que ces buts-là sont moins résistants, donc nous aurons à les changer plus souvent», précise Mme Trépanier. Une précision reprise dans le rapport du gouvernement. «Ces types de buts ne nécessitent aucune mesure particulière. Ils sont toutefois moins durables que les modèles précédents», peut-on lire.

Au-delà de la surveillance, le document invite aussi les responsables à ranger leurs buts de façon sécuritaire lorsqu'ils ne sont pas utilisés en les cadenassant de manière à ce qu'ils ne puissent se renverser sur une personne. Mieux encore, ils devraient être rangés à l'intérieur.

Québec appelle surtout à la vigilance avec les plus vieux buts, comme ceux de type Art Ross, facilement reconnaissables à leur base en forme de trois.

Ceux-ci devraient être mesurés et pesés pour s'assurer qu'ils respectent les critères de sécurité, sans quoi ils devraient être retirés.

Onde de choc

Le décès de Javier-Alexis Urquiaga avait créé une véritable onde de choc en février 2013. Le maire de l'époque, Michel Champagne, ainsi que sa communauté, avaient été consternés par la mort du jeune garçon. «Nous vivons une forme de deuil et une réflexion interne sur l'importance de la vie, l'importance du quotidien», avait-il alors souligné.  

La mère de Javier-Alexis, Johanne Jacques, avait pointé du doigt les circonstances du décès de son fils de neuf ans. À la lumière des conclusions du coroner, Mme Jacques n'avait pas exclu d'intenter des poursuites judiciaires dans cette affaire. Au moment de mettre sous presse, Le Nouvelliste n'avait pas été en mesure de la joindre.

Rappelons que dans son rapport, le coroner Raynald Gauthier avait signalé «qu'il s'agissait d'un but de fabrication artisanale», un but «d'une configuration particulière», visiblement «facilement renversable vers l'avant avec un léger mouvement de tirée horizontale». Selon les conclusions du Dr Gauthier, la mort accidentelle de Javier-Alexis était donc «évitable».

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