Salubrité des habitations: une centaine de personnes parlent de concertation

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) La région présentait son tout premier Forum sur la salubrité des habitations en Mauricie, jeudi à l'Auberge Gouverneur de Shawinigan. Le rendez-vous a attiré une centaine d'intervenants, rassemblés pour identifier des stratégies afin d'agir plus efficacement dans des situations d'insalubrité.

«Souvent, un acteur, comme un service de sécurité incendie ou une municipalité, se retrouve devant des difficultés pour intervenir parce qu'il y a le logement, la personne et les animaux», explique Maude-Amie Tremblay, coordonnatrice de cette journée «Ensemble et bien logé!».

«Il faut donc des personnes à chaque niveau. Les organismes communautaires et de la santé vont se préoccuper de la personne. La municipalité doit se préoccuper d'avoir des bâtiments sains pour le logement, sans moisissure, sans odeurs pour éviter les nuisances. Pour les animaux, nous avons le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec ou la Société protectrice des animaux. Une insalubrité peut avoir différentes causes et il faut s'assurer d'avoir une réponse pour chacune d'elles.»

La journée d'hier visait principalement à améliorer la collaboration entre chaque intervenant, favoriser le transfert de connaissances et savoir les rôles de chacun.

«Il faut unir les forces de chaque partenaire, avec les outils qu'ils ont», propose Mme Tremblay.

La porte-parole ne possède pas de données pour comparer la situation de la Mauricie à d'autres à travers le Québec, mais elle sait que les enjeux d'insalubrité préoccupent beaucoup d'acteurs de la région. Selon un sondage réalisé en 2014, 64 % des intervenants à domicile du Centre de santé et des services sociaux de l'Énergie affirmaient avoir rencontré au moins un cas d'insalubrité au cours des six derniers mois.

«Nous avons senti qu'il existait des zones grises par rapport aux responsabilités de chacun», émet Mme Tremblay. «Il fallait donc croiser les différents intervenants pour que chacun puisse connaître les travaux des autres et se compléter.»

La coordonnatrice note l'existence d'une grille de dépistage à Shawinigan, qui facilite le travail des intervenants.

«L'inspecteur peut ainsi se demander si la personne est vulnérable, si elle a des gens dans son réseau, si des animaux peuvent causer des problèmes à domicile», énumère-t-elle. «Une fois que l'intervenant est sensible à ça, il pourra référer à ses collègues.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'est occupé du discours d'ouverture, hier matin. Très attentif à la qualité de vie de son milieu, il observe que la salubrité des habitations est devenue un enjeu important.

«Beaucoup de responsables interviennent en silo», déplore-t-il. «Cette journée permet de mettre tous les experts ensemble. Un logement insalubre a des conséquences. Ce sont souvent des personnes démunies, avec des problèmes de santé mentale.»

M. Angers rappelle que le conseil municipal a récemment adopté un règlement qui force les propriétaires d'immeubles placardés à restaurer leurs bâtiments. Il s'agit d'un pas pour favoriser la qualité des logements disponibles.

«Shawinigan n'est pas pire qu'ailleurs», rassure-t-il. «Mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Nous avons des plaintes, notamment pour des questions d'animaux, d'excréments. Les voisins se plaignent des odeurs. Nous avons vu des cas assez bouleversants et les médias en ont déjà rapporté quelques-uns. Il faut intervenir dans les logements, mais surtout auprès des personnes qui sont là parce qu'il y a des problématiques multiples. Si on ne s'occupe pas des personnes, la situation va se reproduire.»

Le projet «Ensemble et bien logé!» a été créé en janvier 2014 en Mauricie, avec la collaboration de toutes les villes et municipalités régionales de comté de la région. Il a été monté grâce à une contribution du Fonds québécois d'initiatives sociales. L'idée vient d'un exercice de réflexion du comité régional en habitation du Consortium en développement social. Ce dernier devrait offrir très bientôt de nouveaux outils d'intervention qui ont été discutés jeudi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer